Revue de presse: fête de l’indépendance à Kankan, condamnation de Thianguel, délestages, décès de Papa Camara…

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La célébration de la fête d’Indépendance à Kankan, la condamnation de Thiâ’ngüel de l’UFDG, des précisions sur les délestages de courant électrique, le bilan des départements, hommage rendu à Tierno Monénembo et la disparition du grand footballeur de son temps, Papa Camara. Lisez plutôt !

‘’An 59 de l’Indépendance à Kankan : Attaques et promesses du Prési Grimpeur’’, titre le journal satirique Le Lynx. Le 13 janvier, ont eu lieu, au stade M’Balou Mady Diakité de Kankan, les festivités de l’an 59 de l’indépendance de la Guinée. Les cadres (en bois) de l’administration, les militants du RPG Arc-en-ciel, les ministres, le Sid Touré de Haut représentant du chef de l’Etat, ont participé à l’événement. Après les éloges et autres flatteries pour les réalisations faites à Kankan, le prési Alpha Grimpeur a pris la parole pour cogner ses adversaires politiques et faire de nouvelles promesses, comme il en est friand. Dans sa logique de discréditer ses adversaires politiques actuels qui ont géré le pays, le Grimpeur a enchaîné des exemples pour, selon lui, illustrer la mauvaise gouvernance de l’époque Conté. « Après l’Ethiopie, la Guinée a été le premier pays au sud du Sahara à avoir une compagnie aérienne avec des commandants de bord guinéens. Où est passé Air Guinée aujourd’hui ? Il a disparu pas par l’effet de Dieu mais par l’effet des cadres qui n’aiment pas le pays, qui ont préféré bazarder le pays. La colonisation française a fait des chemins de fer Abidjan-Ouagadougou, Dakar-Bamako, Pointe Noire-Brazzaville, ces chemins de fer marchent, mais où est passé le chemin de fer de Conakry-Kankan ? »

Plus loin, le journal Le Lynx s’exclame ‘’Et c’est parti pour le bal des promesses’’. « Pendant la période coloniale, la Guinée était citée comme le bijou des colonies françaises. Parce que la Guinée était à la fois un scandale géologique et agricole. Le président Houphouët disait qu’il aurait préféré être président de la Guinée qu’être président de la Guinée que celui de la Côte d’Ivoire. Ce que je suis venus vous dire, c’est que ce qui était destiné à la Guinée par les colons français, c’est cet avenir que nous voulons donner à la Guinée. Que la Guinée devienne le pays le plus développé des anciennes colonies françaises ». Selon le prési Grimpeur, la Guinée détient plus de la moitié de la réserve de bauxite mondiale, en 2010, elle n’a produit que 13.000 tonnes, soit 7 pour cent du marché international. « Aujourd’hui, nous sommes en train de devenir le premier producteur de bauxite au monde. Mais il ne suffit pas de produire de la bauxite, il faut transformer une partie en alumine. C’est ce qui va renforcer le revenu de la Guinée. La bauxite, le fer, le diamant et les autres métaux précieux vont nous permettre d’avoir des capitaux pour faire des routes, des chemins de fer, des ports, etc. » Le Grimpeur avoue quand-même que la Guinée manque de route et cela en 7 ans de gouvernance… Grâce à l’accord stratégique que nous avons signé avec la Chine et la coopération avec la Banque africaine de développement et l’Union Européenne, ces routes aussi seront réalisées.

‘’Djènè Condé, première au rang prototo-colère’’, ironise Le Lynx. Tout de blanc vêtu comme au temps de la révolution, le prési Alpha Grimpeur a commencé son laïus en plaçant sa douce moitié, Hadja Djènè Condé, première au rang protocolaire, avant de citer les autres du Premier ministre aux sous-préfets, sans oublier naturellement son Haut représentant. « Madame la première dame », a-t-il entamé.

‘’Condamnation de Thiâ’nguël : Un os dans la gorge de dame Thémis’’, lit-on dans les colonnes de l’hebdo Le Lynx. Les robins guinéens ne remercieront jamais assez notre législateur qui les a suffisamment entourés de garde-fous. Au point qu’on ne saurait commenter (en mal) leurs décisions. Pour ne pas dire les critiquer. Sauf dans les amphis, à titre pédagogique. La décision du Tribunal de Dixinn du 9 janvier condamnant à la réclusion criminelle à perpétuité un certain Thiâ’ngüel que la justice n’a pas réussi à véritablement identifier, deux ans après la mort par balle du journaliste Mohamed Koula Diallo (marque du sérieux qui a caractérisé la procédure), aura du mal à jouir de cette garantie légale. Même le Pro-crieur de la République a dû sursauter sur son siège quand le jugement est tombé, tel un couperet. Il n’avait pas manqué de souligner sa difficulté « à requérir la condamnation de Thiâ’nguël, faute de connaitre la vraie identité de la personne. Et dire que c’est lui l’empereur des poursuites » ! Quoique le juge ne soit pas lié par ses réquisitions.

« Thierno Monénembo, le prince de la plume », écrit Le Lynx. Le 12 janvier, l’écrivain Monénembo a reçu des honneurs à la hauteur des distinctions accumulées çà et là. Mieux vaut tard que jamais. Eh oui ! « Ma présence ici m’honore et me réjouit. Elle m’honore parce qu’enfin je suis reconnu par les miens. Ceux avec lesquels, je partage tout : la patrie et le sang, les horreurs du passé et les belles promesses de l’avenir ». Tierno Monenembo comme on le connait, a tenu ces propos dans la salle des cérémonies du ministère des Affaires étrangères, à l’occasion de la journée organisée sur lui et ses œuvres dans le cadre de Conakry Capitale Mondiale du Livre. Une façon de lui rendre les honneurs qu’il mérite.

L’hebdomadaire L’Indépendant nous parle des coupures intempestives du courant à Conakry. ‘’Cheick Taliby Sylla sur la défensive’’, lit-on. Le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique est sorti de son mutisme pour expliquer les raisons. Lundi 8 janvier 2018, à l’occasion d’une conférence de presse, Cheick Taliby Sylla a pointé du doigt la cause principale de ce déficit en énergie. Lancé en toute pompe en 2015, le barrage Kaléta ne peut plus satisfaire les besoins en courant des populations de la capitale dont la demande devient de plus en plus forte. Aujourd’hui, seule une des trois tribunes fonctionne. C’est pourquoi, le ministre a pris le devant pour expliquer aux Guinéens les raisons du délestage électrique. « Nous sommes en période d’étiage. Le niveau d’eau a fortement baissé à Kaléta… Pendant la saison sèche, Kaléta ne peut donner que 33 MWTT. Nous avons réfléchi et nous avons fait une simulation. Garafiri a une retenue d’eau, Kaléta n’en a pas ». Et de répondre aux détracteurs : « ceux qui disent que Kaléta est calé, c’est archi faux. Ce barrage a été réalisé conformément aux normes standards de construction de barrage ». Le hic dans son intervention est qu’il n’a pas dit à quand la fin de ces délestages, écrit le journal.

Le journal L’Indépendant nous informe que le reggaeman, Elie Kamano a renoncé à briguer la mairie de Matoto au compte des élections locales prévues pour le 4 février prochain. Mais ce retrait ne signifie pas abandon complet. L’artiste a plutôt apporté son soutien au Mouvement Républicain (MR), dirigé par Alpha Oumar Taran Diallo. L’acte a été officialisé ce dimanche 7 janvier au quartier général dudit mouvement, sis à la cité Sangoyah, dans la commune de Matoto. Selon l’artiste, son soutien au MR n’est nullement le renoncement à ses ambitions personnelles. Il a plutôt privilégié les valeurs avec en toile de fond, le changement de la gouvernance dans la commune qui l’a vu grandir. Il n’exclut pas non plus son avenir politique dans ce choix : « je ne veux plus être faiseur de roi. Je veux être roi moi-même ». Les candidats sont avertis. Pour l’artiste, c’est un choix tactique pour son avenir politique. Car, il ne va plus « continuer à chanter contre des maux qui ne changent pas ».

Toujours dans les colonnes de l’hebdomadaire d’informations générales, L’Indépendant, on peut lire : « Velléité d’un 3ème mandat pour Alpha Condé : Cellou Dalein dénonce le silence ‘’complice’’ des diplomates ». Le président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) était l’invité de l’émission des Grandes Gueules de la Radio Espace Fm, le lundi 8 janvier 2018. De l’organisation des élections locales à la crise que traverse l’opposition en passant par l’accord d’investissement à hauteur de 21 milliards de dollars US, signé récemment à Paris, Cellou Dalein dénonce la mauvaise gouvernance du régime en place. Il dénonce une forme de fraude manœuvrée par le parti au pouvoir. « Après le délai de clôture, il y a eu des circonscriptions dans lesquelles, les gens du RPG ont forcé les démembrements de la CENI d’accepter des listes au-delà du délai réglementaire », accuse le président de l’UFDG. Pour Cellou Dalein Diallo, c’est une forme de fraude. Cependant, il diverge sur l’une des raisons du départ de l’UFC, à savoir le manque de stratégie. Plus loin, il accuse le chef de l’Etat d’avoir une main derrière cette crise que traverse l’opposition. Par ailleurs, l’accord d’investissement qui s’élève à 21 milliards de dollars, signé récemment à Paris, entre le gouvernement guinéen et les partenaires au développement n’inspire pas confiance au leader de l’UFDG. Pour finir, il dira ceci : « Il y a des intentions, il y a une épargne internationale, il y a de l’aide publique au développement, mais il faut avoir une capacité d’absorption. C’est d’abord de l’administration à formuler des projets pertinents à bonne date, à veiller à leurs exécutions pour que le décaissement se fasse dans les délais prévus. Mais l’administration avec la corruption, avec ces marchés de gré à gré, personne n’acceptera de prendre de l’argent de son contribuable pour donner dans des conditions obscures », prévient le président de l’UFDG.

Au ministère des Travaux publics, Hadja Oumou Camara dresse son bilan, nous apprend le semainier La Lance. Le 9 janvier, la présentation des vœux du nouvel an des agents du département a offert l’opportunité à la ministre des Travaux publics de présenter son bilan 2017. Les patrons des entreprises des BTP ne se sont pas fait conter l’événement. On nous dit qu’en 2017, auront été consolidés les acquis de 2016 : nombre de chantiers ont été achevés et bien des grands projets lancés. Extension du réseau routier avec le démarrage effectif des travaux de la route Lola-Danané (40 Km), l’achèvement des travaux de construction de la route 2×2 voies du PK36-Coyah, l’achèvement des travaux d’aménagement de la route nationale RN2 entre Kissidougou PK 53-Guéckédou… Entretien du réseau routier : plus de 500 km de routes nationales semi-réhabilitées (Coyah-Kindia-Mamou-Dabola, Mamou-Dalaba-Pita-Labé, N’Zérékoré-Beyla dans le cadre des travaux d’urgence), plus de 500 km de route nationale entretenue (Dabola-Faranah, Labé-Tougué, Labé-Mali, Sana-Kérouané-Beyla (certains travaux sont terminés, d’autres en cours) ; plusieurs ouvrages de franchissement sur les routes nationales repris ; les quatre ponts métalliques de Tanènè, pour ne citer que ceux-ci. Quant aux contraintes et difficultés, elles seraient d’ordre institutionnel, administratif et financier. Les perspectives, en 2018, le département compte poursuivre ce qui a été entamée en 2017. La ministre a cité la construction des ponts de Koussi, Milo et Sankarani ; la reconstruction de la route Dabola-Kouroussa et les 18 km de la route PK63 Kissidougou-Guéckédou ainsi que de Coyah-Faramoriah ; la vulgarisation de la technique de pavage sur les voiries des villes de l’intérieur ; la mise en application effective du règlement 14 de la CEDEAO et les texte d’application de la loi relative à la protection du patrimoine routier…

‘’L’Ambassade d’Italie bientôt ouverte’’, nous informe l’hebdo La Lance. Le ministre Italien des Affaires étrangères et de la coopération internationale était en visite en Guinée, le 5 janvier. Objectif, renforcer la présence de l’Italie en Guinée, mais également la coopération entre les deux Etats. Au cours de la visite, le chef de la diplomatie italienne et les autorités guinéenne ont discuté de la réouverture de l’ambassade de l’Italie en Guinée, fermée depuis 1998 pour « déficit de démocratie ». Cette institution sera opérationnelle très prochainement. « Votre destin, c’est aussi celui de l’Italie. La coopération est un élément essentiel. Nous avons une présence historique ici et nous voulons la renforcer. C’est pourquoi, nous rouvrirons notre représentation entre février et mars prochains », annonce Angelino Alfano. Le diplomate et sa suite ont profité de cette occasion pour jeter un coup d’œil au centre DREAM de la communauté Sant’Egidio dans la commune de Dixinn. Il entendait ainsi apporter son soutien à cette organisation catholique qui œuvre dans la lutte contre la propagation du VIH/Sida et la malnutrition.

Page sport avec le journal hebdomadaire La Lance. Depuis le 30 décembre 2017, le Syli local effectue un stage de préparation d’une dizaine de jours à El Jadida, au Maroc où se déroulera d’ailleurs la 5ème édition du CHAN de football. L’équipe guinéenne joue gros après avoir été demi-finaliste de la précédente organisation au Rwanda.  Deux matchs amicaux : le premier contre les Lions Indomptables du Cameroun, du sélectionneur Rigobert Song, le mercredi 3 janvier dernier avec un score final (1-1), le second contre les Crânes de l’Ouganda. Même résultat, un but partout. Ces deux rencontres se sont disputées à Rabat, au stade Moulay El Hassen qui appartient au FUS, club de ligue 1 dans lequel évolue notre compatriote Momo Yansané. Ces rencontres auront permis au coach guinéen de faire la revue de sa troupe.

Et pour finir page noire. Ce début d’année a plongé la famille sportive dans un deuil profond. En effet, le 4 janvier dernier, Naby Laye Moussa Camara, ex-capitaine du Hafia FC et du Syli national, nous a quittés des suites de maladie. Papa Camara pour les uns et Corso pour d’autres est un footballeur au talent pur, qui aura marqué d’un sceau indélébile sa fulgurante et exceptionnelle carrière de footballeur. Il appartient à cette génération dorée de footballeurs qui, dans les années 70, auront écrit les plus belles pages de notre football, nous apprend La Lance.