
Le torchon brûle entre les autorités communales de Dixinn et leurs employés. Ce mardi 20 octobre 2026, lors d’une déclaration conjointe lue par Kalifa DIAWARA, secrétaire général de la section syndicale CNTG, aux côtés de la COSATREG, les travailleurs ont fermement dénoncé leurs conditions de vie et posé un ultimatum aux autorités communales. Faute d’accord satisfaisant sur leurs arriérés de salaires, une grève générale illimitée est annoncée à compter du lundi 26 octobre 2026 à 08 heures.
« Le moment est grave »
D’entrée de jeu, les centrales syndicales CNTG et COSATREG ont tenu à planter le décor d’une crise qui dure depuis le début de l’année : « Le moment est grave : des femmes et des hommes qui servent la Commune de Dixinn depuis des années travaillent sans être payés », a déploré Kalifa DIAWARA, secrétaire général de la section syndicale CNTG et syndicat des travailleurs de la commune de Dixinn.
Bien que des négociations se soient ouvertes récemment, la proposition des autorités d’apurer uniquement les reliquats de l’exercice précédent tout en ignorant l’année en cours a irrité les représentants des salariés :
« Le dialogue s’est ouvert le 19 octobre, mais la proposition qui nous a été faite, payer seulement les deux mois de 2025 et ne plus parler des salaires de 2026, est inacceptable. Les contractuels ont travaillé, et contribué à mobiliser les ressources propres de la Commune, depuis le 1er janvier 2026. Et si rien ne change, la grève générale illimitée débutera le lundi 26 octobre 2026 à 08 heures », a-t-il martelé.

Des agents dévoués mais « considérés comme licenciés » sans indemnisation
Le syndicat dénonce une situation précaire frappant des travailleurs parfois en poste depuis plusieurs décennies, alors même qu’ils continuent d’assurer le fonctionnement des services municipaux et le recouvrement des recettes :
« Les agents contractuels de la Commune de Dixinn sont employés depuis plus de dix (10) ans, certains depuis plus de vingt (20) ans. Depuis le 1er janvier 2026, ils n’ont perçu aucun salaire, après deux (2) mois d’impayés en 2025. Les primes de fonction des chefs de service sont impayées depuis la même date. Et l’on prétend les considérer comme licenciés, en s’appuyant sur une décision de résiliation du président de la Délégation Spéciale, sans procédure ni indemnisation », déplore-t-il.
Avant d’ajouter :
« Malgré l’absence de salaire, ces agents n’ont pas cessé de travailler. Ils ont continué d’assurer l’état civil, le recouvrement des impôts et taxes et les autres services générateurs de recettes […]. Cette contribution doit être reconnue : il plaide pour le paiement de leurs salaires, et non pour leur licenciement. »
Refus du « silence sur 2026 »
Face à la proposition de la mairie de restreindre le règlement des arriérés à l’exercice 2025, la réponse syndicale est sans équivoque : « Madame le Maire veut payer les deux mois de 2025 et demande que l’on ne parle plus des salaires de 2026. Nous la rejetons, pour trois raisons. »
« Elle efface neuf mois de travail : ce travail a été fourni, il doit être payé. Un salaire dû ne disparaît pas parce que l’employeur préfère ne plus en parler.
« Elle est contraire à la loi : la rémunération est une charge obligatoire du budget communal, l’action en paiement n’est pas prescrite, et aucun travailleur ne peut être contraint d’abandonner ses salaires.
« Elle ne règle rien : payer 2025 est un premier pas, jamais une solution. Il ne peut pas se faire au prix du silence sur 2026. »
Déterminés à faire valoir leurs droits, les syndicats préviennent qu’ils iront au bout de leur démarche si aucun compromis n’est trouvé avant la date butoir :
« Nous ne voulons pas de cette grève, mais nous irons jusqu’au bout. Si ces revendications ne sont pas satisfaites, les travailleuses et travailleurs de la Commune de Dixinn entreront en grève générale illimitée à compter du lundi 26 octobre 2026 à 08 heures, jusqu’à satisfaction. »
Les syndicats appellent les agents à rester mobilisés et disciplinés, tout en présentant leurs excuses à la population pour les éventuelles perturbations des services communaux. Interrogée par la presse, Madame le maire n’a pas souhaité commenter cette situation.

