Tribunal correctionnel de Dixinn : Malgré « la torture policière », Diego Sow et cie condamnés, à Conakry

30 janvier 2018 2:02:08
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Poursuivi pour associations de malfaiteurs et vol à main armée en compagnie de 9 autres accusés dont trois en fuite, Ibrahima Diégo Sow – l’homme dont la vidéo de torture avait indigné notamment les ONG de défense des droits de l’Homme en 2016 – a été finalement condamné ce lundi à 15 ans de réclusion criminelle. Diégo et six de ses co-accusés ont été reconnus coupables de plusieurs attaques à main armée à Conakry dont celles commises contre l’homme d’affaires et le commandant Abdoulaye Thiam du CMIS (Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité).

Mafoudia Traoré, la seule femme du groupe a été reconnue coupable des faits de recel de malfaiteurs. Pour la répression, elle a écopé de cinq ans de réclusion criminelle.

Un mandat d’arrêt a été décerné contre les nommés Ibrahima Bah, Souleymane Sow (Soul) et Thierno Mamadou Baldé (Panique), qui ne se sont jamais présentés à l’audience depuis le début du jugement.

Sur l’action civile, à titre principal, les huit accusés ont été solidairement condamnés au paiement de 27 mille dollars US à Ibrahima Diaouné, 30 mille dollars à Thierno Ibrahima Dollars et 50 mille dollars à Almamy Traoré. Pour les dommages et intérêts, ils doivent payer 150 millions de francs guinéens à chacune des trois parties civiles. Par ailleurs, ils ont été condamnés au paiement 200 millions de francs guinéens à titre de réparations civiles au commandant de CMIS, Abdoulaye Thiam.

Par ailleurs, Mohamed Cissé, un des neuf accusés, a été acquitté pour crimes non constitués.

Mardi dernier, les six accusés présents à la barre ont pourtant tous nié les faits. Diégo, lui, avait plutôt orienté sa défense sur les tortures dont il a été victime à la Brigade Anti-Criminalité de Kakimbo. Selon lui, les gendarmes lui avaient même arraché des dents lors de la torture. Pour ses avocats, toute déclaration qu’il a eue à tenir à l’enquête préliminaire n’a été que sous l’effet de la torture. Mais, Me Pépé Antoine Lamah, l’un des avocats des parties civiles, avait estimé qu’ « il n’y a aucun lien entre les documents versés au dossier et la torture dont Diégo aurait été victime…»