Secteur Bancaire: l’ABP et la FESABAG pour une année moins perturbée

0

En ce début d’année, les ambitions de l’Association Professionnelle des Etablissements de Crédit en Guinée (APB) et la Fédération syndicale des banques, assurances et micro-finance de Guinée (FESABAG) sont nobles. L’instance patronale et la fédération syndicale du secteur bancaire guinéen s’engage en effet pour une année plus sereine dans la corporation. Le tout dans le respect du droit des employés à exiger des meilleures conditions de travail. De fait, c’est dans l’approche que les uns et les autres entendent travailler. Dorénavant, il ne s’agira plus de laisser pourrir les situations au point de mettre les clients des banques devant le fait accompli. Tout au contraire, promesse est faite de se servir de l’anticipation et de la prévention comme leviers principaux pour éviter les crises ouvertes. Ces différents engagements ont du reste été pris le vendredi dernier à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an de la FESABAG à l’APB. C’était au siège de cette dernière, sis à Teminetaye, dans la commune de Kaloum.

A l’occasion, Abdoulaye Sow, le secrétaire général de la FESABAG, faisant le bilan de 2017, a rappeléque cette dernière a été émaillée de « quelques écueils ». Toute chose qu’on devrait, selon lui, éviter en cette nouvelle année. A propos, il a d’ailleurs, au nom de ses camarades et de tous les employés du secteur bancaire, formulé le vœu que « l’année 2018 puisse corriger toutes les défaillances des années précédentes ». Et pour qu’un tel vœu puisse être exaucé, il ne voit qu’une seule solution : que l’APB et la FESABAG puissent travailler en « partenaires ». Ceci étant, le secrétaire général de la FESABAG ne se fait guère d’illusion. Il a notamment conscience que des échanges houleux pourraient encore avoir lieu autour de la nécessaire amélioration des conditions de vie et de travail des employés de banques. Mais l’important à ses yeux, ce serait que toutes les parties puissent « privilégier le dialogue ». D’autant que l’amélioration des conditions de vie des employés est de nature à booster la productivité et la rentabilité des institutions bancaires. En tout état de cause, sans renoncer au droit de grève, il promet de faire en sorte que « les fermetures de banque se fassent le moins fréquemment possible, parce que justifie-t-il, nos institutions sont très sensibles et que nous sommes (en tant que banques) des acteurs importants de l’économie du pays ». Mais même quand il s’agira pour la FESABAG d’exercer son droit d’aller en grève, elle promet d’y aller avec responsabilité.

En face, l’APB fait part des mêmes dispositions. Ainsi, le Président Guy Laurent Fondjo, dans son message-réponse, a salué la démarche de renouvellement des perceptions des rapports entre l’APB et la FESABAG. Pour sa part, il souhaite surtout une année sans grève. Pour cela, il propose que « les contradictions qui sont nécessaires s’expriment de manière intelligente, et dans nos salles de réunion et non plus dans la rue ». Par ailleurs, il souhaite que l’anticipation et le maintien d’une communication permanente entre les parties deviennent les principaux remèdes anti-crise dans les institutions bancaires. Dans cette optique justement, il invite les syndicalistes à s’inscrire dans une logique de réflexion autour des enjeux futurs. Plus concrètement, vu que l’année 2018 est couverte par une trèvesociale, il aimerait qu’on se penche déjà sur les enjeux pouvant se poser en 2019. Chez lui, c’est l’illustration de l’anticipation et du pragmatisme.