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Soumbara: l’or brun des cuisines locales devenu denrée rare en nette hausse sur les marchés à Lélouma

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Indispensable dans de nombreuses cuisines ouest-africaines, le soumbara, condiment traditionnel issu de la fermentation des graines de néré, se fait de plus en plus rare. Sur les marchés locaux, le soumbara est devenu de plus en plus cher. Un produit local que l’on achète désormais en petites quantités. Autrefois accessible à tous, ce condiment traditionnel issu des graines de néré subit aujourd’hui une flambée des prix qui reflète, à plus petite échelle, les effets de l’inflation sur les produits locaux.

Selon les commerçantes, le prix du soumbara a presque doublé dans certaines zones en l’espace de quelques saisons. « Avant, on vendait une boule à un prix très abordable. Aujourd’hui, le même volume coûte beaucoup plus cher », explique une vendeuse, pointant du doigt la rareté de la matière première et l’augmentation des charges.

La production du soumbara repose sur un processus artisanal long et exigeant : récolte des graines, cuisson prolongée, fermentation, séchage. À cela s’ajoutent les coûts de bois de chauffe, du transport … Autant de facteurs qui pèsent sur le prix final, dans un contexte général de hausse du coût de la vie.

La raréfaction des arbres de néré aggrave la situation. La coupe abusive et le manque de replantation réduisent l’offre, tandis que la demande reste forte.

Résultat : un déséquilibre du marché qui favorise la hausse des prix.

Pour les ménages, cette inflation a des conséquences concrètes. Le soumbara, utilisé pour relever les sauces quotidiennes et éviter les cubes magi, devient un produit de substitution, de moins en moins accessible. Certaines familles réduisent les quantités ou s’en passent, modifiant leurs habitudes alimentaires.

Malgré cette cherté, le soumbara conserve une forte valeur symbolique et culturelle. Il reste aussi entouré de croyances populaires, notamment celles qui lui attribuent des vertus énergétiques et aphrodisiaques, » véritable apéritif » renforçant sa demande dans certains milieux.

Pour les acteurs du secteur, la solution passe par une meilleure valorisation de la filière locale : protection des arbres de néré, soutien aux productrices, amélioration des techniques de transformation et encadrement des circuits de commercialisation. Sans cela, le soumbara risque de devenir un produit de luxe, victime silencieuse de l’inflation.

Et pour rappel, un petit pot valant à peine une poignée se vend aujourd’hui à partir de dix (10) mille francs guinéens.

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