Moyenne Guinée : les victimes des pillages postélectoraux de 2010 réclament une indemnisation.

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Sept ans après les violences post électorales de 2010, les dizaines de victimes de pillages alors enregistrées dans les régions administratives de Labé et Mamou commencent à se mobiliser à nouveau pour demander une indemnisation. Désormais, ces militants du RPG arc-en-ciel et de l’UPR réclament une réparation pure et simple des maisons incendiées en lieu et place des montants insignifiants, a appris Guinéenews.

Le bilan de ces violences est estimé à plus de dix milliards de francs guinéens. En plus des militants de l’UPR du ministre d’Etat Bah Ousmane, ce sont les militants du RPG arc-en-ciel qui ont été les plus touchés à Labé, Pita, Dalaba, Lelouma, Thiaguel Bori, …

Mamadou Bailo Doumbouya est militant de l’UPR de Pita : « nous sommes désormais des refugiés chez nous à cause du professeur Alpha Condé et de Bah Ousmane. Comme ils ont les moyens, ils doivent assister les pauvres victimes. Moi, je suis en train de refaire ma maison. Quand on met le feu dans ta maison et que le président te donne vingt millions de francs guinéens, c’est insignifiant. Si non, il n’a pas besoin de donner de l’argent mais venir reconstruire les maisons même si c’est juste deux chambres et un salon », sollicite-t-il.

Ayant reçu sept millions de francs guinéens pour refaire sa maison complètement vandalisée dans la préfecture de Dalaba, Alseyni Diallo se lâche : « ma maison a été saccagée et tous les biens ont été incendiés. L’État nous a apporté une légère assistance car si on vandalise ta maison et que derrière on te donne 7 000 000 GNF ; on peut considérer ce montant comme une dépense c’est-à-dire juste pour assurer ta survie pendant quelques jours. Ainsi, je ne peux pas dire que l’État nous a assisté », dénonce-t-il.

En maninka, Fodé Cissé, militant de premier rang du RPG arc-en-ciel à Pita explique son calvaire depuis ces violences qui l’ont tout pris : « depuis lors nous avons tout perdu, nous sommes tous pauvres. Tout le matériel de construction qu’on avait petit à petit mobilisé a été brulé. Nous leur demandons pour l’amour de Dieu de penser à nous, car ils nous ont oubliés. Qu’ils fassent ce qu’ils peuvent pour nous venir en aide, nous n’exigeons rien mais qu’ils apportent ce qu’ils peuvent ; c’est ce que nous voulons », lance-t-il.

Dans le souci d’équilibrer cette information, Guinéenews a contacté le ministre d’État Bah Ousmane qui sans langue de bois soutient être aussi victime des pillages de 2010 : «toutes ces victimes ont été recensées, un inventaire approximatif des pertes avait été élaboré. Le président a reçu le rapport et nous attendons sa réaction. Mais, laissez- moi vous dire que je suis personnellement victime de ces pillages. Ma maison est au bord de la nationale Pita – Conakry et n’a toujours pas été restaurée», réplique le ministre Bah Ousmane.