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Kindia : Série d’incendies « criminels » dans les plantations d’ananas de Friguiagbé

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À Friguiagbé, le désespoir se lit sur les visages des planteurs. Des incendies d’origine inconnue ravagent les exploitations d’ananas, réduisant en cendres des mois de labeur. Entre pertes financières colossales et sentiment d’insécurité, les victimes pointent du doigt des actes de malveillance et appellent les autorités au secours.

La commune rurale de Friguiagbé, située à une dizaine de kilomètres du centre-urbain de Kindia, fait face à un véritable désastre agricole. Deux nouvelles plantations d’ananas viennent d’être totalement dévastées par les flammes. Ce sinistre n’est pas un cas isolé : il s’inscrit dans une série noire touchant également le district de Samoreyah (Damakania), plongeant les producteurs locaux dans l’angoisse.

Un investissement réduit en cendres

Le bilan est lourd. Les flammes n’ont pas seulement consumé les fruits prêts pour le marché ; elles ont aussi anéanti les rejets, ces plants indispensables aux prochaines récoltes. Pour les exploitants, c’est une double peine : la perte du revenu immédiat et l’hypothèque des campagnes futures.

Fatoumata Sylla, qui exploite un domaine avec son frère, ne cache pas son amertume devant son champ calciné. Plus de 4 000 pieds d’ananas ont disparu :

« Mon frère m’a appelée en urgence. À mon arrivée le soir même, le constat était désolant : tout avait été emporté, les fruits comme les rejets. Sur les 5 000 pieds plantés, il en restait plus de 4 000 après la première récolte. Pour nous, c’est un acte criminel. Ce n’est ni la première, ni la deuxième fois que cela arrive. »

Le scénario est identique pour Naby Yaya Sylla. Ce producteur était à la prière du vendredi lorsque le feu a dicté sa loi :

« Je n’étais pas sur le terrain. À mon retour de la mosquée, j’ai tout trouvé brûlé. Pourtant, le feu ne passe jamais par ici. Personne ne nous donne d’explication. Seul Dieu sait qui a mis le feu », confie-t-il, impuissant.

Le cri du cœur des agriculteurs

Dans cette région où l’ananas est le poumon économique, la répétition de ces incendies « mystérieux » installe un climat de paranoïaque. Le sentiment d’abandon prédomine chez les sinistrés. Face à ce qu’ils considèrent comme des sabotages ciblés, ils réclament aujourd’hui l’ouverture d’enquêtes sérieuses pour identifier les auteurs de ces actes.

En attendant une réaction des autorités de Kindia, les paysans de Friguiagbé surveillent leurs champs la peur au ventre, s’en remettant à la justice divine faute de protection concrète.

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