Real Madrid- Barcelone : Le Classico politique

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Au moment où l’on croyait le Real Madrid sur un nuage pour tout gagner, au moment où l’on voyait le départ de Neimar comme un handicap majeur du Barça dans la lutte éternelle contre le Real, le ciel est tombé sur la tête du plus grand coach de ces deux dernières années. Zinedine Zidane, lors de son speech devant la presse, en dépit de la modération, cachait mal son optimisme quant à la victoire de son équipe. Le résultat est sans appel : une gifle à trois doigts bien administrée à domicile. Cette victoire de Barcelone pourra-t-elle doper la bande à Messi pour remonter à la surface au niveau européen, à moins que dans cette rencontre pour l’honneur et l’orgueil, les Barcelonais ont tout dépensé de leur force ? Quant au Real Madrid, quel effet aura cette cinglante défaite aura sur le moral ? En attendant, on voit le PSG se frotter les mains et pressé d’en découdre en février prochain.

Dans un contexte politique tendu entre Madrid et Barcelone, cette victoire sur le terrain compte double. Si les unionistes et les indépendantistes de Catalogne se sont quittés presque dos à dos, par un score serré, la division s’est élargie socialement. Orgueil contre entêtement, Mariano Rajoy a refusé la main tendue de Puigdemont.  Et ce dernier risque d’être embastillé dès son retour en Espagne. L’impasse est de plus en plus profonde. Le sentiment nationaliste des Catalans s’est renforcé par cette victoire sportive, mais elle a poussé le gouvernement nationaliste d’Espagne à se lover. Les choses politiques se compliquent. Empêcher Carles Puigdemont de retourner en Espagne pour briguer la présidence du gouvernement de Catalan est-elle une action qui n’aille pas à l’encontre de la démocratie ? Une grande partie des Catalans pensent  qu’il doit retourner au bercail. Dans cet imbroglio, l’Europe est sans voix et laisse les rênes au gouvernement socialiste espagnol qui ne semble aucunement vouloir transiger avec ce qu’il pense mordicus comme idée séparatiste et non autonomiste.

On voit que les idées séparatistes ou indépendantistes ont peu de chance de prospérer. Les Kurdes d’Irak en savent quelque chose. Les corses sont en attente. Carles Puigdemont pourrait se sortir de ce guêpier ? La question reste espagnole.