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Kindia : à l’approche du Ramadan et du carême chrétien, la flambée des prix accentue l’inquiétude des ménages

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À l’approche du mois saint de Ramadan, les marchés de la commune urbaine de Kindia sont en pleine effervescence. Mais derrière l’animation habituelle, un constat s’impose : les prix des denrées de première nécessité connaissent une hausse notable. Riz, huile rouge, oignon, sucre et autres produits de grande consommation affichent des tarifs qui dépassent les prévisions des ménages, déjà fragilisés par un contexte économique difficile.

Au marché central, les discussions sont dominées par la cherté de la vie. Les clientes, panier à la main, négocient longuement avant de revoir à la baisse leurs achats.

Makalé Bangoura, mère de famille, exprime son désarroi :<<C’est vraiment difficile pour nous. Chaque semaine, nous constatons une nouvelle augmentation. Avant, avec une certaine somme, je pouvais faire les provisions pour plusieurs jours. Aujourd’hui, je suis obligée de réduire les quantités et parfois même de supprimer certains produits. Le Ramadan est un mois de foi et de partage, mais comment partager quand on peine à nourrir sa propre famille ? Nous demandons humblement aux autorités de penser aux familles modestes et de prendre des mesures concrètes pour alléger notre souffrance.>> a-t-elle plaidé.

Aïssatou Diallo, rencontrée devant un étal d’oignons, abonde dans le même sens :<< Regardez le prix de l’oignon et de l’huile rouge. Tout a augmenté en peu de temps. Nous faisons de petits commerces et nos maris ont des revenus limités. À l’approche du Ramadan, les dépenses augmentent naturellement : il faut prévoir pour la rupture, accueillir des invités, aider des proches. Mais avec cette flambée des prix, beaucoup de familles risquent de passer un mois très difficile. Nous avons besoin d’un contrôle sérieux du marché pour éviter les abus>>, a-t-elle témoigné.

Du côté des commerçantes, le discours se veut explicatif plutôt que défensif. Lama Seny Rose, revendeuse d’huile rouge, détaille les contraintes auxquelles elles font face : <<Actuellement, le bidon d’huile rouge se vend à 350 000 francs guinéens, soit une hausse de 50 000 à 70 000 francs par rapport aux semaines précédentes. Cette augmentation ne vient pas de nous. Les fournisseurs en Guinée Forestière ont revu leurs prix à la hausse. À cela s’ajoutent les frais de transport, qui ont considérablement augmenté. Entre le carburant, les taxes et les autres charges, nos coûts sont élevés. Nous essayons de garder une petite marge pour survivre, mais nous ne cherchons pas à exagérer les prix. Si nous vendons moins cher, nous travaillons à perte >>, a-t-elle expliqué.

Mamadou Oury Camara, grossiste au grand marché de Kindia, confirme cette tendance : << La hausse est généralisée. Les coûts en amont ont augmenté, notamment le transport des marchandises vers Kindia. Quand le prix du transport grimpe, cela impacte automatiquement le prix final. Nous comprenons parfaitement la frustration des clients, mais nous aussi, nous faisons face à des charges importantes. La solution doit venir d’une régulation plus large, pas seulement d’une pression sur les détaillants >>, a-t-il précisé.

Il faut rappeler qu’en attendant des actions tangibles, les habitants de Kindia continuent de composer avec un panier de la ménagère de plus en plus léger, dans un contexte où chaque franc compte.

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