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Prix du carburant à la pompe : Kéamou Bogola Haba donne des précisons importantes

On pensait tout savoir des arguments et contre arguments du gouvernement et des opposants concernant la nécessité ou non de revoir à la hausse le prix du carburant à la pompe en Guinée.

Il s’avère que non. Invité de l’émission “Sans concession” de Guineenews de ce mardi 1er juin, l’opposant Kéamou Bogola Haba a rajouté une couche aux démentis tous azimuts que les autorités ont essuyé sur le sujet ces derniers jours.

En ce qui concerne la subvention du carburant par le gouvernement, l’économiste de formation et ancien responsable au haut niveau dans une multinationale opérant dans le secteur des hydrocarbures, commence par corroborer les propos de ceux qui comme Dr Ousmane Kaba, Sidya Toué et Cellou Dalein ont abordé le sujet avant lui.

 « Le gouvernement ne subventionne pas les hydrocarbures, il prélève des taxes », répète-t-il. Ajoutant que « ce sont ces taxeslà que le gouvernement voudrait augmenter à son budget. Dans son budget, il avait estimé que 2300 c’est peu, alors il avait prévu de nouvelles taxes ».

A propos de la réexportation, l’autre argument du gouvernement, le directeur exécutif de l’UNAD (Union nationale pour l’alternance et la démocratie) soutient qu’elle n’aurait pas d’impacts en tant que telle. M. Haba fait remarquer que « quand les opérateurs économiques locaux réexportent, c’est à 9000, plus leur marge. Ils ne vont pas revendre au Mali à 9000 francs guinéens (…). Donc le gouvernement achète 0,5$ et ceux qui réexportent revendent 1,2 $ ».

A la remarque que ces derniers sont dans l’illégalité, l’invité de “Sans Concession” admet l’état de fait. Mais soutient « qu’économiquement, nous rapatrions des devises plus qu’on en exporte ». Même si, reconnaît-t-il, « ce sont des opérateurs économiques qui le font de manière frauduleuse. Donc, ils font entrer les devises dans le pays mais pas dans le système bancaire ».

Ce qui n’est nullement une excuse pour le gouvernement selon l’opposant pour qui, la question qui se pose, c’est « pourquoi le gouvernement n’arrive pas à contrôler le marché noir où ces devises sont rapatriées ? ». Et de rappeler l’époque où «la Banque Centrale et les banques primaires avaient ouvert un marché pour permettre de racheter les devises au marché noir et rentrer dans le système bancaire ».

Inefficacité du gouvernement et politique politicienne

Toujours dans la logique de démontrer que la réexportation n’est pas fondamentalement un problème en soi, M. Haba insiste que « la Guinée gagne même et réexportation du carburant », contrairement aux arguments du gouvernement.

Car, soutient-il, « les Maliens et les Sénégalais vont payer les taxes sur les 9000, mais aussi ils paient une marge, mais aussi ils paient en devise, parce qu’ils ne paient pas en GNF ».

Seulement, fustige-t-il, « la Banque Centrale manque de contrôle, manque de suivi, donc n’a aucun contrôle sur ces montants qui sont issus de la réexportation. Et de proposer que la solution, c’est de contrôler la réexportation, pas seulement pour les hydrocarbures ».

Le réel problème, à écouter l’invité de “Sans Concession”,  c’est que le gouvernement aurait politisé cet autre secteur. « La quantité du carburant qui va en Haute Guinée, nous savons que ce n’est pas consommé là-bas. Mais comme ce sont des membres du RPG, ce sont les membres du gouvernement qui sont associés à ce commerce illicite, ils ne pourront jamais contrôler ».

Dans son argumentaire quant à la fiabilité des informations sur l’acheminement du carburant à travers le pays, il dit se référer à la péréquation transport qui « permet de savoir exactement où chaque litre du carburant est acheminé » sur le territoire national.

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