Tribunal criminel de Dixinn: Diégo Sow, malfaiteur ou simple victime de la torture policière?

24 janvier 2018 10:10:07
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Le 29 janvier prochain, Ibrahima Diégo Sow et cinq autres accusés seront situés sur leur sort par le tribunal criminel de Dixinn qui siège dans la salle de conférence de la mairie de Ratoma. Leur victime présumée: l’homme d’affaires, El Hadj Ibrahima Kalil Diaouné. Celui-ci dit reconnaître Diégo Sow comme l’un des auteurs de l’attaque dont il a été victime en mars 2016. De leur côté, les six accusés dont une femme, sont restés dans la négation des faits ‘’d’association de malfaiteurs et de vol à main armée’’.

Sauf que dans les documents versés au dossier – notamment les procès-verbaux d’interrogatoire –, Diégo reconnaît les faits. Mais pour la défense, les déclarations de  son client à l’enquête préliminaire ne devraient nullement influencer la décision du tribunal.

«Tout le monde entier a suivi la torture barbare et sauvage  que Monsieur Ibrahima Diégo Barry a subie à la BAC (Brigade Anti-criminalité) de Kakimbo. Une personne soumise à un tel traitement ne peut pas faire des déclarations libres. Tout le monde a même vu les images », l’a défendu Me Labila Michel Sonomou de l’organisation de défense des droits de l’homme ‘’Avocat Sans Frontière’’.

Lors de l’audience du 22 janvier, Diégo Sow est revenu sur les tortures qu’il a subies en 2016 et qui avaient suscité une vague d’indignation et de condamnations, notamment par les ONG de défense des droits de l’Homme. Les autorités guinéennes avaient même suspendu plusieurs agents de sécurité présumés auteurs de la vidéo de la torture qui avait fait le tour des réseaux sociaux. L’accusé a expliqué qu’en mars 2016, la porte de sa maison a été défoncée par des agents de sécurité. Ceux-ci l’ont torturé avant de le transférer à la brigade de recherche de Matam où il a été entendu, puis transféré à la Maison centrale…

Me Pépé Antoine Lamah, avocat d’Ibrahima Diaouné espère que les accusés, notamment Diégo Sow, seront condamnés pour « les traumatismes » subis par son client dans la soirée du 11 mars 2016. « Il n’y a aucun lien entre les pièces du dossier et la torture dont Ibrahima Diégo Sow aurait été victime. Aucun élément n’a été établi sous l’effet de la torture… », a indiqué Me Lamah. Si torture, il y en a eu, estime l’avocat,  les déclarations faites sous l’effet de la torture devraient être écartées du dossier de la procédure par la chambre du contrôle de l’instruction ou les auteurs de la torture devraient être procédure. « Dès lors que les pièces n’ont fait l’objet d’aucune annulation, elles servent bien comme élément d’appréciation dans ce dossier », en déduit l’avocat…