TPI de Dixinn : le commandant Sekou Resco à la barre

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L’ancien gouverneur de la ville de Conakry, le commandant Sékou Resco Camara s’est présenté à la barre du tribunal criminel de Dixinn pour répondre des faits de ‘’racisme, d’ethnocentrisme, de régionalisme et de crimes et délits’’ dans l’exercice de ses fonctions. Mais son procès a été aussitôt reporté au 26 mars prochain à la demande de la partie civile qui veut que l’audience se tienne en présence de son avocat français, Me Martin Pradel du barreau de Paris.

 «Je me réjouis de la présence du commandant (Sékou Resco Camara). S’ils ne sont pas là le 26 mars, nous allons demander que l’audience se poursuive », a réagi Me Sidiki Bérété, l’avocat de l’ancien gouverneur, à la fin de la brève audience. En attendant le 26 mars, le commandant Resco pourrait de nouveau répondre à un rendez-vous médical à l’étranger. C’est du moins une annonce de son avocat.

Le 13 novembre dernier, à peine ouvert, le procès avait été reporté à ce mois février en raison de l’absence du commandant Sékou Resco Camara de la Guinée. «Il y avait beaucoup de bruits, mais l’équivoque est levée avec la présence de mon avocat. Mon client a officiellement quitté le pays avec un ordre de mission et il est revenu uniquement pour l’audience d’aujourd’hui », a répliqué l’avocat. «On est respectueux de notre justice. D’ailleurs, on ne se reproche de rien. C’est pourquoi mon client a tenu à venir en Guinée pour que les velléités, les accusations et les insultes notamment par voie de presse, cessent », a-t-il renchéri.

 Il faut rappeler que le commandant Sékou Resco Camara est poursuivi dans ce dossier en compagnie du général Nouhou Thiam. Un troisième accusé dans cette affaire, le commandant Aboubacar Sidiki Camara alias De Gaulle, ex-garde rapproché de l’ancien président de la Transition, général Sékouba Konaté, qui est décédé en 2014.

 Les trois officiers proches de l’ancien président de la transition, général Sékouba Konaté,  sont accusés de ‘’tortures’’ commises en 2010 sur 15 commerçants et partisans arrêtés après des jets de pierres sur le cortège présidentiel. La FIDH et les  organisations partenaires en Guinée se sont alors portées partie civile dans l’affaire.

 Les deux responsables militaires ont déjà des cahiers judiciaires salis. En mars 2016, Nouhou Thiam a été condamné au temps mis après quatre ans et demi de prison dans le cadre du procès sur l’attaque contre la résidence privée d’Alpha Condé. Quant à Sékou Resco Camara, alors gouverneur de la ville de Conakry, il a été condamné en 2011 au paiement d’un million de francs guinéens pour empiètement dans les affaires de la justice. Il avait également été condamné au paiement d’un franc symbolique à l’ONG de défense des droits de l’Homme, Mêmes Droits pour Tous (MDT).