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Quelques heures après le coup d’Etat : les mouvements de soutien de retour !

Soixante douze heures seulement après le coup d’Etat, que les mouvements de soutien aux nouveaux maitres de Guinée font leur apparition. Ces mouvements de soutien  qui étaient des groupements de sympathisants des hommes politiques se sont brusquement retrouvés cette semaine pour, dit-on,  entretenir la flamme de la « victoire » du nouvel homme fort du pays. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Cette sale habitude qui a la peau dure surgit toujours à chaque changement de régime…. On se rappelle des années ‘’90’’ avec  le général Lansana Conté, quand on voyait vibrer les Cosalac, Mosalac, Morelac avec des militants, sympathisants, courtisans et autres oisifs autour du vieux général. Des gens qui se beurraient et qui narguaient les Guinéens.

Depuis le régime Conté en passant par celui de la junte militaire, on assiste à une prolifération de ces mouvements plus politisés qui avaient disparu avec le décès de Conté et la perte du pouvoir d’Etat par les militaires en 2009-2010. Ces mouvements ont attendu l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir pour prospérer. Ainsi, on assistera à la naissance des mouvements comme CRAC, Wonyètèfé, Un Coup KO, ALPHA Sénségny, Morac, Les Jaunes, N’Dimboré, Canor, Djoken Alpha, Codec…Ce sont les promoteurs de ces groupuscules qui pullulaient autour d’Alpha Condé et qui étaient de véritables sources volières de mange-mil, qui ont envahi aujourd’hui le chapiteau au Palais du Peuple et rasent les murs du camp Samory, à Kaloum.

Pour ces escrocs de promoteurs, les groupes de soutien constituent des tremplins pour soit se tailler un poste juteux ou le conserver dans l’administration. « Beaucoup d’entre-nous ne sont pas connus des éléments des Forces Spéciales et de leur chef. En s’inscrivant dans ces mouvements, ils peuvent être vus et entendus par qui de droit », explique Mohamed Lamine Sylla, fondateur du mouvement « La Guinée d’abord » Pour ce fan du colonel Mamady Doumbouya, c’est une bonne occasion pour ces nombreux sympathisants de se faire connaitre par la junte militaire.

Quant à Younoussa Bangoura, surexcité de voir les militaires renverser Alpha Condé, c’est l’occasion de vendre l’image du nouvel homme fort de la Guinée et aussi se faire un peu d’argent. « Nous nous mobilisons pour présenter le sauveur, mon Colonel Mamady Doumbouya aux Guinéens et au monde entier. Et vous devez savoir aussi que c’est en pareilles circonstances qu’on gagne un peu d’argent. Les autorités mettent souvent la main à la poche pour nous encourager !  Donc comprenez pourquoi toute cette mobilisation », justifie, le supporter de la junte militaire.

Qui sont les promoteurs et les clients des nouveaux  mouvements de soutien à la junte militaire?

Les mêmes qui avaient vénéré hier les membres du CMRN, les dirigeants du PUP, qui avaient  poussé  Dadis et ses compagnons du CNDD à la dérive, sont aujourd’hui en train de faire les yeux doux à Doumbouya et son équipe. La plupart des jeunes qui accompagnent ces fainéants d’opportunistes, sont souvent des désœuvrés qui pensent que ces « leaders d’une nouvelle race » ont le devoir de faire connaitre et vanter la valeur de leur étoile. Il organisera des meetings de sensibilisation pour faire croire que le mentor est aimé par la population. Or, ces mouvements, de par leur attitude à vénérer leur idole, concourent à le faire éloigner de la réalité.

Ces mouvements qui s’activent autour des nouveaux dirigeants, agacent par contre beaucoup de personnes qui penser que pour des billets de banque, aller se rassembler pour clamer le nom de quelqu’un qui a déjà l’essentiel, ne présage pas un avenir certain pour soi. « On demande à ces personnes, à ces jeunes de travailler, c’est une erreur de croire que le mouvement est un sésame pour accéder à l’emploi, pour vivre sur le dos de quelqu’un qui ne donnera que des miettes », dira un cadre rencontré au Gouvernorat où les groupes de jeunes s’activent actuellement pour se faire enregistrer sur les listes.

Quel est réellement l’objectif d’un mouvement de soutien ? 

L’objectif principal, c’est de soutenir, épauler celui qui a en charge la gestion du pays. Il s’agit de le soutenir ou l’épauler face aux adversaires politiques.  Pourtant, il peut se passer de tous ces soutiens. Si le leader ou le président élu donnait le mieux de lui-même afin de répondre aux aspirations légitimes du peuple. Malheureusement, les hommes politiques donnent l’impression de se complaire dans cette situation de flatterie qui n’est en réalité qu’une opération consistant à instaurer le culte de la personnalité. Pire, il provoque une véritable saignée financière pour les caisses de l’Etat. Les campagnes électorales sont les périodes fastes pour ces clubs de soutien. Les responsables de ces clubs sont de véritables sangsues qui, par leurs tapages sur fond de démagogie, arrivent à faire croire au chef qu’il est le champion. Il est envouté par ses thuriféraires qui finissent par le faire croire qu’il est messianique, donc au-dessus de tout et sans adversaire.

Par exemple, dans quelques jours, ce phénomène devra atteindre son summum en Guinée, lorsque le Colonel Mamady Doumbouya, le chef de la junte va mettre en place son gouvernement. Dès lors, on assistera dans tous les quartiers à la montée en puissance des oisifs politiques qui écumeront les différents départements ministériels. Le mal est que les responsables des mouvements de soutien vivront entourés d’une armada de protection avec un émolument correspondant au salaire d’un directeur national avec tous les avantages y afférents.

Du simple citoyen au Chef de l’Etat, la nuance à saisir 

En Afrique, on confond souvent le simple citoyen devenu Chef d’Etat et ses attributs qui sont les droits lui permettant d’accomplir ses missions régaliennes. On entend dire souvent que le Président de la République a fait un don, a fait ceci, a fait cela, le Président est magnanime… Non ! Le Président ne dispose pas d’une caverne d’Ali baba. Il n’est pas un philanthrope et ne fait que faire son devoir de Président de la République avec les moyens de l’Etat. Il utilise les fonds que les contribuables ont mis à sa disposition pour travailler. Quand on est rémunéré à la fin du mois, on ne dit pas le directeur général de ma société m’a payé le salaire, mais l’entreprise ou la société a payé mon salaire, un dû pour le capital travail mis à la disposition de la société.

Le culte de la personnalité pourrait-il disparaitre un jour ?

Le culte de la personnalité est une illusion qui fausse l’appréciation du travail. Les dirigeants doivent comprendre qu’il s’agit d’un phénomène social qui leur est nuisible… Ce serait le seul moyen d’éviter ces cauchemars auxquels beaucoup d’entre eux sont confrontés lorsqu’ils perdent les rênes du pouvoir. Le refrain, on le connait : « vive le président ! A bas le président ! » N’ayons pas peur des critiques constructives, elles permettent de faire avancer les choses. Les réponses ne doivent pas devenir des invectives. Les honneurs et les hommages flatteurs et hypocrites sont non seulement nuisibles pour le travail du Président, mais ne profitent pas au peuple…

Mouvements de soutien, de véritables organisations d`escroquerie et d’arnaque

Il faudra bien qu’un jour, les Guinéens finissent par réaliser que ce qui fait avancer un pays, c’est le travail, le travail et le travail. Le tout, dans un environnement de paix et de justice sociale. Or, depuis bien longtemps, des Guinéens ont trouvé dans la création de mouvements et autres clubs de soutien, le sésame qui leur permet de vivre sur le dos des régimes successifs que la Guinée a connus. Du temps du président Conté, on ne pouvait ouvrir la télévision sans tomber sur les activités de l’une des centaines d’organisation de ce genre. Et ils étaient si nombreux à cette époque qu’on avait du mal à retrouver le PUP, le parti au pouvoir à l’époque. Mais comme toutes organisations créées de toutes pièces et dont les dirigeants, de véritables fayots, ne vivent que par la flatterie, ces clubs et mouvements de soutien ont disparu comme par enchantement, avec le décès du président Conté. On se souvient qu’à l’époque du PUP, les responsables de l’opposition politique ne manquaient aucune occasion de dénoncer tous ces mouvements qui vivaient et menaient leurs activités avec de l’argent public. Mais dès son accession au pouvoir en 2011, le régime Alpha a encouragé la création de plusieurs mouvements de soutien dont l’objectif principal est de faire du tintamarre, distraire et empêcher les Guinéens de découvrir les actes de vols et de pillages des ressources du pays, auxquels se livraient certains cadres véreux et autres barons du RPG Arc-en-ciel.

 Et tous ces mouvements qui commencent à se regrouper aujourd’hui dans ce qu’on appelle «Galaxie Forces Spéciales »  seront financés directement ou indirectement par l’argent public. La plupart des responsables de ces mouvements de soutien rouleront sûrement dans des grosses cylindrées. Comme ce fut le cas hier des vautours autour d’Alpha.

Chanter les louanges pour espérer mieux bouffer et sans travailler !

En réalité, ces mouvements ne sont créés qu’avec pour seul objectif que d’escroquer les tenants du pouvoir auxquels ils ont réussi à faire naïvement croire que sans eux, le pays entier disparaîtrait. Après Lansana Conté et Alpha Condé, c’est aujourd’hui le tour du Colonel Doumbouya de gérer les affaires de l’Etat. Et à peine avait-t-il fait le coup d’Etat, que déjà ici et là, des mouvements de soutien poussaient avec les mêmes objectifs : chanter les louanges pour espérer bouffer sans travailler. Il n’est peut-être pas trop tard pour rappeler à tous les promoteurs de ces organisations d’escroquerie et d’arnaque que le Colonel Doumbouya n’est pas venu à la tête du pays pour que les gens viennent lui répéter à longueur de journée, qu’il est l’homme le plus beau du monde, qu’il est l’homme le plus intelligent du monde, qu’il est le meilleur et blablabla ! C’est justement parce que les Guinéens ont cru en ses nombreuses qualités qu’ils l’ont applaudi. Tout ce qu’ils attendent de lui à présent, c’est de remplir sa part de contrat.  Les Guinéens donc, n’ont plus à créer des mouvements de soutien pour le colonel Doumbouya. Ils doivent se mettre au travail et veiller à responsabiliser les autorités. Cela veut dire qu’ils ont l’obligation de surveiller leurs actes, de contrôler l’utilisation de l’argent public et dénoncer toute gabegie. Veiller à ce que la loi soit partout la même pour tous, qu’on soit président de la République ou simple citoyen. C’est qu’on appelle aider un président à travailler pour le bien de tous. Haro donc sur les mouvements et associations de soutien, véritables volières de mange-mil… En tout cas, ceux qui travaillent dur pour vivre et faire avancer leur pays n’en veulent plus.

La fable du corbeau et du renard de La Fontaine résume bien le dicton qui dit que :  » tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ».

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