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Harcèlement en milieu universitaire : une campagne de sensibilisation lancée à Conakry

Pour répondre à la situation alarmante de la prévention et à la gestion des violences basées sur le genre, avec un accent particulier sur le harcèlement en milieu universitaire, le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MESRSI), à travers son Service Genre Équité, a lancé ce mardi 10 décembre 2024, une campagne de sensibilisation contre le harcèlement en milieu universitaire.

Dans son allocution, Pr Mariam Beavogui vice-recteur de l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry a, au nom du directeur général de ladite université, souhaité la bienvenue. Selon elle, le harcèlement en milieu universitaire est un fait réel.

« Le harcèlement a souvent des conséquences qui peuvent être graves et perdurer à long terme et peuvent pousser même jusqu’à l’abandon de la personne du milieu scolaire. Il peut s’agir d’un isolement, d’une perte de l’estime de soi, d’une baisse des résultats scolaires, d’un mal-être, des troubles de comportement, parfois même alimentaires, qui peuvent aller jusqu’à des conduites suicidaires. Et vous conviendrez avec moi que ce n’est pas la première fois que nous nous réunissons autour de ce harcèlement en milieu universitaire. Je crois qu’il existe déjà un rapport qui montrent que ces harcèlements sont réels et existent même dans notre institution. Mais surtout encourager les étudiants qui sont victimes de ce harcèlement à dénoncer, parce que la chose ne trouve  sa solution que quand elle est dénoncée », a-t-elle martelé.

De son côté, Bintoubgé kaba cheffe service Genre et Équité au MESRSI a déclaré qu’il y a désormais un numéro vert mis à la disposition des étudiants victime ou témoin de harcèlement.

« Ne pas reconnaître le vécu des femmes et leur traumatisme ne fera qu’empêcher la communication et une avancée vers la construction d’un environnement de travail sain, dépouillé de toute forme de violence faite aux femmes. Je ressens la responsabilité particulière de souligner la gravité de ce sujet et d’encourager une réflexion profonde sur les violences faites aux femmes.
Sachez que chaque minute qui passe, c’est une fille ou une femme sur deux qui se fait violenter, soit en famille, à l’école ou sur le lieu de travail. C’est en favorisant le dialogue que l’on pourra mettre en ligne ce problème préoccupant, que l’on pourra lutter efficacement contre ce fléau éducatif qui d’une part coûte et ruine des vies et d’autre part compromet aussi la bénédiction. Les victimes de harcèlement, sachez que maintenant il y a un numéro vert qui est créé au sein du département de l’enseignement supérieur pour encourager les victimes et autres témoins de harcèlement de dénoncer toutes les formes de violences qu’elles pourront subir. Et ce numéro, c’est le 167 comme vous le voyez sur les affiches.
chers responsables universitaires, ensemble, engageons-nous à construire un milieu où l’égalité des chances, l’égalité et la dignité humaines restent au cœur de nos préoccupations. Ainsi, je vous exhorte à faire de nos universités un espace où chacun se sent en sécurité, respecté et libre d’apprendre sans crainte
 », a-t-elle déclaré.

En prenant la parole au nom de la ministre de la promotion féminine de l’enfance et des personnes vulnérables, la Conseillère en charge des questions de promotion féminine Aissatou M’Bara Diallo a déclaré que cette campagne apportera des réponses communes et appropriées à certains de ces défis.

« Comme beaucoup l’ont défini aussi, le harcèlement est une autre forme de violence basée sur le genre qui entraîne des conséquences sur la santé morale, psychologique et même physique de l’habitant. Nous sommes pleinement conscients qu’avec ce phénomène, les filles et les femmes sont confrontées à des défis supplémentaires, surtout dans les milieux de formation et de travail.
Cette campagne de sensibilisation qui est amorcée aujourd’hui apportera des réponses communes et appropriées à certains de ces défis. Une politique claire et ferme contre le harcèlement et cela inclut des mesures préventives à travers des séances de renforcement des capacités, de sensibilisation pour le personnel et les étudiantes, ainsi qu’un accompagnement psychologique des victimes. Je demande aux étudiantes de s’engager à travailler afin d’obtenir des diplômes mérités pour leur permettre d’être compétitifs sur le plan de l’emploi
 », a-t-elle affirmé.

Selon le rapport de 2023 sur le harcèlement en milieu universitaire, les statistiques mettent en évidence l’ampleur du problème. 27,08% des enseignants-chercheurs affirment que des personnes influentes abusent de leur position au sein de l’université pour obtenir des faveurs sexuelles de la part d’étudiantes.

La même enquête révèle que 56,07% des enquêtés considèrent que les auteurs des actes de harcèlement sont en grande majorité des hommes, tandis que leurs victimes sont le plus souvent des femmes. Ces chiffres témoignent de l’urgence d’une intervention structurelle pour prévenir et gérer ces violences.

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