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Guinée  : Retour sur les affaires judiciaires majeures en Guinée en 2025

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L’année 2025 s’est achevée sur un bilan judiciaire particulièrement riche en Guinée. L’institution judiciaire a été soumise à une rude épreuve.  Retour sur les affaires majeures qui ont rythmé cette année de turbulences.

Le dossier Aliou Bah, une condamnation emblématique des tensions politiques

Aliou Bah, président du Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL), est resté en 2025 au centre d’une controverse politico-judiciaire majeure, illustrant les tensions persistantes entre l’opposition et les autorités de la transition. Le 7 janvier 2025, le Tribunal de première instance de Kaloum l’a condamné à deux ans de prison ferme pour « offense et diffamation » à l’encontre du chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya. Cette condamnation faisait suite à des déclarations publiques jugées offensantes par les autorités. Arrêté en décembre 2024 alors qu’il tentait de franchir la frontière guinéo-léonaise, Aliou Bah a vu son procès vivement être critiqué par l’opposition, des organisations de défense des droits humains et plusieurs acteurs politiques, qui y ont vu une atteinte à la liberté d’expression.

En appel, la Cour d’appel de Conakry a confirmé la condamnation le 28 mai 2025, suscitant de vives réactions . Les cadres du MoDeL et d’autres responsables politiques ont dénoncé ce qu’ils ont appelé une « parodie de justice ».

La défense a saisi la Cour suprême pour faire annuler la décision, évoquant des vices de procédure, tout en portant l’affaire devant la Cour de justice de la CEDEAO. Le dossier reste pendant.

Grâce présidentielle de Dadis Camara, une décision qui divise

Le 28 mars 2025, le général Mamadi Doumbouya a accordé une grâce présidentielle à Moussa Dadis Camara, ancien chef de la junte, condamné en juillet 2024 à 20 ans de prison pour crimes contre l’humanité liés au massacre du 28 septembre 2009.

Justifiée officiellement par des raisons de santé, cette grâce a suscité une vive indignation. Des victimes, des organisations de défense des droits humains et plusieurs acteurs de la société civile estiment que cette décision affaiblit le procès historique et compromet le droit à la justice.

Quelques semaines après sa libération, Dadis Camara a quitté la Guinée pour une destination inconnue pour des soins médicaux, sans communication officielle détaillée sur son état de santé, relançant les interrogations et la polémique.

L’artiste controversé, Singleton,  devant la justice après un accident mortel

L’artiste guinéen Mohamed Seydouba Bangoura, alias Singleton, a comparu en septembre 2025 devant le Tribunal de première instance de Coyah pour homicide involontaire. Il était poursuivi à la suite d’un accident de la circulation survenu le 28 août 2025, ayant coûté la vie à un sexagénaire.

Reconnaissant les faits et présentant ses excuses, Singleton a expliqué avoir paniqué après l’accident. Le tribunal l’a reconnu coupable et condamné à un an de prison avec sursis, une amende de 10 millions de francs guinéens et au versement de 900 millions de francs guinéens à la famille de la victime. L’affaire a ravivé le débat sur la responsabilité des personnalités publiques face à la loi.

UFDG – Ousmane Gaoual Diallo : un bras de fer politico-judiciaire

Le conflit entre le ministre Ousmane Gaoual Diallo et l’UFDG a connu une intensification en 2025. Exclu du parti en 2022, le ministre a obtenu gain de cause le 23 mai 2025 devant le TPI de Dixinn, qui a annulé son exclusion. Cette décision a provoqué de fortes tensions internes, l’UFDG contestant le jugement et engageant une procédure d’appel. L’affaire a pris une tournure institutionnelle lorsque les autorités ont demandé la suspension du congrès du parti prévu en juillet 2025, sur fond de divisions et de recours judiciaires multiples.

Procès du 28 septembre, une reprise très attendue

Le 18 décembre 2025, le procès des massacres du 28 septembre 2009 a repris à Conakry avec la comparution du colonel Bienvenue Lamah. Accusé de complicité, son cas symbolise la complexité d’une procédure judiciaire entamée en 2022 et jalonnée de nombreux rebondissements. Cette reprise ravive l’espoir des victimes et de leurs familles, plus de quinze ans après les faits, dans l’attente d’une justice complète et équitable.

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