
La gastronomie russe était à l’honneur lors d’une cérémonie organisée à la maison des russes ce 15 février 2026, par le Mouvement international des russophiles, qui a réuni spécialistes culinaires, personnalités russes et guinéennes ainsi qu’un public venu découvrir des saveurs venues de Moscou et d’autres régions de Russie.L’événement, pensé comme un moment de partage culturel, a proposé bien plus qu’une simple dégustation : chaque plat présenté a été replacé dans son contexte historique, avec des explications sur son origine, son évolution et sa place dans la tradition russe.
Au centre de la table figuraient les pelmeni, ces raviolis emblématiques nés dans les régions de l’Oural et de la Sibérie. Leur appellation, qui signifie « oreille de pain», fait référence à leur forme caractéristique. À l’origine, ils constituaient une solution pratique pour les chasseurs grâce à leur longue conservation dans le froid et à leur cuisson rapide. Aujourd’hui encore, ils occupent une place importante dans les habitudes alimentaires en Russie, servis avec de la crème aigre ou différentes sauces, que ce soit dans les foyers ou dans la restauration.
Les piroguis ont également suscité l’intérêt des convives. Ces chaussons fourrés, déclinés au chou, aux champignons, aux œufs et oignons, au poisson, à la viande, aux baies ou encore au fromage blanc, font partie intégrante du patrimoine culinaire russe. Ils accompagnent aussi bien les repas quotidiens que les grandes célébrations familiales, illustrant la diversité des goûts et des traditions.
À lire aussi
Prenant la parole, le président du Mouvement international des russophiles et ambassadeur de l’éducation et de la science de la Fédération de Russie, Dr Sandé Tolno, a insisté sur la portée symbolique de la rencontre. Selon lui, la cuisine représente un pilier des valeurs traditionnelles et un instrument de rapprochement entre les peuples. Il a souligné que, dans un monde multipolaire, la gastronomie peut favoriser la compréhension mutuelle et renforcer la cohésion sociale. Évoquant la richesse culturelle de la Guinée et ses quatre régions naturelles, il a rappelé que chaque espace possède ses propres spécificités culinaires. À ses yeux, cette diversité, à l’image de celle observée en Russie, peut devenir un facteur d’unité nationale.
L’ambassadeur de Russie en Guinée, Alexandre V Popov, a pour sa part replacé l’initiative dans le cadre des relations historiques entre les deux pays. Il a rappelé que l’Union soviétique fut le premier État à établir des relations diplomatiques avec la Guinée, le 4 octobre 1958, peu après son indépendance. Se félicitant de l’intérêt manifesté par les Guinéens pour la culture russe, il a estimé que ce type d’événement contribue à faire découvrir l’âme du peuple russe et à consolider l’amitié bilatérale.
Dans la même dynamique, le directeur de la Maison russe, Mikhail Semkin, a rappelé que la cuisine reflète à la fois la géographie, l’histoire et l’identité d’un pays. Partager un repas, a-t-il souligné, demeure l’un des moyens les plus simples et les plus efficaces pour créer des liens. Les invités ont ainsi dégusté des crêpes traditionnelles, la salade Olivier — incontournable des célébrations du Nouvel An en Russie — ainsi que des sandwiches garnis de poisson, d’œufs et de beurre.À travers cette initiative culinaire, Moscou et Conakry ont illustré une autre facette de la diplomatie : celle qui se construit dans la convivialité, autour d’une table, où les traditions deviennent un langage commun entre les peuples.

