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Le nouveau commissaire spécial de la sécurité routière de Kobaya à bâtons rompus avec Guinéenews

« Aucun commissaire spécial de sécurité routière n’est bureaucrate. Les consignes de nos autorités nous obligent à descendre sur le terrain chaque jour, pour sillonner l’essentiel du réseau routier sous notre contrôle et gérer les problèmes ponctuels de circulation qui se posent, surtout au moment de la descente vers Kaloum le matin et de la remontée en banlieue, le soir. »

Comme pour obéir à la logique qui veut que l’administration soit toujours à la portée des administrés, voici que le département de la sécurité et de la protection civile innove en créant un commissariat spécial de la sécurité routière. Ce nouveau service partage, dans un premier temps, les mêmes locaux avec le commissariat urbain de Kobaya. Il couvre une zone excentrée de la commune de Ratoma, située entre la route Leprince et la corniche nord. Les autorités prévoient que son installation va permettre aux populations d’accéder plus facilement aux prestations de la police routière, en cas de nécessité. Ce qui n’était pas le cas auparavant, en raison de l’éloignement des sièges des commissariats spéciaux installés dans la commune.

Les populations vont avoir dorénavant un interlocuteur à leur portée pour gérer les problèmes ponctuels de circulation (incidents ou accidents) qui vont se poser à eux. Ce nouveau service, le dernier en date à être créé dans la capitale, répond à un souci de décentralisation, très marqué, de la part des autorités de la sécurité qui ambitionnent de combler les nombreuses attentes des populations, pour une circulation routière toujours plus fluide et sécurisée.

Le fonctionnement correct de la circulation dans une grande agglomération comme Conakry, exige une parfaite mobilité urbaine. C’est à la fois, un besoin vital amplement souhaité par les usagers et en même temps, un facteur de progrès et de développement pour le pays.  Partout à travers le monde, l’essor économique et social reste pour une grande part, tributaire de l’organisation parfaite des transports et particulièrement, ceux terrestres.

Comment tous ces aspects vont-ils être pris en compte et surtout, comment vont-ils être mis en œuvre par le nouveau commissariat créé et déjà engagé sur le terrain ? C’est de tout cela que nous allons discuter avec le commissaire spécial Mohamed Lamine Cissé qui nous reçoit au siège de son service à Kobaya.

Guineenews : bonjour monsieur le commissaire. Merci de nous recevoir chez vous, malgré vos occupations liées à votre installation et à vos activités sur le terrain. Quel est votre sentiment après que vous ayez été choisi pour diriger ce nouveau commissariat spécial de sécurité routière ?

Commissaire Mohamed Lamine Cissé : permettez-moi tout d’abord de vous souhaiter la bienvenue et de saluer les nombreux lecteurs de votre site d’informations guineeneews.org. Ma nomination en qualité de commissaire spécial à ce nouveau poste de sécurité routière en création a été pour moi comme un grand coup du destin. D’abord, je ne suis pas le seul dans les effectifs de la direction centrale de la sécurité routière. Ensuite, toute modestie mise à part, je ne suis pas le plus méritant. Il y a bien d’autres cadres et officiers très remarquables, dont la valeur et la compétence ne font l’ombre d’aucun doute. Mais, Dieu l’a voulu ainsi. J’ai éprouvé une immense joie mêlée d’émotion et de reconnaissance à l’endroit de tous mes chefs hiérarchiques pour la confiance qu’ils ont bien voulu placer en ma modeste personne. Vous me permettrez de citer : mon service d’origine, le commissariat spécial de la sécurité routière de Sonfonia, la direction centrale de la sécurité routière, la direction générale de la police nationale, le département de la sécurité et de la protection civile. Je remercie également mes parents, mes camarades de promotion et tous ceux qui ont contribué à ma formation. Je prie Dieu pour qu’il nous aide, mon personnel et moi, à réussir pleinement la mission qui nous a été confiée par nos autorités à Kobaya.

Guineenews : où étiez-vous en poste avant votre nomination ?

Commissaire Mohamed Lamine Cissé : j’étais l’officier en charge des services généraux au commissariat spécial de la sécurité routière de Sonfonia, autrement dit commandant de peloton, dans l’ancienne appellation.

Guineenews : vous nous avez dit que ce commissariat spécial est le dernier né de la capitale. A quand remonte sa création ?

Commissaire Mohamed Lamine Cissé : notre commissariat a été créé suivant l’arrêté A/2020/1911/MSPC/CAB/SGG du 18 juin 2020. Il est effectivement le dernier né des commissariats spéciaux de sécurité routière qui existent à Conakry, à ce jour. Cette création obéit à la volonté des autorités de porter la prévention et la sécurité routière au plus près des usagers de la route.

Guineenews : parlez-nous du territoire que vous couvrez. En somme, quelle est la zone de compétence qui vous est attribuée dans la commune de Ratoma ?

Commissaire Mohamed Lamine Cissé : Après l’arrêté de création du commissariat spécial de la sécurité routière de Kobaya, référencé plus haut, c’est la note de service n0 65/MSPC/DGPN/2020 de notre direction générale qui a fixé la délimitation de la zone de compétence. Il est indiqué dans ladite note de service que « le nouveau commissariat a une compétence exclusive dans la circonscription de la commune de Ratoma. »

En outre, dans le sens ouest-est, de Kaloum vers l’intérieur du pays, sa compétence s’étend :

2-    Sur la corniche nord : du carrefour ambiance au pont de Fossidè »

Quant à la largeur, elle part du carrefour ambiance jusqu’au quartier yembeya, en couvrant la zone du stade de Nongo et du pont de Fossidè jusqu’au lycée technique privé, situé peu avant le carrefourT6, sur la route Leprince.

Guineenews : quels sont les commissariats spéciaux de sécurité routière concernés par ce nouveau découpage et quelle incidence cela apporte-t-il dans la répartition des rôles ou le nouvel équilibre des charges ?

Commissaire Mohamed Lamine Cissé : en dehors de Kobaya, ce sont principalement les commissariats spéciaux de Bambéto et de Sonfonia qui sont concernés par ce nouveau découpage. Ces nouvelles dispositions allègent leurs charges en réduisant l’étendue de leur zone de compétence. Ce qui va leur permettre certainement, de travailler plus efficacement et d’obtenir de meilleurs résultats dans le cadre de la prévention routière.

Guineenews : avez-vous déjà enregistré quelques réactions chez les citoyens qui sont au courant de votre présence sur le terrain ?

Commissaire Mohamed Lamine Cissé : oui ! Et je vous dirais que ce sont des sentiments de satisfaction que nous observons chez tous les usagers rencontrés. Ils sont heureux que nous soyons établis dans la zone. Depuis l’inauguration officielle qui a marqué notre installation, ils sont nombreux les citoyens isolément pris ou les groupes et associations qui sont venus nous visiter et nous traduire leur joie de nous accueillir dans leurs zones respectives qui étaient auparavant, sevrées de service de sécurité routière.

 Nous nous mettons à leur place pour imaginer ce qu’ils vivaient avant notre arrivée : quand un usager avait un quelconque problème dans la circulation qui nécessite l’intervention de la police routière, c’était difficile et même très difficile à résoudre. S’il est, par exemple, au carrefour ‘’ambiance’’ ou aux rails Rusal de Cosa, sur la route Leprince, il lui fallait se rendre à Bambéto et si c’est à Fossidè ou aux rails de Wanindara c’est jusqu’à la cimenterie. Vous comprenez bien que cela n’était pas du tout facile pour lui. Il y a des problèmes de communication et surtout de déplacement qui se posaient et qui l’embarrassaient et le décourageaient. Encore plus, s’il s’agit d’un cas grave qui nécessite une intervention urgente. Là, on n’en parle pas.  Ajoutons à cela, les problèmes de sécurité liés aux véhicules impliqués dans un accident que les protagonistes sont obligés d’abandonner sur place pour alerter le commissariat en charge du dossier. Non seulement ils occasionnent des embouteillages, mais aussi on peut les dépouiller. En parlant ainsi, je tais volontairement les nombreux déplacements que ces cas d’accident imposent aux auteurs et aux victimes, mais aussi à la police. Il y a souvent beaucoup de déplacements à faire entre, le chargé du constat, le lieu de l’accident, l’hôpital et quelque fois l’assurance ou le tribunal.

Guineenews : aux premiers jours de votre prise de fonction, peut-on savoir les premières observations que vos services vous ont remontées de leur engagement sur le terrain ?

Commissaire Mohamed Lamine Cissé : je dois vous dire qu’aucun commissaire spécial de sécurité routière n’est bureaucrate. Les consignes de nos autorités nous obligent à descendre sur le terrain chaque jour, pour sillonner l’essentiel du réseau routier sous notre contrôle et gérer les problèmes ponctuels de circulation qui se posent, surtout au moment de la descente vers Kaloum le matin et de la remontée en banlieue, le soir. C’est le moment des gros bouchons et embouteillages. Je considère cette consigne comme étant très salutaire, en ce sens qu’elle permet au commissaire d’être parfaitement au courant de ce qui se passe sur le terrain. Ça lui évite de se comporter en bureaucrate qui attend des comptes rendus. D’ailleurs, pour avoir longtemps été en charge des services généraux, (commandement de peloton) je puis vous dire, sans ostentation aucune, que je suis avant tout un homme de terrain. Et cela m’est très utile dans l’exercice de mes fonctions.

S’agissant des infractions que nous avons remarquées, elles sont en général les mêmes que celles qui se passent ailleurs dans la capitale. Nous pouvons citer quelques-unes : la surcharge, le non-respect des signaux des agents, la circulation en sens inverse, etc. Mais ce qui particularise notre zone, c’est la circulation des nombreux tricycles qui font le transport en commun. Leurs conducteurs sont de grands perturbateurs de la circulation en ce sens qu’ils ne tiennent pas compte du fait qu’ils pilotent un engin à trois roues. Ils se comportent comme s’ils étaient sur deux roues. On les rencontre dans la circulation. Ils tentent de se frayer un passage partout où ils trouvent un espace ou une ouverture, même s’ils sont conscients de ne pas y tenir. Ils essayeront quand même en forçant la situation. Comme si une voiture pouvait passer par un espace ne pouvant contenir qu’une moto. Ils créent des doubles voire des triples files et remontent, par le milieu de la chaussée, toute la colonne de véhicules en mouvement ou immobilisés dans le bouchon. Cela nous pose de gros problèmes, avec des ralentissements, des embouteillages et quelques fois des accrochages et des accidents.

Guineenews : quels sont les points noirs les plus dangereux dans votre zone ? Avez-vous déjà enregistré des accidents graves, depuis votre prise de service ?

Commissaire Mohamed Lamine Cissé : permettez-moi de commencer par la seconde question : depuis notre prise de service, nous n’avons pas enregistré d’accident grave. Nous ferons tout notre possible pour que cela ne se produise pas. En général, c’est l’excès de vitesse qui est facteur de gravité dans les accidents. Or, dans notre zone, hormis la route Leprince où nous exerçons un contrôle entre les rails de Rusal à Wanindara et ceux de la même société à Cosa, il n’y a pas d’endroit où l’on peut pratiquer une vitesse excessive. La circulation est souvent grippée et cela réduit l’allure des véhicules. Il y a cependant les transversales qui sont assez dangereuses, surtout la T5 à son aboutissement au carrefour Kobaya sur la corniche nord. Nous y veillons par une interdiction de la circulation des gros camions et un contrôle de la vitesse de tous les véhicules qui descendent par là.

Maintenant, s’agissant des endroits dangereux, je vous dirais que partout sur le réseau routier, il y a potentiellement un danger qui guette les usagers, s’ils ne conduisent pas correctement leur engin. Même sur terrain plat, chaussée rectiligne et visibilité parfaite, vous pouvez avoir un danger.

Nous avons des endroits où les risques sont plus marqués. C’est le cas de tous les carrefours dans notre zone : de celui appelé ‘’ambiance’’ à Fosssidè, en passant par les carrefours KPC, Lambanyi, Kobaya et le pont du même nom, pour ne citer que les principaux.

Plus haut, sur la route Leprince, nous citerons les carrefours Enco5 et T5, les rails de Cosa, de Simanbosiya et de Wanindara (Rusal) dont les passages à niveau sont très dégradés, rendant leur franchissement dangereux pour les usagers.

Guineenews : c’est dire que vous avez, comme on le dit couramment, du pain sur la planche, pour ne pas dire, fort à faire. Comment comptez-vous relever tous ces défis et justifier pleinement le bien-fondé de la création de votre commissariat ?

Commissaire Mohamed Lamine Cissé : nous pouvons vous rassurer que nous triompherons de toutes ces difficultés qui se posent à nous. D’abord, c’est un serment que nous avons prêté devant nos autorités à l’inauguration de notre commissariat, ensuite c’est un devoir, une mission régalienne qui nous l’impose, au service de nos populations. Nous sommes optimistes par notre engagement que tout l’effectif placé sous notre autorité partage avec nous, mais aussi par l’accompagnement et l’encouragement des citoyens et responsables à tous les niveaux de notre zone de compétence. Nous avons déjà initié des contacts avec tous les partenaires potentiels, tant au niveau des quartiers de notre commune, qu’à celui des syndicats et de l’union des transporteurs routiers et associations ou ONG dont les activités recoupent les nôtres.

Nous l’avons déjà dit plus haut, beaucoup de personnes sont venues découvrir notre commissariat, nous promettre tout l’appui nécessaire et nous souhaiter des victoires contre tous les maux de la circulation. Nous saisissons cette opportunité pour les remercier et leur promettre que nous ferons tout pour réussir avec leur appui et surtout celui constant et vigilant de nos autorités.

Guineenews : je vous remercie commissaire

Commissaire Mohamed Lamine Cissé : c’est moi qui vous remercie pour le soutien inestimable que votre site Guineenews.org nous apporte en nous offrant une tribune aussi porteuse que celle-ci, à destination des nombreux usagers de la route qui sont aussi vos lecteurs, ici en Guinée et ailleurs.

Propos recueillis par Diao Diallo pour Guineenews.

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