
Face à l’envolée des prix des produits de première nécessité, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a tenu à clarifier les mécanismes de cette inflation. Entre tensions géopolitiques et concurrence alimentaire mondiale, il défend une stratégie gouvernementale axée sur l’atténuation plutôt que sur l’illusion d’une annulation totale des hausses.
Le constat est sans appel : les coûts alimentaires mondiaux explosent. Selon le porte-parole, cette réalité s’explique d’abord par une concurrence accrue sur les ressources. « Aujourd’hui, les humains consomment autant de maïs que les animaux », souligne-t-il, tout en rappelant que la pression sur les stocks de céréales pour l’élevage impacte directement le panier de la ménagère.
À cela s’ajoute un cocktail explosif de crises internationales :
L’instabilité dans le Golfe qui fait grimper le prix des hydrocarbures, le conflit russo-ukrainien qui paralyse les routes commerciales et renchérit le transport, les difficultés logistiques maritimes qui se répercutent inévitablement sur le prix final de « notre assiette ».
Pour Ousmane Gaoual Diallo, il est crucial de faire la distinction entre l’arrêt des prix et la maîtrise de leur progression. L’État ne peut pas stopper l’inflation mondiale, mais il peut en limiter la violence.
« Atténuer, ça ne veut pas dire annihiler toute possibilité d’augmentation. On ne peut pas arrêter les prix, par contre, on peut atténuer la progression », a-t-il enseigné.
L’exemple du blé est, à ce titre, frappant : alors que la tonne sur le marché mondial est passée de 130 $ à près de 700 $, le prix du pain n’a connu qu’une hausse proportionnellement très faible (passant d’environ 3 000 à 4 500 GNF). Cette déconnexion entre le cours mondial et le prix local est, selon lui, la preuve directe de l’efficacité des mesures publiques.
Comment le gouvernement parvient-il à freiner cette courbe ? La réponse réside dans une politique de renoncement fiscal. Pour éviter que le sac de pommes de terre ne culmine à 600 000 GNF, l’État a choisi d’annuler certaines taxes à l’importation.
Selon le ministre qui cite l’impulsion du Chef de l’État, plusieurs mesures de diligence ont été mises en œuvre, notamment l’élimination des surcharges portuaires à travers la suppression des frais liés aux retards (surestaries), les allègements fiscaux par la réduction ou l’annulation des taxes douanières sur les produits vitaux, et la maîtrise des coûts de passage via la simplification des procédures pour éviter les coûts cachés.
Pour finir, Ousmane Gaoual Diallo a dressé le gouvernement comme un rempart. Si le consommateur ressent une augmentation, le porte-parole insiste sur le fait que celle-ci est « très faible » par rapport à ce qu’elle aurait été sans l’intervention de l’État. L’objectif étant de maintenir les prix à un niveau supportable malgré un environnement international hostile.

