
Conakry a abrité l’atelier de validation politique du Rapport national d’examen à mi-parcours du Programme d’action de Doha en faveur des Pays les Moins Avancés (PMA), un rendez-vous stratégique qui marque un tournant majeur dans la trajectoire de développement de la République de Guinée.
Organisé sous l’égide du Ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, avec l’appui du Système des Nations Unies, l’événement a réuni les autorités nationales, les partenaires techniques et financiers, la Société civile et le secteur privé autour d’un objectif commun : évaluer les progrès réalisés et accélérer l’action pour un développement inclusif et durable.
Dans son discours de bienvenue, Madame la Directrice nationale adjointe des Organisations internationales, également Point focal national des PMA, a souligné la portée stratégique de cet atelier, qui s’inscrit dans une dynamique décisive d’évaluation et d’orientation des politiques publiques. Elle a rappelé que l’élaboration du rapport est le fruit d’un processus participatif rigoureux ayant mobilisé 26 ministères sectoriels, plusieurs structures techniques, la Société civile et le secteur privé, appuyés par des ateliers thématiques et une collecte de données approfondie.
Cette démarche, conduite avec l’appui constant du Système des Nations Unies, garantit la crédibilité analytique et la robustesse méthodologique du document soumis à validation.
À travers une vidéoprojection, la présentation du rapport de synthèse par le consultant a permis de mettre en lumière les principaux enseignements de l’examen à mi-parcours du Programme d’action de Doha, couvrant la période 2022–2025. Structuré autour de six domaines prioritaires, le rapport révèle des progrès réels mais inégaux.
Dans le domaine du capital humain, notamment la santé, l’éducation et la protection sociale, les avancées restent limitées, avec de fortes disparités territoriales et sociales. Selon ledit rapport, moins de 10 % de la population active bénéficie aujourd’hui de mécanismes de protection sociale, tandis que les performances éducatives, surtout au niveau secondaire, demeurent préoccupantes.
Sur le plan économique, le rapport révèle que la Guinée enregistre une croissance soutenue, largement portée par le secteur minier. Toutefois, cette croissance reste peu inclusive et faiblement créatrice d’emplois, accentuant la nécessité d’une diversification économique.
Le rapport souligne également des défis persistants en matière d’accès à l’électricité, particulièrement en milieu rural, ainsi que des vulnérabilités structurelles liées à la transition énergétique et à la résilience climatique.
Intervenant au nom du Système des Nations Unies, le Représentant résident par intérim a salué la qualité du rapport et la dynamique de “collaboration exemplaire” entre le Gouvernement guinéen et ses partenaires. Il a rappelé que cet examen n’est pas un simple exercice administratif, mais une véritable boussole pour l’action publique.
Selon lui, la Guinée se trouve à un carrefour décisif de son histoire, avec une opportunité réelle de transformer les progrès enregistrés en trajectoires irréversibles, notamment en renforçant les investissements dans le capital humain et en rendant la croissance plus inclusive.
La question de la sortie de la catégorie des PMA a occupé une place centrale dans les échanges. Si les avancées en matière de résilience économique sont encourageantes, les défis liés aux acquis humains et à la vulnérabilité demeurent déterminants. Le prochain examen triennal est ainsi présenté comme une fenêtre d’opportunité historique pour positionner la Guinée sur une trajectoire crédible de sortie des PMA, en cohérence avec les ambitions du Programme Simandou 2040.
Clôturant les interventions, le Secrétaire général du Ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement a insisté sur la nécessité de passer de l’analyse à l’action. Il a rappelé que la validation politique du rapport constitue avant tout un engagement collectif à traduire ces recommandations en plans d’actions sectoriels concrets, chiffrés et rigoureusement suivis.
Soulignant la vision claire portée par les plus hautes autorités du pays, il a appelé à une appropriation effective du rapport par l’ensemble des acteurs publics et privés.
Au terme de cet atelier, un message fort se dégage : la Guinée a enregistré des avancées significatives, mais leur consolidation passe par une meilleure coordination intersectorielle, une inclusion accrue et une accélération résolue de l’action publique.
La validation du rapport marque ainsi une étape clé vers un développement durable, résilient et partagé, ouvrant la voie à une sortie progressive et crédible de la catégorie des Pays les Moins Avancés.

