Violences militaires de Mali : Les premiers incidents du procès

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Contre toute attente, les avocats de la défense dans le procès des militaires inculpés dans les violences enregistrées à Mali les 17, 18 et 19 juin 2016 n’ont trouvé mieux que d’interrompre pendant un long moment leur participation au procès. Pour cause, l’équipe de Me Lancinet Sylla dénonce des manquements qui leur compliqueraient le travail, a constaté sur place Guinéenews.

L’incident s’est passé ce lundi aux environs de 13 heures lors de la comparution du gouverneur de la région de Labé, Sadou Kéita, qui a de plus compliqué la tâche aux militaires inculpés. Après avoir répondu aux questions de la partie civile, Sadou Kéita a été confronté aux questions des avocats de la défense.

Prenant la parole, Me. Lancinet Sylla a posé plusieurs fois la même question au gouverneur Sadou Kéita. Face à l’insistance de l’avocat, le président du tribunal finira par réagir en le rappelant à l’ordre.

En dépit cet avertissement du président, l’avocat reviendra à nouveau à charge avec la même question. Ce qui a aussitôt suscité dans la salle de vives désapprobations de la part du public. Une attitude qui a été très mal perçue par les avocats de la défense qui ont aussitôt réagi en jetant l’éponge.

Sur ce retrait des avocats de la défense, Me Lancinet Sylla justifie leur décision: «il se trouve que nous sommes empêchés d’exercer notre mission d’avocat. Chaque fois que nous prenons la parole, nous sommes hués par le public alors qu’un débat de ce genre ne peut pas se tenir sans la sérénité requise. Nous ne sommes plus en mesure d’exercer notre mission. Cela relève de la responsabilité du président du tribunal d’exercer la police et la direction des débats. Il laisse le public nous huer et rien ne sert désormais de rester dans la salle d’audience.»

Au niveau de la partie civile, Me Thierno Baldé avocat de la partie civile, estime que le camp adverse cherche juste à perturber le procès. Parce qu’ils ont le dos au mur: «nous sommes tous les jours dans les tribunaux que ça soit ici, à l’intérieur ou à Conakry. Lorsqu’il y a eu certains propos, il arrive des fois que des gens dans le public réagissent d’une certaine manière, mais par la suite, il y a le président audiencier qui les ramène à l’ordre en les demandant de se taire.»

Il a fallu plusieurs tractations pour pouvoir ramener les avocats dans la salle d’audience, a constaté sur place la rédaction locale de guinéenews basée à Labé.