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Dubréka : le commerce du poisson, entre débrouille et lourdes pertes

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Dans la préfecture de Dubréka, la pêche et la commercialisation du poisson constituent l’une des principales sources de revenus pour des centaines de familles. Ce secteur, vital pour l’économie locale et la sécurité alimentaire, est cependant confronté à de nombreuses difficultés qui fragilisent les acteurs de la filière. Le principal problème demeure le manque d’infrastructures de conservation, notamment l’absence de chambres froides.

Faute de moyens adéquats pour conserver le poisson, les commerçants subissent d’importantes pertes, surtout durant les périodes de forte chaleur. Une situation qui affecte considérablement des revenus déjà précaires.

À cela s’ajoute le prix élevé du poisson au niveau des ports de débarquement, rendant l’approvisionnement de plus en plus coûteux pour les revendeurs. Cette hausse se répercute inévitablement sur les marchés locaux, au détriment des consommateurs. Les acteurs du secteur dénoncent également le manque de soutien financier et l’insuffisance d’initiatives visant à moderniser la filière halieutique.

Mabinty Camara, connue sous le surnom de Connaisseur, commerçante de poisson à Dubréka, témoigne:

« Nous sommes confrontées à de nombreuses difficultés, notamment les prix d’achat au port de débarquement. Les gros poissons se vendent entre 400 000 et 500 000 francs guinéens, tandis que les poissons de taille moyenne coûtent environ 250 000 francs. En plus de ces prix élevés, nous manquons de chambres de conservation. Nous sommes obligées d’acheter de la glace pour conserver le poisson, ce qui augmente encore nos charges. Le manque de moyens financiers est un véritable problème, et les pertes font malheureusement partie de notre quotidien. »

De son côté, Fodé Amara Bangoura, président de l’Union des groupements des femmes fumeuses et mareyeuses de Dubréka, souligne :

« Nous rencontrons d’énormes difficultés, surtout en matière de conservation du poisson. Lorsque les pêcheurs débarquent leurs prises, les femmes sont obligées, soit de conserver le poisson, soit de le fumer, soit de l’acheminer vers les marchés. Malheureusement, le seul réfrigérateur dont nous disposons est de petite capacité et est souvent en panne. À cela s’ajoute le problème récurrent du manque d’électricité. »

Les pêcheurs ne sont pas épargnés. Ibrahima Sory Camara explique qu’ils enregistrent également des pertes en mer, en raison de la vétusté des pirogues de pêche. Il évoque aussi le manque de clientèle et le nombre élevé de pêcheurs, une situation qui permet parfois aux acheteurs d’imposer leurs propres prix. Face à ces multiples défis, les acteurs du secteur appellent à un accompagnement plus soutenu des autorités et des partenaires, afin d’améliorer les conditions de travail, réduire les pertes et renforcer la rentabilité de cette activité essentielle à Dubréka.

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