Sommet de l’UA : Mory Sanda Kouyaté, du comité Inter Africain sur la question du genre parle

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A la faveur du 30ème sommet de l’Union Africaine (UA) à Addis-Abeba (Ethiopie), Dr Mory Sanda Kouyaté, directeur exécutif du comité Inter Africain sur la question du genre est largement revenu sur le bilan du président de la République, Alpha Condé à la tête de l’organisation continentale l’Union africaine. Lisez !

« Je félicite et remercie notre pays la Guinée et particulièrement le chef de l’Etat le Pr. Alpha Condé parce que l’évènement dont on parle aujourd’hui a été initié par lui et l’Union Africaine. C’était un atelier de haut niveau sur l’égalité homme-femme. Quand on regarde actuellement le monde, dans son détail, on voit quelques émergences féminines et on voit également certaines femmes qui émergent par leur propre lutte. Mais quand nous allons dans les villages, les femmes restent toujours à la traine. Ce que les organisations internationales veulent faire notamment, l’organisation régionale l’Union Africaine, c’est de faire en sorte que les femmes soient au même niveau que les hommes. Cela ne veut pas dire que les femmes doivent dominer les hommes, c’est plutôt que les femmes et les hommes main dans la main conquièrent le monde et se partagent équitablement les fruits de la conquête du monde. C’est pour cela, la Guinée a initié avec son président, sous l’appui des Nations Unies, un important atelier pour voir à quel niveau nous nous trouvons, où nous voulons aller et surtout, comment on peut accélérer pour atteindre nos objectifs. Ce qu’on a pu constater, même s’il y a quelques exemples en Guinée où d’ailleurs la proportion des femmes dans le gouvernement et à des postes importants est satisfaisante, parce que dans beaucoup de pays, on ne confie aux femmes que des portefeuilles Affaires Sociales. Mais en Guinée, il y a eu un bond en avant, le ministre des Affaires Etrangères était une femme, ministre des Travaux Publics également, de la Coopération ainsi que de l’Economie et des Finances. Nous avons voulu montrer au reste de l’Afrique et du monde que cela est possible. En prenant l’histoire de la Guinée, elle a toujours mis les femmes devant. Si nous prenons le gouvernement de la Guinée, nous avons plus de 40% de femmes. Cela est extrêmement important. Quand on regarde le poids des ministères, on peut même dire que c’est à 50%. Au Rwanda, il y a 52% de femmes à l’Assemblée nationale, voici des exemples qu’on peut vendre au reste du monde malgré que beaucoup restent à faire.

En réalité, toutes ces questions liées aux femmes peuvent être résolues par une seule action, c’est l’éducation des jeunes filles, c’est-à-dire mettre les jeunes filles à l’école. Si les filles sont à l’école à 100%, comme les garçons, nous n’avons même pas besoin de faire le plaidoyer, parce qu’à partir de l’école, elles peuvent se défendre, elles-mêmes. Elles peuvent savoir où elles veulent aller… Si dans un projet, on dit micro pour la femme, cela veut dire qu’on la condamne à ne pas grandir…

Je suis très critique vis-à-vis des gouvernants sur les questions relatives à la mutilation génitale féminine. Ce qui fait que la Guinée, durant cette présidence du Pr. Alpha Condé dans le cadre de la lutte contre la mutilation féminine, est un exemple en Afrique (…). C’est à cause de cela qu’un prix de leadership du haut niveau lui a été décerné par nos partenaires européens et le comité exécutif inter-africain. Aujourd’hui, les autres chefs d’Etat essayent de copier cela et chacun en parle. Quand je suis en Guinée, je pousse le gouvernement à travers les médias jusqu’à dans son dernier retranchement et quand il y a aussi une avancée, il faut le faire », a-t-il expliqué.