Rocambolesque histoire d’un véhicule volé et restitué: cette exemplarité de la gendarmerie routière qui doit inspirer

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Dame hadja Maïmouna Kanté ne pouvait rêver de meilleur cadeau de nouvel an que celui que vient de lui faire le commandement de la gendarmerie routière.

Elle qui avait fini par se résigner, après plus d’un mois de recherches vaines et infructueuses pour retrouver son véhicule volé, a eu la chance de le récupérer des mains du chef d’escadron Michel Koly Sovogui.

Cette restitution a eu lieu à Cochery, au siège du Commandement de la Gendarmerie Routière, situé au PK 44 de Conakry, dans la sous-préfecture de Manéah.

Une cérémonie simple, empreinte de symbole et de grande émotion qui a réuni autour du Commandant, son adjoint, le chef d’escadron Djimè Chérif Haidara, les officiers et sous-officiers de service et l’heureuse propriétaire qui ne tarit pas d’éloges à l’endroit des gendarmes.

«Je remercie le Bon Dieu pour cette belle surprise qu’il me fait en me rendant mon véhicule. Je remercie aussi du fond du cœur et profondément, les gendarmes qui l’ont retrouvé pour me le restituer sans condition, ni difficulté aucune. Je les bénis pour que Dieu les protège et les récompense. Ils ont été vigilants et surtout honnêtes. Cela prouve qu’ils sont là pour défendre le bon droit, la vérité et la  justice», a-t-elle déclaré. 

Devant une telle effusion de joie, le commandant du Commandement de la Gendarmerie Routière a signifié à son interlocutrice tout le plaisir qu’il a ressenti face à cette manifestation de gratitude à l’endroit de son personnel.

Il dira que ce résultat obtenu s’inscrit en droite ligne dans la mission traditionnelle de la gendarmerie qui consiste à lutter contre toutes les formes de délinquance et de crimes et faire triompher partout,  la vérité et la justice. «Le vol est un mal qui doit être combattu sans relâche. Nos hommes en font une de leurs priorités et cette cérémonie qui nous réunit aujourd’hui est une preuve éloquente qu’ils accomplissent pleinement leur mission sur le terrain.»

Le chef d’escadron Michel Koly Sovogui en profitera pour adresser ses vives félicitations et ses encouragements aux éléments du poste de contrôle de Koba, commandé par le chef d’escadron Mariama Kourouma, pour avoir retrouvé ce véhicule volé. Il invitera toutes les autres unités de gendarmerie routière à suivre cet exemple. Il leur dira à tous de rester toujours vigilants et insensibles à la corruption et à toutes formes de pression ou de trafic d’influence.

Pour terminer, il rappellera avec force que «la loi doit toujours passer avant tout et triompher de tout. C’est une règle de conduite fondamentale que doivent adopter tous les gendarmes de la routière, comme nous le recommande fermement le Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale, Directeur de la Justice Militaire. » 

Ce qu’on pourrait qualifier d’odyssée de ce véhicule volé, retrouvé, puis restitué, commence le 07 novembre dernier.

C’est ce jour là que madame hadja Maïmouna Kanté le réceptionne au port autonome de Conakry.

Il s’agit d’un minibus Mercédès MD 100, de couleur verte que lui envoie son fils, installé à l’extérieur. Elle le conduit à son domicile, sis à ENTA, en attendant d’effectuer les formalités administratives pour l’immatriculation.

Deux semaines après, elle se ravise et décide de le faire réparer d’abord avant d’entreprendre les démarches administratives. Quelques dommages subis pendant le transport, ont attiré son attention, notamment la carrosserie et le pare choc qui sont légèrement abimés.

Son tôlier, maître Fodé, installé à Tombolia-Tassana vient chercher le véhicule un dimanche avec promesse de le ramener le jeudi suivant. Quelle stupeur!  Dans la nuit du mercredi, à quelques heures de l’échéance,  le véhicule est volé chez le tôlier.

L’étonnement est de taille, la douleur aussi.

Hadja Maïmouna vit des moments difficiles. Elle alerte tout le monde, dépose plainte, consulte, informe à gauche et à droite.

Son tôlier est interpellé et gardé à vue quelques jours. Les enquêtes sont ouvertes et restent difficiles, le véhicule n’étant pas immatriculé !

Aucune piste ne se dessine…jusqu’au 16 décembre 2017, au poste de contrôle de la gendarmerie routière de Koba sur la nationale n0 1, Kindia-Mamou.

Là, à 10h15, arrive un minibus Mercédès M D 100, de couleur verte. Il est immatriculé RC 7952 AL (fond rouge). C’est un faux numéro !

Au volant, un jeune conducteur portant une tenue de mécanicien de couleur noire. Il s’arrête à la sommation des agents.

Un dialogue s’engage entre eux, que nous allons condenser.

-Bonjour monsieur, les papiers s’il vous plait !

-Je n’ai pas de papiers, je suis simple mécanicien.

-Simple mécanicien et sans papiers et vous voilà, roulant si loin de la ville !

-J’effectue un essai.

-Quel essai, l’essai de quoi ?

-J’essaie ce véhicule pour savoir s’il est bien réparé

-Donc, quand un mécanicien essaie la réparation d’un véhicule, il le fait sans papiers. Permis, carte grise, assurance et tout le reste…vous n’avez rien de tout ça ?

……………. (silence du conducteur se disant mécanicien).

-Je répète encore une fois, montrez-moi votre permis et les documents du véhicule ?

……………. (Nouveau silence)

Sentant que les agents ne sont pas prêts à lui concéder le passage sans vérification préalable, il entreprend de plaider:

-Chef, permettez-moi d’aller chercher les papiers chez le propriétaire du véhicule en ville.

Les agents de rétorquer :

-En tout cas, ce véhicule ne bougera plus d’ici sans les documents et quant à vous, sans permis, vous ne pouvez plus conduire. Donnez les clés et descendez !

C’est sur ces entrefaites que le pseudo mécanicien-conducteur disparait. Pour ne plus revenir !

Le véhicule qui n’était pas sur un avis de recherche est resté immobilisé un certain temps au poste de contrôle.

Les agents, consciencieux, n’ayant vu ni mécanicien, ni propriétaire, ont pris la bonne décision de rendre compte à leur hiérarchie. On connait la suite !

Dans ce dossier à conclusion heureuse, l’exemplarité des gendarmes est à souligner. Ils ont fait preuve de  discipline, de bonne moralité et de conscience professionnelle. Sans ces acquis fondamentaux, l’issue aurait été différente.

Il y a lieu d’inviter chacun à la vigilance contre le vol et s’il a lieu, à en faire la déclaration sans délai auprès des services de sécurité routière de la zone.

Au-delà, il convient de rappeler que l’immatriculation correcte d’un véhicule offre plus de chance de le retrouver facilement en cas de vol.