Revue de presse : Procès sur l’assassinat de Mme Boiro,100 jours de Bantama, visite de l’Emir du Qatar…

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Au compte de ce dernier numéro de la revue de la presse de l’an 2017, voici les nouvelles qui ont marqué la semaine écoulée. Le procès sur l’assassinat de Mme Boiro, les 100 jours de Bantama Sow à la tête du ministère des Sports et de la Culture, le bilan de RSF, la visite de l’Emir de Qatar à Conakry et les échos des élections communales. Bonne lecture !

‘’Meurtre de Aïssatou Boiro et Paul Cole : coup d’envoi du procès d’un réseau international de bandits’’, titre le journal La Lance à la Une. Après deux renvois dus à la grève des enseignants puis à la panne de l’unique fourgonnette qui assure le transport des prisonniers dans les différents tribunaux d’instance de Conakry, ce procès tant attendu semble désormais bien parti. Cette fois-ci, huit accusés présumés auteurs étaient à la barre, vêtus de pantalon et de chemise kaki, l’uniforme du prisonnier. Piroguiers, marchands, chauffeurs et même policiers, ces accusés forment un vaste réseau international spécialisé dans le braquage des véhicules luxueux revendus en Sierra-Léone, au Libéria et au Nigéria. Au moins trois Léonais sont dans le box des accusés, des Nigérians cités, dans la nature. A la lecture de l’acte d’accusation, il ressort que Paul Temple Cole a succombé à des coups de poignard. Aïssatou Boiro aurait été tuée de deux balles par Djibril Diallo alias Foulah Boy, alors qu’elle n’était nullement ciblée. Version qui contraste avec l’hypothèse selon laquelle l’ancienne directrice du Trésor public et de la comptabilité aurait été assassinée pour l’empêcher de découvrir les auteurs du détournement des 13 milliards de francs guinéens qui avait tant défrayé la chronique quelques jours auparavant. Le procès devrait permettre de connaitre la vérité. Même si Mohamed Sankhon, le premier à comparaitre nie en bloc les faits. Il dit avoir perdu conscience à la suite d’un accident de circulation à Sonfonia.

Reporters Sans Frontières (RSF) a publié son bilan annuel des exactions commises contre les journalistes dans le monde. En 2017, 65 journalistes ont été tués, 326 sont actuellement en détention et 54 sont retenus comme otages. Le bilan RSF 2017 établit que 65 d’entre eux ont été tués, soit dans l’exercice de leurs fonctions, victimes par exemple d’un bombardement, soit assassinés parce que leurs enquêtes dérangeaient. Les reporters assassinés représentent d’ailleurs la part la plus importante de ces statistiques, soit 60 pour cent. Ces chiffres restent alarmants. L’année 2017 est néanmoins la moins meurtrière pour les journalistes professionnels (50) depuis 14 ans. Depuis 2012, la baisse est même constante. « Les journalistes d’investigation qui travaillent sur de grands sujets tels que la corruption ou les scandales environnementaux jouent un rôle fondamental de contre-pouvoir et sont en cela lâchement assassinés par ceux que ces enquêtes dérangent », déplore Christophe Deloire, Secrétaire général de RSF, dans les colonnes du journal hebdomadaire, La Lance.

‘’Journal internationale des migrants : la fête en Guinée’’, apprend-on dans le numéro 1088 du journal La Lance paru le 20 décembre 2017. Le 18 décembre au palais du peuple, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM-Guinée) a célébré la journée sous le thème : ‘’La Guinée, mon avenir’’. L’Objectif est de dissuader les jeunes à entreprendre le voyage clandestin et de leur faire comprendre qu’il est possible de réussir chez soi. Diplomates, responsables des institutions républicaines et étrangères, politiciens, entre autres, étaient présents. La cérémonie a démarré par le témoignage d’Adama Doumbouya, revenant de la Libye : « Je suis passé par le Mali, le Burkina et le Niger pour arriver en Libye. Une fois en Libye, j’ai été vendu comme esclave où j’ai travaillé dans des chantiers pendant 3 mois sans salaire. J’ai été maltraité. Finalement, j’ai réussi à m’évader. J’ai contacté l’OIM qui m’a aidé à revenir en Guinée. Je suis là il y a maintenant six mois ». Selon la cheffe de mission OIM Guinée, Mme Fatou Diallo N’Diaye, depuis début 2017, 1.800 jeunes ont été rapatriés en Guinée et 4.567 autres sont en attente en Libye et au Niger.

‘’Enseignement supérieur : les vérités du ministre’’, lit-on dans le journal satirique Le Lynx. Le 20 décembre, les cadres (en bois) du ministère de l’enseignement étaient en conclave avec des journalistes. Objectif, faire l’état des lieux des travaux prévus en 2017 et faire des prévisions pour 2018. Les acquis il y en a eu certes mais il reste encore du chemin à parcourir pour que le visage de ce département change. En 2018, plusieurs actions sont envisagées : mise en place du mode d’allocation des ressources financières, du conseil d’administration, des classes préparatoires, l’instauration des concours d’accès aux écoles d’ingénieurs et à l’ISIC de Kountia, l’harmonisation des diplômes, la bancarisation des bourses des étudiants, la sécurisation des domaines universitaires. L’autre annonce faite par le ministre, c’est le retour du service militaire pour les étudiants en fin de cycle. Pour quel but, à quel coût et par quels moyens, s’interroge Le Lynx.

Autre nouvelle, c’est la visite de l’Emir de Qatar, Cheikh Tamim Bin Hamad Al Thani à Conakry. En mauvais termes avec ses voisins du Moyen Orient, il se tourne vers l’Afrique, le continent où il n’est pas difficile de conquérir des cœurs. L’Emir était muni de projets de santé, d’éducation, de mines, d’énergie ou encore de sécurité alimentaire. La tournée s’est effectuée en Afrique de l’Ouest : Dakar-Ouaga, Abidjan, Accra, Conakry. Au Burkina, le Qatar promet 11,6 millions d’euros pour sa participation au financement d’un hôpital dédié à la lutte contre le cancer. Il y a eu la signature de quelque 7 accords et un déjeuner. Le tout premier concerne la promotion et la protection des investissements. Deux autres sur la culture et le sport. D’autres accords portent sur la jeunesse, le transport maritime et le mémorandum d’entente entre le Port autonome de Conakry et la société Mwani Qatar, qui gère le port de Qatar. Le dernier accord porte sur la sécurité alimentaire, lit-on dans les colonnes du satirique Le Lynx.

‘’Les avocats de Toumba tombent la robe’’, titre le journal Le Lynx. Le 20 décembre, le collectif d’avocats du commandant Aboubacar Toumba Diakité, présumé auteur des massacres du 28 septembre 2009, a annoncé son retrait définitif de la défense de son client. Au cours d’une conférence de presse, ils ont donné les raisons et ont profité de cette occasion pour expliquer les conditions de détention de l’ex-aide de camp du capitaine Dadis Camara. L’avocat de Toumba reprend les propos du chef de l’Etat, qui aurait dit que « beaucoup d’entre eux sont innocents ». Il a conclu que cette leçon a été bien comprise par les juges au point qu’il ne leur ait pas paru nécessaire de les entendre désormais. Et veulent mettre toutes les infractions commises sur le dos de Toumba afin de le juger et de le condamner. ‘’Nous avons alors décidé de ne pas les accompagner dans une telle démarche suicidaire, mortelle afin de nous éviter une mauvaise inscription dans l’histoire ». Plus loin, Me Kourouma parlera des conditions de détention de Toumba qui ne connait toujours pas d’amélioration. « Toumba développe une maladie, il est très souffrant en prison. Il a une fissure de la ligne abdominale. Les médecins ont conclu à une hernie blanche ».

 ‘’Communales 2018 : Sursis pour les candidats retardataires’’, annonce le satirique Le Lynx. La CENI, ce machin électoral a programmé les sélections communales pour le 4 février 2018 pour remplacer les maires périmés depuis huit ans. A la date butoir du 20 décembre, les commissions administratives de gestion des candidatures n’avaient enregistré que 25 candidatures sur toute l’étendue du territoire national. Et pour cause ! Les difficultés pour les candidats de trouver des éléments de dossiers comme l’extrait d’acte de naissance, la carte d’identité nationale, le casier judiciaire… Le prési Amadou Salif Kébé et ses collègues  commissaires ont été obligés d’accéder à la demande des politicards. Celle de proroger la date de dépôt des dossiers de candidatures. Ainsi, l’institution électorale a accordé six jours supplémentaires, soit le 26 décembre, pour permettre aux candidats de surmonter ces difficultés.

Concernant toujours les communales, l’hebdomadaire L’Indépendant nous informe que le parti au pouvoir place ses pions en Moyenne-Guinée. Le RPG-Arc-en-ciel n’entend pas rester absent du jeu dans le cadre des élections communales. Dans cette région, acquise au principal parti de l’opposition, le président Alpha Condé mise sur des opérateurs économiques et des cadres pour emporter la bataille des communales. Dans le cadre des préparatifs, la majorité présidentielle s’active sur le terrain. Elle compte briguer les 38 mairies du pays à travers des candidats issus des rangs du RPG Arc-en-ciel et des partis alliés. Dans cette bataille électorale qui s’annonce houleuse, l’intérêt de la de la mouvance présidentielle pour le Foutah saute aux yeux.

A Dixinn, toujours dans le cadre des communales, le fils de Mamadou Sylla est en piste, s’exclame le journal L’Indépendant. L’homme d’affaires aurait réussi à obtenir le soutien de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) pour la candidature de son fils, Mohamed Sylla pour briguer la mairie de Dixinn. Le parti UDG de Mamadou Sylla mise donc sur l’alliance avec le principal parti de l’opposition guinéenne, qui aurait renoncé à présenter la candidature de Halimatou Dalein Diallo, pourtant sollicitée par certains membres du parti, au profit du fils Sylla. Par ailleurs, il faut rappeler qu’une réunion a regroupé plusieurs candidats potentiels aux élections communales au niveau de la capitale, à la résidence de Mamadou Sylla, président de l’UDG plus connu sous son étiquette d’hommes d’affaires. Cette rencontre avait sans doute pour but de fédérer les énergies des candidats, dont la plupart évolue sous des bannières indépendantes, et sont jeunes.

‘’La très prestigieuse et influente organisation des anciens leaders mondiaux fait appel à Kabinet Komara’’, lit-on dans les colonnes du journal L’Indépendant. L’ancien premier ministre guinéen Kabinet Komara vient de faire l’objet d’une reconnaissance exceptionnelle par le Conseil « Inter Action Council » dans une correspondance spéciale en date du mois de novembre 2017. En effet, le prestigieux Conseil connu sous le nom de « Inter Action Council » créé depuis 1983 par le défunt Puissant Premier Ministre Japonais Takeo Fukuda pour influencer certaines grandes décisions mondiales vient de coopter M. Kabinet Komara en son sein. D’après la lettre de cooptation adressée à M. Komara, la contribution de Komara est recherchée non seulement pour l’appréciation de sujets critiques émergents mais aussi pour porter la voie de l’Organisation sur les résultats de ses travaux. Tout un nouvel honneur à la Guinée à travers le mérite reconnu à son ancien premier ministre Komara qui n’en est pas à sa première reconnaissance internationale. Pour rappel, en 2016, la respectueuse fondation « Global Fairness Initiative » (GFI), créée par le Président Bill Clinton choisira Kabinet Komara comme membre de son Conseil d’administration et deviendra le premier africain sollicité par cette fondation de référence pour sa gouvernance.

A l’occasion de ses 100 jours à la tête du ministère des Sports, Bantama Sow « J’invite l’UFDG à venir voir de quoi est-ce qu’un homme politique est capable de faire ». Sanoussy Bantama vient de fêter ses 100 jours à la tête de ce département. Il s’est livré à un exercice de bilan de ses activités. Mais ce n’est pas que : il en a profité pour lancer encore des flèches à l’UFDG, la principale formation de l’opposition. « Ce n’est pas de la démagogie. J’invite la cellule de communication du parti et toute la presse. J’invite l’UFDG à venir voir ce qu’un homme politique est capable de faire. Un homme politique ne peut pas réaliser des choses s’il ne connait pas ce que le peuple veut », défie Bantama Sow. Il promet de tout faire pour s’améliorer davantage dans son service afin de mieux faire.

Le torchon brûle entre le RPG Arc-en-ciel et ses alliés, apprend-on du journal La République. Le quota de 20 pour cent des communes que le parti au pouvoir accorde à ses alliés et les menaces du ministre des Sports et de la Culture, Bantama Sow ont ravivé une vive réaction chez certains d’entre eux. Notamment, le président du parti Guinée Pour Tous (GPT), Ibrahima Kassory Fofana également actuel ministre d’Etat à la Présidence guinéenne chargé des investissements et du partenariat public-privé a répliqué pour mettre « les choses » à leur place. Et pour ses proches, il a mis Bantama Sow dans ses petits souliers. Car, celui-ci, fort de sa proximité avec le président Alpha Condé ne cesse de menacer les alliés qui ont formé le RPG-Arc-en-ciel de plus évoluer de leurs propres ailes pour les futures élections.

Sports pour terminer. ‘’Interclubs de la CAF : les clubs guinéens fixés sur leurs adversaires’’, titre le journal La République. La confédération africaine de football (CAF) a procédé au tirage au sort du tour préliminaire de la Ligue des champions et de la coupe de la CAF. Les deux clubs qui vont représenter la Guinée sont situés sur l’adversaire. Le Horoya, le représentant guinéen en Ligue des Champions, connait désormais son adversaire pour le tour préliminaire. Le club de Matam sera opposé à l’Association sportive des forces armées du Niger (ASFAN). En cas de qualification, le Horoya tombera sur le vainqueur de la rencontre qui met aux prises Génération Foot du Sénégal aux Egyptiens de Misr Makassa. Vainqueur de la Coupe nationale, le Hafia fera son retour sur l’échiquier continental face à un club du Bénin où la saison est en cours et se trouve à l’étape des Play-Off qui prendront fin le 24 décembre prochain.

Et la bonne nouvelle, un arbitre guinéen prendra part à la compétition, apprend-on dans le journal La République. La CAF a publié la liste des arbitres retenus qui officieront lors des rencontres de la CHAN 2018, cette compétition réservée aux joueurs évoluant dans les championnats locaux. Parmi les 21 hommes en noir et 18 assistants sélectionnés, on retrouve un seul guinéen. Il s’agit de Sidiki Sidibé qui a été choisi par l’instance dirigeante du football africain. L’équipe nationale locale de Guinée ne sera pas donc le seul représentant guinéen au Royaume chérifien. L’arbitrage local sera aussi au rendez-vous de cette échéance continentale.

C’est ainsi que l’on se quitte au compte de cette année 2017. Rendez-vous en 2018 et on vous souhaite un nouvel an chers lecteurs !