Retard dans la distribution des cartes d’électeur : Voici là où ça coince à Conakry

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Les opérations de distribution des cartes d’électeur n’ont toujours pas commencé dans la ville de Conakry. Alors que le démarrage était pourtant prévu depuis le 6 janvier 2018 au regard du calendrier établi par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Du quartier Simbaya Ecole à Gbéssia Cité 2, dans la commune de Matoto, en passant par Kaporo-centre, dans la commune de Ratoma, les commissions de distribution peinent encore à démarrer la distribution, a constaté sur place Guineenews ce lundi 8 janvier. Sur le retard de cette opération, chaque Responsable va de son explication.

Au quartier Simabaya-école, dans la commune de Matoto, le retard est d’ordre pécuniaire. Les agents distributeurs n’auraient pas encore reçu leurs primes, argue-t-on.

A Gbessia cité II, on attend encore les instructions de la CENI. Ici, les responsables indiquent que la CENI cherche à se rassurer que tous les quartiers de la capitale sont entrés en possession des cartes d’électeur. Ceci pour éviter des frustrations, a fait savoir Elhadj Mohamed Fadiga.

Au quartier Kaporo-centre, dans Ratoma, le chef de quartier, lui, affirme ignorer les raisons véritables liées à ce retard.

Selon des informations obtenues au niveau de la commission électorale communale indépendante (CECI) de Matoto, ce retard est d’ordre technique et financier.  Mamadou Oury Baldé est on ne peut plus clair.

« En 2010, 2013 et 2015, Matoto avait 144 commissions de distribution des cartes d’électeur. Cette fois-ci, la CENI a diminué les commissions jusqu’à 48. Avant, chaque commission avait 5 membres pour la distribution et maintenant le nombre est réduit à 3. En plus de cela en 2015, la CENI a donné 250 mille francs guinéens comme primes pour les 15 jours et cette fois-ci pour une période d’un mois que va durer la distribution, elle propose la même somme. Ce qui veut dire que c’est 8 mille francs guinéens par jour au lieu de 16 mille. A cela, s’ajoute l’aspect sécuritaire qui est totalement occulté. Du moment que le nombre de commission a été revue à la baisse, il fallait automatiquement penser à envoyer des agents pour assurer la sécurité des distributeurs», déclare Mamdou Oury Baldé, agent à la CECI de Matoto.

A cette allure, plusieurs citoyens risquent de ne pas rentrer en possession de leurs cartes d’électeur, prévient M. Baldé.

«Pendant que chaque commission était composé de cinq membres, on ne pouvait distribuer que 120 cartes de 8 heures à 18 heures alors qu’on demandait de donner 246 par jour. Maintenant que c’est 3 personnes par commission alors que le nombre de cartes exigé par jour, est  de 367,  imaginez combien de cartes vont être distribuées. En tout cas à cette allure, il y aura à la fin du processus un reste de 7410 cartes non distribuées dans chaque commission », soutient M. Baldé avant de proposer à la CENI de réactualiser les commissions de distribution de 2015, de réviser les primes à la hausse pour l’obtention d’un bon résultat, d’accorder une prime de motivation aux chefs de quartier.

Tous les présidents des CECI des cinq communes de la capitale sont convoqués à une réunion à la CENI ce lundi.  Des décisions seront prises au terme de la rencontre pour résoudre le problème conclu notre interlocuteur.