
Face à ce qu’ils considèrent comme un abandon des lieux de culte par la jeunesse, les chefs religieux du district de Goundoupy, dans la commune rurale de Taran (préfecture de Labé), ont décidé de durcir le ton. Désormais, l’absence prolongée à la mosquée entraînera un isolement social strict pour les récalcitrants a appris Guinéenews de sources concordantes.
La communauté de Goundoupy a haussé le ton. La fréquentation de la mosquée n’est plus seulement une question de foi, mais une condition d’intégration sociale. Selon des informations rapportées votre quotidien électronique, les sages ont décidé d’isoler toute personne ne fréquentant pas les lieux de culte. La règle est claire et très précise. Un mois sans passage à la mosquée du secteur entraîne un retrait immédiat de la vie sociale. Thierno Youssouf Bah, grand imam de Goundoupy, avertit que toutes les cérémonies des concernés seront boycottées par la communauté.
Cette rigueur religieuse s’accompagne d’une réforme des cérémonies sociales à Tarambaly, visant à limiter les dépenses ostentatoires. « À la suite d’une rencontre, on s’est convenu que les jeunes viennent rarement au niveau des mosquées. Et comme on aime le dire, la jeunesse est le futur de toute localité. Ainsi on a pris des dispositions. Tout d’abord, on vous rappelle que chez nous à Tarambaly, on a interdit le gaspillage dans les mariages, c’est-à-dire les grosses dépenses, les cortèges et les réceptions. Désormais c’est la dote, trois sacs de sels et les noix de colas qui sont demandés », précise l’imam.
Il souligne également que ces mesures se font en étroite collaboration avec les autorités civiles. « On est en symbiose avec l’autorité administrative et quiconque viole cette disposition sera directement interpellé. » Les autorités religieuses ont fixé un délai de grâce très court pour un retour vers les lieux de prière. Passé un délai de 10 à 20 jours sans présence constatée, les sanctions tombent, même lors des moments les plus douloureux ou joyeux d’une vie.
« Si cette personne enregistre un décès dans sa famille, on va venir saluer mais sans assister aux obsèques. Et cela est valable pour les baptêmes, les mariages et toutes autres cérémonies. Nous allons tout bouder », insiste Thierno Youssouf Bah. Il apporte toutefois une nuance sur le devoir religieux envers les défunts, tout en restant ferme sur le boycott communautaire : « Si c’est un décès, là on sera obligé de venir présenter nos condoléances car cela est réciproque entre musulmans. Mais s’ils envoient le corps à la mosquée, nous n’allons pas nous impliquer de près et de loin. »
Les sages pointent également du doigt une forme « d’hypocrisie » de la part de certains parents qui tentent de couvrir l’absence de leurs enfants. L’imam prévient que la présence par procuration n’est plus acceptée. « Il y a des sages qui viennent à la mosquée prier avec nous et informer par la même occasion que leur fils, qui habite dans les parages, ne vient jamais à la mosquée à une cérémonie. Cela aussi ne marche plus ici. Si le jeune (chef de famille) qui habite ici ne vient pas en personne prier avec nous, on ne pourra pas assister à sa cérémonie », conclut-il avec fermeté.
Il faut signaler que plusieurs villages du Fouta ont également interdit les dépenses inutiles lors des mariages. Ce, pour permettre aux jeunes en âge de se marier de la faire sans contracter des dettes.

