Santé: les subventions du Fonds Mondial 2018-2020 lancées à Conakry

14 février 2018 19:19:34
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La Guinée et ses partenaires restent déterminés à lutter contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme. C’est pourquoi, après des résultats probants, quatre nouvelles subventions ont été lancées ce mercredi 14 février à Conakry pour les trois prochaines années (2018-2020) pour une valeur monétaire de 106 millions 787 mille 656 dollars américains. Objectif, réduire drastiquement la prévalence de ces trois maladies, mais aussi renforcer le système de santé guinéen.

Selon Kékoura Kourouma, président de l’Instance de coordination nationale (ICN), l’accès à cette somme est lié au respect des exigences de cofinancement et l’octroi de 15% de la somme allouée  la Guinée.

« Il faut bien comprendre en traduction chiffrée que cette contribution attendue de la Guinée sur les 107 millions est estimée à 17 millions de dollars que l’Etat guinéen devra pouvoir exprimer et donner, rendre disponibles selon un agenda qui a été déjà défini par le ministre de l’Economie et des Finances dont le suivi incombe à l’ICN et au ministère de la Santé. Le montant minimum des investissements auxquels le Fonds mondial s’attend de la part de la Guinée tourne autour de 7 millions 800 mille dollars, qui sont absolument nécessaires pour que la Guinée accède à l’ensemble des fonds qui lui sont alloués », a-t-il expliqué.

Et le ministre de la Santé publique, le Dr Abdourahamane Diallo a tout de suite rassuré les partenaires que la Guinée paiera sa contrepartie: «Je voudrais rassurer le Fonds Mondial et les autres partenaires que l’Etat  guinéen poursuivra les efforts de relèvement substantiel de sa contribution à la santé et respectera également les clauses de l’accord de subvention notamment celles relatives au paiement de la contrepartie guinéenne.»

Entre autres défis auxquels il faut faire face, le président de l’ICN a parlé de la gestion des approvisionnements et des stocks des produits : «c’est ce domaine qui absorbe près de 75 à 80 %  des ressources que le Fonds Mondial met à la disposition de la Guinée. Donc, les défis sont assez clairs et récurrents. C’est la faiblesse des données d’estimation des besoins, l’identification, les ruptures de stocks et malheureusement il y a de surstocks par endroits et enfin les péremptions qui coûtent très chères à la Guinée.»

Dans son intervention, Mme Paula HACOPIAN, gestionnaire du portefeuille du Fonds Mondial pour la Guinée, a rappelé le travail qui a été effectué notamment le développement des documents normatifs afin de permettre une meilleure prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA.

 « Afin de permettre la décentralisation de la prise en charge, le nombre de centre de traitement a augmenté et le personnel formé.  Pour la prévention de la transmission mère/enfant, depuis 2012, le nombre des sites est passé de 81 à 322 en 2016.  Il reste encore un effort considérable à fournir pour avoir un impact sur la mortalité et de réduire les nouvelles infections, mais certaines bases sont établies », a-t-elle ajouté.

Plus loin, Mme HACOPIAN a soulevé certaines inquiétudes dans la campagne de lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme : « le Fonds Mondial prend en charge 80% des personnes séropositives sous traitement.  D’ici fin 2020, avec les efforts conjugués du Fonds Mondial et de l’Etat nous ne réussirons de mettre sous traitement que 2 sur 5 personnes vivant avec le VIH.  Or, sans une meilleure visibilité sur les délais, les quantités, la qualité et les produits sur les engagements de l’Etat, nous mettons à risque la continuité du traitement et la possibilité d’augmenter le pourcentage des personnes bénéficiant d’une prise en charge.  Nous sommes face aux mêmes risques pour la tuberculose où des fréquentes ruptures mettent en danger la réussite thérapeutique et favorisent le développement de la résistance.   Pour le paludisme, les gaps en moustiquaires pour la campagne de distribution de masse des MILDAS programmée pour 2019, met en péril le maintien des acquis enregistrés et leur amélioration. »

C’est le Premier ministre Mamady Youla qui devait présider cette cérémonie de lancement des subventions du Fonds Mondial. Mais il s’est fait remplacer par Oyé Guilavogui, ministre d’Etat, ministre en charge des Transports. Prenant la parole, M. Guilavogui a jugé utile de rappeler les différentes subventions que la Guinée a mises en place : « Il faut rappeler que la Guinée a mis en œuvre, depuis 2003, 14 subventions d’un montant total de 198 millions de dollars US. Ces subventions ont contribué non seulement à faire reculer les trois maladies mais également à aider le renforcement de manière significative de notre système de santé. »

Plus loin, il a fait savoir que « les quatre nouvelles subventions viennent donc renforcer les acquis et améliorer la qualité des services fournis dans le domaine de la santé en Guinée. »