Pourquoi trop d’accidents pendant les fêtes de fin d’année ? L’autopsie d’une situation

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Point besoin d’être un expert pour admettre que les fêtes de fin d’année restent le moment où les risques d’accident sont les plus élevés qui soient.

Le rythme et l’intensité du trafic, la forte mobilisation d’usagers au comportement empreint d’intense excitation y sont pour beaucoup.

En remontant les années, de tristes souvenirs que l’on souhaitait voir enfouis à jamais refont surface et nous étreignent fortement.

Les victimes d’accident

Des cas de violences routières ayant entrainé des morts brutales, des blessures graves, des séquelles et handicaps physiques irréversibles ont été longtemps la réalité constante et pénible qui a caractérisé cette période. Avec comme victimes, des chefs de famille, des cadres, des jeunes, des citoyens de toutes les strates socioprofessionnelles et même des anonymes… Des hommes et des femmes qui ont simplement rêvé de passer une fête agréable et de vivre heureux, quand subitement, un accident est arrivé qui a tout compromis, de manière brutale et définitive. Ces évènements douloureux marquent de manière indélébile les corps, mais aussi, les cœurs et les esprits.

Les mesures prises

Face à cette réalité dure et intolérable, les autorités ont vite apporté les réponses souhaitées et adéquates.

C’est maintenant une tradition de voir à chaque fin d’année, les services de sécurité routière (police et gendarmerie), se mobiliser amplement,  avec leurs homologues des autres unités de sécurité, pour un contrôle rigoureux et efficace de la circulation.

A travers des dispositifs appropriés qui fonctionnent toute la nuit, (patrouilles pédestres et motorisées, barrages- ralentisseurs, sensibilisation et écoute des usagers, contrôles et surveillance des lieux de rassemblement…) la sécurité de la circulation est nettement renforcée. Ce qui entraine une nette réduction des accidents.

Il arrive même, certaines années, que l’on réussisse à présenter un bilan exceptionnel de zéro accident. Résultat élogieux qui surprend agréablement et tranche nettement avec les statistiques précédemment enregistrées avant l’instauration de ces nouveaux dispositifs, par les autorités compétentes.

La nuit de la Saint-Sylvestre

Des deux fêtes de fin d’année, celle du 31 décembre communément appelée Saint-Sylvestre, est sans conteste celle qui mobilise le plus de monde sans doute du fait que l’humanité entière, toutes religions confondues, se sent concernée.

Le passage d’une année à l’autre confère à l’évènement une universalité mondialement partagée.

C’est aussi le moment où les risques d’accident sont les plus élevés.

Les causes d’accident

Mais comment surviennent-ils donc, ces accidents de fin d’année?

L’alcool et la vitesse sont les principaux facteurs à prendre en compte. L’usage de la drogue, s’il est de plus en plus évoqué, reste néanmoins un phénomène assez marginal.

Les spécialistes recommandent vivement d’éviter de boire et conduire, les deux actes associés ayant toujours fait mauvais ménage.

Hélas ! C’est pourtant cette pratique du « boire et conduire » qui semble la mieux partagée pendant les fêtes. Au mépris des conséquences pourtant clairement évoquées et largement prouvées. Un conducteur ivre est un conducteur diminué et dangereux, affirme-t-on.

Les méfaits de l’alcool au volant

La consommation d’alcool influence le comportement. Les réactions varient en fonction des individus. Il y a les violents, les euphoriques. Il y a ceux qui somnolent ou dorment carrément après quelques verres…la liste est longue.

Lorsqu’on associe l’un ou l’autre de ces états à la danse et à l’ambiance souvent agitée de la fête, la perte de vigilance n’est pas loin.  On sous-estime les dangers, on surévalue ses capacités, la concentration s’amenuise, le temps de réaction s’allonge…les gestes, les perceptions et les attitudes sont tous brouillés.

Dès lors qu’on prend le volant dans ces circonstances, on est exposé à un grave danger. On prend des risques inutiles qui se traduisent par une vitesse excessive, un endormissement au volant ou un refus de céder la priorité.

Selon les spécialistes, à 0,8 g d’alcool/l de sang, le risque d’accident est multiplié par 2,1 et à 0,5g, il est multiplié par 3,3. Plus loin ils soulignent que même avec un taux d’alcoolémie de seulement 0,8 g/l, le risque d’être tué est déjà multiplié par 10.

Ces paramètres évoqués à titre indicatif ne sont pas intégrés dans notre système de contrôle.

Insuffisance des moyens de contrôle

Nos services de sécurité routière (Police et Gendarmerie) ne sont pas outillés en alcootest, éthylotest ou éthylomètre. Un gros handicap dans leur capacité à réprimer légalement et efficacement la conduite en état d’ivresse. Le seul palliatif qui reste est la prise de sang pour déterminer le taux d’alcoolémie au laboratoire.

Une telle démarche, avec toutes les contingences procédurales que l’on peut imaginer chez nous, risque fort de ne pas aboutir dans les formes et délais requis.

Le taux de 0,5 g/l est le seuil limite à partir duquel, dans le contexte européen notamment, tout conducteur est sévèrement sanctionné au plan civil et pénal.

Moyens de prévention

D’ici que les dispositifs règlementaires et les moyens subséquents de dissuasion, de contrôle et de sanction soient réunis, des approches à la limite simplistes existent pour minimiser les risques.

C’est l’exemple d’un groupe d’amis qui décident de sortir pour la fête à bord d’un même véhicule. Ils désignent, dans les formes voulues, celui d’entre eux qui aura la charge de ramener chacun à la maison. Dès lors, ce dernier est astreint à rester « à jeun » d’alcool toute la nuit. Tant mieux s’il n’était pas un adepte. La sécurité du groupe est entre ses mains. Il assume pleinement son rôle et au final, tout se passe bien pour tout le monde.

La responsabilité des tenanciers de bars, dancings, night-club est aussi requise pour refuser de servir à boire à des individus déjà ivres ou en voie de l’être. Ils peuvent aller jusqu’à garder les clés des véhicules et, s’ils ne peuvent déposer ces clients «fatigués» chez eux, leur proposer alors un lit pour cuver leur trop-plein.

Dans certains pays, des associations existent qui s’investissent dans le transport gratuit des personnes ciblées au préalable ou dont la capacité à conduire est jugée à risque. C’est selon la vocation de l’association.

Une autre variante très porteuse existe qui consiste à s’abstenir de tout déplacement pendant la nuit de la fête.

En restant au même endroit on a la chance, le lendemain, de rentrer indemne chez soi, la norme de 6 heures étant le délai indiqué par les spécialistes pour éliminer un taux d’alcoolémie supposé de 0,9 g /litre de sang, ingurgité en début de soirée.

Conclusion

Comme on le voit, en attendant des dispositifs mieux élaborés, on peut, avec des initiatives simples et faciles à adopter, limiter les risques d’accident dus à la pratique de l’alcool au volant.

Gageons qu’elles pourront servir pour les fêtes à venir.