Procès AOB & Cie : Le tribunal criminel renvoie à nouveau le dossier à la Cour Suprême

16 janvier 2018 19:19:43
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C’est devenu du ping-pong entre la Cour suprême et le tribunal criminel de Dixinn dans l’affaire de l’attentat contre la résidence privée du chef de l’Etat en 2011.

Ce mardi, le tribunal criminel a décidé de sursoir les débats jusqu’à l’examen d’une requête aux fins d’interprétation et de rectification de l’arrêt de la Cour suprême qui l’a saisi en 2017. La Cour suprême va donc devoir revoir son arrêt de cassation.

En attendant, le tribunal criminel a rejeté une énième demande de mise en liberté provisoire en faveur des accusés qui ont pour figure de proue le commandant Alpha Oumar Boffa Diallo et la femme d’affaires, Fatou Badiar. En 2013, les deux accusés avaient été condamnés par l’ex-cour d’assises (supprimée par les nouveaux textes de loi), respectivement  à la réclusion criminelle à perpétuité et à 15 ans de réclusion criminelle. Cela, notamment pour ‘’association de malfaiteurs et attentat contre l’autorité de l’Etat’’.

« Nous pensons que cette décision n’est pas conforme à la loi…Ce n’est pas du droit, puisque l’ancienne loi sur la Cour suprême a été abrogée et remplacée par une nouvelle loi qui ne prévoit pas d’interprétation, ni de rectification, mais qui parle plutôt de rectification d’erreur matérielle ou d’omission », a réagi Me Salif Béavogui au nom du collectif des avocats de la défense.

Durant les débats sur la forme, les avocats de la défense ont réitéré que la détention de leurs clients n’était plus nécessaire dans ce dossier après sept ans de prison. Ils ont surtout insisté sur le cas de madame Fatou Badiar qui souffrirait, défendent-ils, d’un diabète très poussée. Celle-ci est apparue à l’audience amaigrie et fatiguée. Pendant la longue suspension de l’audience entre 13 heures et 15 heures, elle a dû par moments s’allonger sur un des bancs du box des accusés.

« Nous ne sommes pas découragés. Nos clients non plus. C’est un combat juridique et judiciaire que nous allons poursuivre pour le triomphe du droit », a exprimé Me Béavogui.

Nul ne sait combien de temps la Cour suprême prendra pour interpréter et rectifier son arrêt du 28 avril 2017. Certains juristes doutent même qu’elle puisse le faire. Mais les avocats de la défense entendent poursuivre le suivi du dossier afin qu’il puisse rapidement être rejugé.

Les avocats du chef de l’Etat n’ont pas attendu la décision du tribunal. Mais ils ne semblent pas satisfaits en raison du fait que le tribunal ait cédé à leur demande de sursoir à statuer sur ce dossier.