Traite des migrants noirs en Libye: la grosse colère de Sidya Touré contre les magrébins

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«C’est bien de dénoncer l’Occident, mais nous devons balayer devant notre maison»

Depuis les récents reportages sur la façon dont les jeunes africains sont traités par les passeurs et les trafiquants en Libye, la question de l’esclavage des migrants clandestins est au centre des débats au niveau des dirigeants et responsables politiques africains. A propos, Guinéenews a tendu son micro à l’ancien Premier Sidya Touré, Haut représentant du chef de l’Etat et président de l’Union des Forces Républicaines(UFR).

Dans cet entretien, le leader de l’UFR estime qu’il appartient aux Africains de balayer devant leur porte au lieu de dénoncer tout le temps l’Occident.

 « J’estime que ce problème nous touche au plus profond de nous-mêmes. Je l’ai dit dans un communiqué, en tant que leader, mais en tant que noir, c’est notre première condition. Il y a des pays au nord de l’Afrique qui ont des comportements inacceptables, inhumains. Il y en a qui déposent nos gens dans le désert, il y en a qui les traitent pratiquement comme des esclaves. C’est même dans les faits. Je dis, c’est bien de dénoncer l’occident tous les matins, mais peut-être qu’il serait bon que nous-mêmes fassions en sorte que ces pays-là aussi soient clairement dénoncés. Ce sont des pays africains. Il faut que nous puissions leur dire que nous ne pouvons pas accepter ces comportements. Et ça, c’est chez nous en Afrique. On a une opportunité très grande, l’Union Africaine et l’Union Européenne se réunissent à Abidjan. C’est le moment de poser ces problèmes très clairement. Et nos dirigeants feraient mieux de travailler dans ce cadre-là. Je suis pour qu’on dénonce l’Europe, c’est très bien, mais nous devons balayer devant notre maison. Si nous pays au Sud du Sahara, nous ne sommes pas capables de dire la vérité à nos frères qui sont au-delà du Sahara, je crois que ça ne sert à rien de dénoncer l’Occident tous les jours ».

Au sommet UA-UE en cours actuellement à Abidjan, des débats se tiennent autour de cette question en vue, dit-on, de démanteler les réseaux criminels, mais aussi pour endiguer le phénomène des réseaux de trafics humains et aussi  sensibiliser la jeunesse africaine par des campagnes de communication visant à dissuader les jeunes de prendre le chemin de l’exode dont les conséquences dramatiques sont connues de tous.