Rond point T5: un accident évité de justesse, mais qui relance la question sur le choix des lieux d’implantation des stations

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Cet accident survenu en haute banlieue nous interpelle, moins pour les conséquences qui en ont résulté que pour son caractère singulier.

Nous sommes au rond point de la transversale T5, au quartier Wanindara 2, secteur T5. Un minibus de transport en commun, circulant en direction de Sonfonia avec des passagers à bord, manque le virage et se renverse dans le caniveau situé en face. On note des blessés et des dégâts matériels.

S’il n’y avait que ça, nous serions dans ce qu’il y a de plus ordinaire à dire ou à écrire. Mais, il y a bien plus. Sans verser dans le catastrophisme, cet accident aurait pu être d’une extrême gravité. Pour peu que le véhicule poursuive son élan, sans le caniveau et les blocs de béton qui l’ont freiné, il aurait terminé sa course en plein milieu de la station-service située sur sa trajectoire et à 2m du rond point.

Les conséquences auraient pu être dramatiques, c’est le moins qu’on puisse dire. Bien plus que les dégâts matériels qui en auraient résulté, un incendie pouvait se déclarer.

Cela tient d’une explication scientifiquement vérifiée que les responsables des sociétés pétrolières proposent régulièrement à tous les acteurs de leur secteur, surtout les chauffeurs de camions citerne, à travers des modules de formation dispensés par des experts certifiés.

On y traite de la manipulation des produits pétroliers, de la conduite défensive, du feu et de ses facteurs déclenchant.

Dès qu’un combustible (en l’occurrence les vapeurs d’essence ou de gasoil), entre en contact avec un comburant (l’air) et une source d’énergie (une étincelle, une flamme nue ou un point chaud), il y a le feu. Cela est largement prouvé.

Pour ce cas précis, ce que les spécialistes désignent sous le vocable de triangle du feu aurait été complet. Les étincelles résultant du choc du minibus contre les installations, se mélangent à l’air ambiant(le comburant), aux points chauds du véhicule (moteur, échappement, tambours) et aux vapeurs d’hydrocarbures, nécessairement présentes sur les lieux, quoique invisibles à l’œil nu.

Si le minibus avait donc heurté les pompes de carburant, l’impact aurait pu engendrer un départ de feu immédiat, aux conséquences catastrophiques. C’est la bombe assurée ! Une probabilité qu’on n’ose même pas imaginer un seul instant, vu l’étendue du péril.  Toutefois, il est à admettre que cela est du domaine du possible.

En pareille situation, l’urgence est à son niveau le plus élevé. Le premier et seul palliatif pour circonscrire le danger et éviter l’intervention des sapeurs pompiers, reste l’utilisation rapide et efficace d’extincteurs appropriés et tous autres moyens conventionnels à disposition, prévus dans les règles et procédures en la matière. Ce qui n’est pas très évident avec l’effet de panique que l’accident va  immanquablement générer. Nous sommes en zone urbaine à forte densité de population.

Le second aspect à prendre en compte dans l’analyse de cet accident porte sur la topographie des lieux. Des blocs de béton, probablement armés, maçonnés en bordure du caniveau servent de remparts pour barrer la route à tout véhicule « fou » qui «décide»  de foncer sur la station.

Ces ouvrages sont certes utiles dans certaines circonstances sécuritaires précises, dira-t-on, mais lorsqu’ils sont construits dans un environnement de circulation routière ‘‘ordinaire’’, leur rigidité en fait aussi des obstacles fixes très dangereux. Ils ne se déforment pas sous l’effet des chocs, n’en absorbent pas l’énergie pour atténuer l’impact et entrainent donc, sur tout véhicule qui s’y heurte, des dégâts considérables, tant humains que matériels.

Une des lois de la physique s’appliquant à l’automobile indique que l’impact est égal au carré de la vitesse. Il est dit également qu’un véhicule ne s’arrête pile que contre un obstacle fixe.

Tout ceci explique les inconvénients majeurs qui s’attachent à la réalisation n’importe où et pour n’importe quelle raison, de tels types de garde-fou qui ne sont pas conçus  pour «caresser » les véhicules et leurs occupants qui s’y frottent. Loin de là, et que l’on  ne s’y trompe surtout pas !

En attendant, le commissariat spécial de la sécurité routière de Sonfonia en charge du dossier indique que le chauffeur du minibus n’a pas attendu le service constat. Il a disparu aussitôt après l’accident  et reste introuvable jusqu’à ce jour.

Les commandants Amadou Diallo et Sékou 2 Touré, respectivement commissaire spécial et commissaire adjoint que nous avons rencontrés au même moment affirment que la courbe du rond point dans le sens Wanindara-Sonfonia présente une déclivité qui mène directement sur la station, à 2m de là. De même, ils soulignent leur vive préoccupation face à la construction de stations service en des endroits inappropriés pour la sécurité routière.

A quelles conséquences serons-nous confrontés dans l’éventualité d’un dérapage de camion à ce niveau, que les garde-fous ne retiendraient pas ?  Cette question hante l’esprit de tous les observateurs avertis. La police routière   explique avoir informé très tôt des risques liés à l’implantation de cette station à ce niveau. D’autres stations en construction ou déjà fonctionnelles sont dans le même cas de figure, dans la capitale et ailleurs. Un dossier à suivre qui touche à la sécurité publique.

 Ainsi, des questions pressantes se trouvent posées auxquelles il faut des réponses : c’est pour quand l’entretien et le contrôle technique des véhicules, la formation adéquate des chauffeurs de transport en commun pour une professionnalisation aboutie de la corporation, le respect de la limitation de vitesse en agglomération, le choix judicieux des lieux d’implantation des stations service… ?

Toutes ces interrogations interpellent chacun de nous et surtout les autorités concernées, à qui il revient d’apporter de toute urgence, les bonnes réponses à travers de bonnes décisions.