
L’année 2025 a été ponctuée de nombreux événements majeurs dans la région forestière, entre devoir de mémoire, enjeux sécuritaires, échéances politiques, réformes administratives et promotion du potentiel touristique et environnemental.
L’actualité a été largement dominée par les suites de la tragédie du stade du 3-Avril de N’Zérékoré, survenue le 1er décembre 2024. Tout au long de l’année, les familles des victimes, appuyées par des organisations de la société civile, ont continué de réclamer la publication du rapport d’enquête. Le 1er décembre 2025, à l’occasion du premier anniversaire du drame, la diaspora forestière a de nouveau appelé publiquement à la vérité et à la justice. Le bilan officiel reste fixé à 56 morts, tandis que des sources indépendantes avancent un nombre de victimes plus élevé.
Sur le plan sécuritaire, 2025 a été marquée par des préoccupations persistantes liées à l’insécurité dans plusieurs préfectures. De nombreux accidents de la circulation, parfois mortels, ont été enregistrés sur les axes Guéckédou–Macenta, N’Zérékoré–Lola et Beyla–Kérouané. Par ailleurs, des actes de violences isolées, vols à main armée, agressions et cambriolages ont été signalés dans certaines localités, conduisant les autorités à renforcer les patrouilles, les opérations de ratissage et les dispositifs de prévention. Les zones frontalières de Guéckédou ont fait l’objet d’une vigilance accrue en raison des activités transfrontalières.
L’année a également été marquée par la persistance des conflits entre éleveurs et agriculteurs, notamment dans les préfectures de Macenta, Lola et Beyla. Ces tensions sont principalement liées à la divagation des troupeaux dans les zones cultivées, à l’insuffisance de pâturages aménagés et de corridors de transhumance sécurisés, ainsi qu’à d’anciens litiges fonciers entre communautés. Dans certains cas, ces conflits ont dégénéré en crimes nocturnes ciblant des bouviers, entraînant des pertes de récoltes et la destruction de biens, nécessitant l’intervention des autorités locales et des forces de sécurité pour rétablir le calme.
Face à ce défi sécuritaire et socioéconomique majeur, qui freine le développement agricole et fragilise la cohésion communautaire, les autorités ont lancé la construction du premier parc de pâturage à Kabayandou, un village situé à cheval entre les préfectures de Boola et de Lola.
Sur le plan administratif, une avancée notable a été enregistrée le 16 juin 2025 avec le lancement officiel de la délivrance des passeports biométriques à N’Zérékoré. Cette initiative a permis aux citoyens des préfectures de N’Zérékoré, Guéckédou, Macenta, Beyla, Lola et Yomou d’accéder à ce service sans avoir à se déplacer à Conakry.
L’année 2025 a également été rythmée par d’importantes échéances politiques nationales. À l’approche du référendum constitutionnel, des appels à la paix et à la retenue ont été lancés, notamment le 29 août 2025, par des leaders religieux et communautaires de la région. Le scrutin du 21 septembre 2025 s’est déroulé dans un climat globalement apaisé en région forestière. À l’échelle nationale, le projet de Constitution a été adopté avec près de 89 % des suffrages exprimés.
Du 21 au 23 novembre 2025, la région administrative de N’Zérékoré a accueilli le lancement officiel de la Saison touristique de Guinée. Cet événement a mis en lumière les richesses naturelles et culturelles de la région, telles que la forêt classée de Ziama, le pont de liane de Koulé et le mont Nimba, tout en annonçant plusieurs projets axés sur le développement du tourisme durable.
Enfin, la région forestière a pris part à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, marquée par une mobilisation notable des électeurs et l’absence d’incidents majeurs signalés.
En définitive, l’année 2025 s’impose comme une période charnière pour la région forestière, entre quête de justice, participation citoyenne, réformes administratives et nouvelles perspectives de développement touristique et environnemental.

