
La phase des dépositions des parties civiles s’est poursuivie ce lundi 19 janvier devant le tribunal criminel de Dixinn. Premier à comparaître, Bangaly Diané, chauffeur de 46 ans résidant à Dabondy École, est revenu sur les circonstances dans lesquelles il affirme avoir été blessé lors des événements tragiques au stade du 28 Septembre.
Dans son récit, le plaignant a expliqué sa présence au stade par sa volonté de s’opposer à la candidature de Moussa Dadis Camara. « Il y a eu des tensions soudaines. Je courais pour sortir du stade quand j’ai reçu une balle au pied. Ce sont les bérets rouges qui m’ont tiré dessus », a-t-il déclaré à la barre.
Selon son témoignage, alors que les gendarmes opéraient à l’extérieur pour intimider la foule, les forces en uniforme faisaient usage de leurs armes à l’intérieur de l’enceinte : « J’ai vu des gens se faire massacrer et tuer à Dixinn. Quand j’ai été touché, j’ai essayé de me lever pour fuir, mais je n’y arrivais pas. Ce sont des personnes qui m’ont aidé à sortir du stade et m’ont conduit dans une famille à proximité. En sortant, j’ai vu beaucoup de corps », a-t-il poursuivi.
Interrogé par le juge, Bangaly Diané a confirmé l’existence de documents médicaux attestant de sa blessure par balle et a sollicité l’aide du tribunal pour poursuivre ses soins.
L’audience a toutefois pris une tournure contradictoire lors de l’intervention de la défense. Les avocats des prévenus ont relevé une incohérence majeure dans le dossier médical : l’un des documents produits mentionne une blessure par balle reçue lors d’une marche des femmes à Avaria en avril 2008, soit un an avant les faits jugés. Le certificat, signé du Dr Damany Keita, comporte également un numéro de téléphone du réseau Areeba attribué au plaignant.
Bangaly Diané a formellement rejeté ces éléments, affirmant que les informations contenues dans ce document sont « inventées » et maintenant sa version des faits.
La défense a conclu son argumentaire en suggérant que le plaignant se serait constitué partie civile dans l’unique but de bénéficier des indemnisations prévues pour les victimes. Une accusation que l’intéressé a fermement niée.
L’audience a été renvoyée au mardi 20 janvier pour la suite de l’audition des parties civiles.

