
À la suite de la démission du gouvernement dirigé par Amadou Oury Bah, l’annonce d’une nouvelle équipe gouvernementale est attendue dans les prochains jours en Guinée. Parmi les couches sociales les plus attentives à cette recomposition figurent les étudiants, notamment ceux de l’enseignement supérieur, qui espèrent des réformes concrètes dans leur secteur.
Interrogés par Guineenews ce mercredi 28 janvier 2026, à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, plusieurs étudiants ont exprimé leurs attentes vis-à-vis du futur ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Bourses d’entretien, qualité de la formation, employabilité, équipements pédagogiques et transport universitaire figurent parmi les principales préoccupations soulevées.
Gôpou Geneviève Doré, étudiante en 3ème année Criminologie à l’Université Générale Lansa Conté de Sonfonia, s’est d’abord exprimée sur la question des pécules : « En tant qu’étudiante, on souhaite une amélioration de nos pécules. Dans nos pécules, c’est mentionné que la 3ème année doit recevoir 900.000 GNF. Lors du retrait sur paycard, sincèrement, on ne reçoit pas exactement les 900.000 GNF. Et là, ce n’est pas ce qui est mentionné. Donc, le futur ministre doit améliorer cette situation.
La deuxième des choses, c’est l’employabilité des étudiants. À la sortie, on constate qu’il y a trop de chômeurs. La plupart des conducteurs de taxi motos, d’ailleurs, sont des étudiants. Il faut que le futur ministre cherche une solution pour diminuer le taux de chômage, surtout chez les étudiants sortants. Tu sors, tu as des connaissances, tu perds du temps à la recherche de l’emploi. Finalement, tu te retrouves, tu te dis, j’ai perdu combien d’années dans le vide ? Moi, je n’imagine pas du fait que l’État puisse financer une personne du primaire jusqu’à l’université et à la sortie, qu’il ne parvient pas à donner du travail à cet étudiant ou à cet individu qui sort là. C’est dur, en fait. Il faut que le nouveau ministre essaie d’améliorer ce point-là ».
Dji Saïdou, étudiant sortant, au département Philosophie de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, a quant à lui mis l’accent sur l’organisation des formations et les difficultés financières des étudiants : « Dans la formation des étudiants, il y a beaucoup de domaines qu’il faudrait améliorer. Par exemple, nos jeunes frères qui viennent d’intégrer l’université, il faudrait voir comment diminuer les jours pour eux. Pourquoi ? Parce que la plupart des personnes qui viennent à l’université n’ont pas les moyens. Donc si la semaine est trop chargée, ils n’auront pas le temps d’aller chercher quelques miettes ou quelques sous en dehors de l’université.

Parce que le plus souvent, ceux qui sont là, ce sont les parents qui financent. Et vous savez, l’état des pécules n’est pas aussi encourageant. Aussi, au-delà de ça, il faudrait qu’ils revoient la question de l’employabilité. Parce que nous, nous sommes des sortants. Vraiment, il y a beaucoup d’entre nous qui ont des soucis, même pour avoir le stage, tout à fait d’abord un problème. Donc ce sont des facteurs qui sont très importants qu’il faudrait qu’il revoie ».
Pour Mamadi Keira, étudiant au département de géographie, les insuffisances concernent surtout les infrastructures : « Je pourrais m’accentuer sur divers volets. D’abord, le volet formation, nous avons besoin ici d’équipements. Des équipements qui pourront en tout cas nous aider pour une meilleure compréhension mais aussi des pratiques de nos cours. Et en plus de ça, nous avons besoin des laboratoires. Et aussi, bien qu’on ait une bibliothèque, mais on a besoin d’une bibliothèque encore beaucoup plus moderne. »
Même constat chez Sekouba Camara, étudiant à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia, département géographique : « L’appel que je lance au futur ministre de notre département, je dirais qu’au sein de l’université Général Lansana Conté, nous avons des manques d’équipements. Si nous prenons par exemple en géographie, il y a une matière qu’on appelle la topographie. Il n’y a pas d’équipements qui nous permettent de faire la pratique. Donc, s’il vient, il doit s’occuper de ça et mettre ça en place. »
Moussa Kourouma, étudiant en licence 2, département Géographie, abonde dans le même sens : « L’appel que je lancerai au futur ministre, vous savez, la géographie n’est pas une discipline en tant que telle, c’est une discipline pratique. Mais ici, nous ne faisons que la théorie, mais pratiquement nous ne faisons rien.
Au sein de l’université, il n’y a qu’une seule bibliothèque, qui est la bibliothèque américaine. Mais parfois on a du mal, parce que quand vous partez parfois, ça va trouver qu’il y a beaucoup de gens, il y a beaucoup de personnes, donc ils vont vous dire d’attendre. Et le fait d’attendre aussi va occasionner ici des découragements, donc vous finirez par partir, ou bien d’attendre d’autres jours.
Donc ça c’est un manquement. Donc, si le nouveau ministre arrive, il faudrait qu’il veille sur ça, pour la bonne formation des étudiants et tant d’autres. Ce qu’on a besoin en réalité, ne se trouve pas au sein de cette bibliothèque ».
Enfin, Laye Kemon Camara, étudiant, a insisté sur les difficultés liées au transport : « Mes attentes du nouveau ministre de l’enseignement supérieur, nous constatons dans ces derniers jours beaucoup d’innovations, mais il y a d’autres qui freinent notamment dans le domaine du transport et à l’accès au document. Le matin, quand on s’arrête au rond-point de la T7, on peut faire 1 heure de temps là-bas à la recherche de taxi. Parfois on arrive en retard à l’université. Et vous arrivez tard, les Professeurs n’acceptent pas que vous rentriez en classe. Dans ce domaine, le ministre doit augmenter les bus. Il y a des milliers d’étudiants à Sonfonia, pour seulement 2 bus ».

