Revue de presse: grève des enseignants, traite des migrants en Libye, procès des présumés assassins de Mme Boiro

05 décembre 2017 14:14:52
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Sans surprise, l’actualité est dominée depuis la semaine écoulée par la grève des enseignants, diversement commentée par les journaux de la place, ainsi que la question de l’esclavage des noirs en Libye et la comparution, au Tribunal de Dixinn, des présumés auteurs du double assassinat perpétré en 2012 au quartier Kipé, qui avait coûté la vie à la Directrice nationale du trésor public et un ingénieur informaticien à Eti-SA alors qu’ils rentraient du boulot.

 « Grève des enseignants : Le plan du ministre K2 contrecarré », titre « Le Lynx » qui compare le cas zimbabwéen à celui de la Guinée. «A Harare comme à Cona-cris, tout semble se dérouler à l’envers. Ou rouler sur la tête. Le Prési zimbabwéen Robert Mugabête, 93 ans limoge son vice-président Emmerson Mnangagwa, le 6 novembre. Histoire de baliser le boulevard de la succession au trône à sa seconde épouse, Grâce. Sans douter une seconde que « premier gaou n’est pas gaou… Mnangagwa », pour paraphraser nos voisins Y-voi-rien. Deux semaines plus tard, le 21 novembre, celui qui a limogé cède le fauteuil à celui qu’il a limogé. Une démission « volontaire », assure-t-il, après 37 ans de pouvoir, rédigée dans une résidence surveillée, pendant qu’une procédure de destitution était en examen avancé devant l’assemblée. Qu’importe ? Le résultat est identique : Le chasseur a été chasseur par sa proie à la façon beau Blaise Comparé. C’est-à-dire avant la fin de son mandat », insinue le journal satirique.

S’agissant du cas guinéen, « Le Lynx » mentionne que le deuxième paradoxe a été servi à Cona-cris. Par un « groupuscule » de syndicaleux suspendu par leur hiérarchie, pour avoir eu l’audace de déclencher « illégalement » une grève doublement qualifiée de sauvage depuis Paris par le Prési Grimpeur et gou-bernement Youyou, au bled. Le mot d’ordre qui a tant paralysé la capitale pendant près de deux semaines a été lancé par un fugitif activement recherché : Aboubacar sous-mât, deuxième Secrétaire adjoint du SLECG (Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée). Alors que les nombreux appels des responsables du SLECG, légitimes, légalistes, libres de leurs mouvements, aidés du gouvernement, ont du mal à faire écho ».

«Le bras de fer se poursuit avec le gouvernement », titre de son côté « Le Démocrate ». Cet autre hebdomadaire explique que « La grève déclenchée le lundi 13 novembre 2017 par certains acteurs syndicaux du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), se poursuit ». Une grève qui, souligne notre confrère, continue de perturber les cours dans les écoles. « Lors de l’assemblée générale du RPG/AEC le samedi 25 novembre 2017, Alpha Condé s’est insurgé contre les grévistes qu’il qualifie de dissidents, rappelle « Le Démocrate ». Cependant, souligne le journal, ces derniers maintiennent leur mot d’ordre de grève, tant que, leur plate-forme de revendication n’est pas examinée par le gouvernement.

« Le Diplomate » se demande plutôt si le SLECG n’est pas un syndicat en crise de leadership : « SLECG : un syndicat en crise de leadership ?, s’interroge le journal. Pour « Le Diplomate », la division qui caractérise le SLECG après la grève déclenchée par certains de ses membres est « une situation inédite et incompréhensible qui ouvre la voie à l’incertitude et à des questionnements sur le fonctionnement –sinon aux dysfonctionnements- que connaît ce syndicat ».

Notre confrère se demande comment un seul individu de surcroît, un homme déjà sous sanction et interdit de prendre de décision au nom de la structure de base ait réussi à déclencher un mouvement de grève de cette envergure. « Pourquoi cet homme a été entendu ? Pourquoi l’appel de l’écrasante majorité du bureau exécutif a été ignoré par le corps enseignant ? Ce, en dépit des multiples rappels à l’ordre », s’interroge « Le Démocrate ». Et d’indiquer : « Autant de question qui sont posées et qui amènent certaines langues à conclure que le SLECG est dans une mauvaise impasse. Et de là à souligner que les leaders actuels manquent d’autorité et ont perdu toute confiance de leur base. Par contre, d’autres pensent que le sieur Aboubacar Soumah doit subir la rigueur du règlement intérieur du SLECG et des lois de la République.

« Le Populaire » sort du cadre pour s’intéresser d’un dossier de l’investissement chinois en Guinée. « Administration guinéenne et investissement étranger : Les Chinois en terre hostile ? », c’est le titre à la grande Une du journal.

« Le Chinois Liu Xiandong et d’autres compatriotes actionnaires dans le Grand hôtel de Conakry, rançonnés sans cesse par l’ogre ‘’parigot’’ Elhadj  Lansana Chérif Haïdara, n’en pouvaient plus. Finalement, ils ont préféré quitter la Guinée, il y a deux ans, pour échapper à la voracité de leur chef de tutelle », révèle le journal. « Le Populaire » revient largement sur cette affaire avant de conclure : « Les sociétés de jeux fournissent d’importantes recettes budgétaires à l’État. Elles doivent être certes régulées mais également protégées. Ni complaisance ni abus, c’est la position que doit avoir la Lonagui envers elles.

Se pose ainsi la question du choix de l’homme qu’il faut à la tête de cette entreprise. En tout état de cause, le directeur général actuel n’a pas encore montré ses aptitudes à bien assumer la fonction. Bien au contraire ».

L’autre actualité traitée par « Le Diplomate », c’est  la marche des citoyens guinéens, à Conakry, contre  l’esclavagisme et la vente des migrants noirs en Libye.  Le journal relate la marche des milliers de personnes dont des acteurs de la société civile guinéenne et des députés de l’Assemblée nationale pour protester contre la traite inhumaine et l’esclavagisme des noirs en Libye. « Cette marche de protestation a commencé devant le ministère des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger jusqu’au siège de l’Union Africaine soit une distance de 500 mètres. La foule a scandé des slogans hostiles aux autorités libyennes en disant : « l’esclavage non », « rendez-nous nos frères, ils ne sont pas à vendre », « la dignité humaine est sacrée », indique notre confrère. Ajoutant qu’à travers cette marche pacifique, les manifestants ont voulu interpeller les autorités guinéennes pour faciliter le retour rapide de leurs compatriotes bloqués en Libye alors qu’ils cherchaient simplement à rejoindre l’Europe ».

« Le Lynx » annonce le procès, au Tribunal de Dixinn, des présumés assassins de Madame Aissatou Boiro, directrice nationale du Trésor public et d’un ingénieur informaticien de ETi-SA en novembre 2012.

 « Double assassinat de Madame Boiro et Paul Cole : Un procès très ouvert ! », titre le journal satirique. « Le 9 novembre 2012, un double assassinat perpétré à Kipé (Ratoma) a coûté la vie à la directrice nationale du Trésor public, Aissatou Boiro, et à Paul Temple Cole, ingénieur informaticien à ETI-SA, alors qu’ils rentraient (séparément) du boulot. Cinq ans après, 13 accusés ont été renvoyés, lundi 20 novembre, à la barre de la Chambre criminelle du Tribunal de Dixinn pour y être jugés », précise « Le Lynx ». Et d’ajouter que l’audience aussitôt ouverte, a été renvoyée au 11 décembre.

 Pour justifier ce report, « Le Lynx » fait allusion aux propos de Sidy Souleymane N’Diaye, procureur de la République : « A Conakry, rudement secouée par la grève des enseignants, convoyer tout ce beau monde (de la Maison centrale vers le Tribunal de Dixinn) qui compte parmi les plus dangereux de la Guinée » était un risque (d’évasion) à ne pas prendre ».

A la semaine prochaine !