
Dans la préfecture de Lola, le prix de l’huile de palme, communément appelée huile rouge, a atteint cette année un niveau inédit. Le bidon de 20 litres, qui se vendait autour de 120 000 GNF les années précédentes, se négocie désormais à 300 000 GNF. Une flambée qui fait le bonheur des producteurs et des commerçantes, mais qui pèse lourdement sur le budget des ménages.
La réputation de l’huile rouge de Lola dépasse largement les frontières guinéennes. Très prisée en Afrique de l’Ouest et même exportée vers d’autres continents, elle suscite aujourd’hui une forte convoitise, accentuant ainsi la pression sur les prix.
Sur le marché local, commerçantes et consommateurs constatent cette envolée. Hadja Sangaré, vendeuse d’huile depuis plusieurs années, témoigne d’une hausse progressive mais continue.
« Le prix de l’huile n’a fait qu’augmenter cette année. Il y a quelques mois, le bidon coûtait 200 000 GNF, puis 250 000 GNF, et aujourd’hui, il est à 300 000 GNF. Nous avons donc été obligées de revoir nos prix. Ce qui se vendait à 5 000 GNF coûte désormais 10 000 GNF, et ce qui était à 10 000 GNF est passé à 20 000 GNF », explique-t-elle.
Face à cette situation, certains consommateurs se tournent vers des alternatives jugées moins coûteuses, notamment l’huile raffinée importée, communément appelée « huile de ciao ».
Selon les commerçantes rencontrées, cette flambée des prix ne s’explique pas uniquement par la forte demande. Elle est également liée à une période de faible production, les noix de palme n’étant pas encore arrivées à maturité. Les palmiers sont actuellement en phase de floraison, ce qui réduit considérablement la disponibilité de la matière première. L’abondance de la production n’est généralement observée qu’entre février et avril, période traditionnelle de transformation de l’huile dans la région.
Un responsable de la direction préfectorale du commerce de Lola apporte des éclaircissements sur l’évolution du marché.
« Il est vrai que le prix de l’huile de palme a augmenté, mais cela s’explique par deux facteurs. D’abord, il y a quelques années, une interdiction de sortie de l’huile avait été instaurée. À cette époque, le prix était resté autour de 120 000 GNF, ce qui limitait les revenus des producteurs. Aujourd’hui, cette interdiction est levée et l’exportation a repris. Or, l’huile rouge de Lola est très recherchée dans les pays voisins », précise-t-il.
Il rappelle enfin que l’huile rouge naturelle produite localement est riche en vitamine A, reconnue pour son rôle dans la prévention de la cécité, un atout qui renforce davantage sa valeur sur les marchés extérieurs.

