Panier de la ménagère : pour avoir du poisson, un véritable casse-tête à Faranah

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Les marchandes ne comprennent plus rien aujourd’hui à cause de l’insuffisance totale de poissons et la cherté du prix sur le marché ; elles affirment qu’elles ne reçoivent pas de poissons de bonne qualité.

En effet, depuis plusieurs mois, la ville de Faranah connait un déficit de poissons dans les marchés. Et la vente du poisson est une activité quotidienne pratiquée par nombreuses femmes de cette ville dans laquelle elles assurent les dépenses quotidiennes familiales sans compter la richesse de ce produit en protéine pour le développement du corps humain. Quant aux femmes de ménage, elles sont contraintes de trouver son substitut en protéine car le prix du poisson est cher et emporte une bonne partie d’argent de dépense journalière. Ainsi, elles ont aujourd’hui d’énormes difficultés pour trouver ce produit halieutique.

Un cri de cœur pour ces vendeuses qu’elles ne cessent d’exprimer en longueur de journée. Comment gagner du poisson pour vendre afin de trouver la nourriture quotidienne des enfants fait couler beaucoup d’encres et salives dans les différentes familles de ces vendeuses.

Face à cette situation, certaines lèvent la voix et plaident les autorités et personnes de bonne volonté à leur aider à trouver des solutions atténuantes.

Sounkariba Dioubaté explique, une vendeuse rencontrée, explique les difficultés que rencontrent ces femmes dans leur activités quotidiennes. « Le prix de poisson nous est cher jusqu’à dépasser la limite. Quand on prend le poisson pour le revendre, on n’y gagne rien comme bénéfice. Nous sommes endettées jusqu’au cou et certaines d’entre nous ont fui. Nous avons beaucoup d’enfants en charge. Si nous pouvons trouver quelqu’un qui peut nous aider pour que le prix du poisson baisse nous fera plaisir. Le poisson des Libanais est très cher. Ce sont les poissons appelés chez nous : Kotimony et Bonga que nous recevons ici dans lesquels on ne gagne rien comme bénéfice après vente. Ce sont quelques vendeuses qui se battent pour nous envoyer un peu de poissons de bonne qualité, ce qui nous permet d’avoir un peu de bénéfice quelque soit la cherté de ces poissons de bonne qualité. Nous demandons aux autorités de nous aider pour que le prix des poissons baisse. Nous avons des enfants en charge et nous n’avons personne pour nous aider dans les dépenses familiales. Le prix d’un carton de 50 kilogrammes de poisson Bonga coûte 250 000 GNF à Kissidougou ; ici à Faranah c’est 280 000 GNF le même kilo. Même si le prix ne baisse pas jusqu’au niveau de Kissidougou mais nous aider pour que le prix baisse un peu », a-t-elle lancé.

« Le prix du poisson est moins cher à Kissidougou, je ne sais pas pour quoi pas à Faranah », s’est-elle interrogée avant d’la jouter : « Faranah est plus proche de Conakry que Kissidougou. Si les autorités pouvaient nous aider pour qu’on soit comme nos amies vendeuses de Kissidougou, cela pourrait être un grand plaisir pour nous », a-t-elle plaidé.

Interrogé sur les origines pour remédier cette triste réalité, le directeur régional des pêches, aquaculture et de l’économie maritime de Faranah, Sékou Mara, précise : « Le ministère de la pêche, aquaculture et de l’économie maritime est bien organisé et il défend la politique du secteur. C’est-à-dire, chaque année, pour mieux rentabiliser et gérer nos ressources naturelles, il y a un repos biologique qui est décrété et qui s’étend sur 6 mois. Donc, ce repos biologique commence généralement le 1er juillet jusqu’au 31 décembre de l’année en cours. Ça c’est un premier facteur. Un deuxième facteur, quand on parle qu’à Kissidougou le prix du poisson est plus abordable qu’à Faranah, c’est peut être possible pour une raison très simple : les chambres froides de Kissidougou sont gérées directement par les Libanais et ici (Faranah), ce sont nos sœurs qui les gèrent. Le troisème facteur, vous savez quand c’est le gérant qui gère directement de la chambre, il n’y a pas de problème. Mais celles qui gèrent maintenant à Faranah cherchent un petit bénéfice. Donc, c’est cette différence que vous voyez au niveau des prix. Un 4ème facteur, c’est que les opérateurs économiques ciblent les lieux et pour quelle raison ? Surtout les zones de distribution d’argent, ce sont les privés. A Faranah, vous ne pouvez pas envoyer un poisson qui peut coûter 25 000 GNF à 30 000 GNF. Même si on met le prix de Kissidougou dessus, je ne pense pas que les dépenses qu’on donne pourront soulager le panier de la ménagère. Je ne dirais pas la rareté, mais plutôt insuffisance de poisson. Et certainement, ceux ou celles qui veulent acheter les meilleures espèces ne trouvent pas et qui ne viennent pas en quantité compte tenu du coût peuvent parler de rareté. »

Les femmes vendeuses de poissons rencontrées aux femmes vendeuses de poisson et les populations de Faranah demandent l’intervention de l’Etat pour soulager le panier de la ménagère en termes non seulement d’accessibilite du produit mais aussi son prix abordable sur les marchés.

A noter que l’insuffisance de chambres froides se fait remarquer dans la ville de Faranah et cela pourrait être l’une des causes de cette triste réalité de cherté de prix, estiment les observateurs.