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Kindia : A Tanènè Kaligoro, les conflits entre agriculteurs et éleveurs ravivent les tensions sociales.

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Le district de Tanènè Kaligoro, situé à une quinzaine de kilomètres du chef-lieu de la sous-préfecture de Mambia (préfecture de Kindia), est aujourd’hui confronté à une recrudescence des conflits entre agriculteurs et éleveurs.
À l’origine de ces tensions persistantes : la divagation incontrôlée du bétail, qui cause d’importants dégâts dans les champs cultivés, a-t-on appris.
Dans cette localité à forte vocation agricole, les clôtures rudimentaires érigées pour protéger les champs résistent difficilement au passage des troupeaux errants. Résultat : des pertes considérables de semences, notamment dans les rizières, les champs de manioc, d’arachide et les périmètres maraîchers, compromettant ainsi des mois de labeur.
Ces derniers temps, la situation s’est aggravée avec la destruction de plusieurs exploitations agricoles, accentuant la colère et le découragement des cultivateurs. Ceux-ci dénoncent le manque de suivi et de contrôle du bétail par certains éleveurs.
Très affectées par cette situation, les femmes agricultrices tirent la sonnette d’alarme. Bountou Camara, maraîchère à Tanènè Kaligoro, exprime son ras-le-bol :
« Ce sont les femmes qui labourent, défrichent et sèment. Mais au moment de récolter le fruit de ce dur travail, les bœufs viennent tout détruire. C’est un problème récurrent et nous sommes fatiguées. Les chefs ont été alertés à plusieurs reprises, sans résultat. Aujourd’hui, nous demandons des appuis financiers pour nous reconvertir dans d’autres activités génératrices de revenus, car nos champs sont constamment ravagés. »
Pourtant, un code pastoral existe pour encadrer la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs. Celui-ci fixe la période agricole du 15 mai au 15 décembre, tandis que la divagation animale est autorisée du 15 décembre au 15 mai. Mais sur le terrain, ces dispositions sont rarement respectées.
Mamadou Bangouya, chef du bureau de la transhumance de Tanènè, déplore cette situation : « Le code pastoral est clair : pendant la saison agricole, les bœufs doivent être mis en enclos. Mais certains éleveurs ne respectent pas cette règle et laissent les animaux divaguer jusqu’au mois de juin. Cela empêche les cultivateurs de travailler sereinement. Avant, les éleveurs construisaient des enclos, ce qui se fait de moins en moins. »
Du côté des éleveurs, l’on plaide pour le respect mutuel des règles établies. Saliou Barry, président du groupement des éleveurs de Kindia, appelle à la cohabitation pacifique : « Agriculteurs et éleveurs doivent apprendre à vivre ensemble. Le respect du code pastoral, qui prévoit cinq mois pour l’élevage libre et sept mois pour l’agriculture, est indispensable pour préserver la paix sociale. »
À Tanènè Kaligoro, le conflit entre agriculteurs et éleveurs, combiné au manque criant d’infrastructures, menace la cohésion sociale et le développement local. Les populations espèrent désormais des actions concrètes des autorités, afin de restaurer la paix, protéger les moyens de subsistance et offrir un avenir meilleur à cette communauté rurale.
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