Parlement : Le budget du ministère de l’Agriculture revu à la baisse en Guinée

09 décembre 2017 12:12:29
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Le passage des ministres devant les parlementaires se poursuit. Vendredi 8 décembre, Kiridi Bangoura, ministre à la présidence chargé de l’Agriculture a présenté le projet de budget 2018 de son département. Suivant la Loi de finances révisée de 2017, le budget alloué au département de l’Agriculture s’élevait à quatre cent soixante-un milliards quatre vingt sept millions neuf cent soixante quinze mille deux cent trois francs guinéens (461 087 975 203 GNF) contre trois cent vingt quatre milliards huit cent soixante dix neuf millions sept cent vingt six mille francs guinéens (324 879 726 000 GNF) pour l’année 2018.

L’examen de ce projet met ainsi en évidence la réduction drastique du budget 2018 de 29,54 % par rapport à celui de l’exercice 2017.

Selon le ministre, le taux d’exécution des crédits budgétaires exercice 2017 est de 99 % alors que le taux de décaissement est de 84 %.

Le ministre d’Etat a fait remarquer qu’en plus, « ce budget ne prévoit pas de couvrir l’appui-conseil aux producteurs, les aménagements hydro-agricoles, les infrastructures (pistes rurales, structures de conservation et de transformation) qui sont des domaines qui relèvent éminemment des fonctions régaliennes de l’Etat et qui dépassent largement les capacités des producteurs et de leurs organisations ».

Par ailleurs, Kiridi Bangoura estime que le niveau du budget de 2017 contraste largement avec les objectifs assignés à son département pour contribuer pleinement à l’atteinte de la sécurité alimentaire et aussi avec les engagements relatifs à la déclaration des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine, à Maputo, en juillet 2003, auxquels notre pays a souscrit en matière d’allocation de 10% du budget national à l’Agriculture.

« C’est pourquoi, les défis qui interpellent le secteur de l’agriculture et le pays dans le contexte actuel, à savoir : l’impérieuse nécessité de poursuivre les efforts de soutien à la production pour atteindre l’objectif d’autosuffisance alimentaire en allouant à l’agriculture au moins les 10% du budget national, conformément aux engagements de Maputo, considéré aussi comme un minimum d’efforts pour requérir le soutien et l’accompagnement des partenaires internationaux. La nécessité d’entretenir et de consolider la dynamique du gouvernement pour le secteur agricole comme secteur prioritaire pour la transformation économique du pays », a-t-il rappelé.

En tout état de cause, le ministère de l’Agriculture sollicite que le budget 2018, soit rehaussé à la dimension de l’ambition que le gouvernement lui accorde dans le Plan national de développement économique et social (PNDES).

« Nous ne devrons pas perdre de vue que la réduction du budget de la campagne agricole dans le contexte actuel risque de fragiliser le secteur productif », a indiqué le ministre d’Etat. Et de conclure : « En dépit des potentialités et des opportunités agro écologiques dont dispose le pays, des défis importants restent encore à relever quand on sait que le développement rural concerne plus de 70% de la population et subséquemment doit jouer un rôle stratégique dans la croissance de l’économie nationale ».