Mines : Quelles chances pour la Guinée d’abriter le siège du Centre africain de développement minier ?

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La Guinée veut abriter le siège du centre africain de développement minier tout comme le Kenya, le Soudan et la Zambie. Ce centre, créé par l’Union africaine, vise à faire la promotion du secteur minier.

Il y a un an et demi depuis qu’une première mission de l’organisation panafricaine est passée à Conakry pour faire l’évaluation de la candidature de la Guinée. Une seconde mission séjourne actuellement au pays pour une évaluation supplémentaire.

Lors d’une rencontre tenue jeudi 11 janvier au ministère des Mines et de la Géologie, la partie guinéenne a présenté aux émissaires de l’Union africaine les atouts pour le centre africain de développement minier (AMDC, en anglais) s’il est basé en Guinée.

Au sortir de cette réunion, le conseiller à la présidence de la République chargé des mines, le Dr Yamoussa Bangoura, a expliqué l’opportunité que peut offrir l’AMDC. « Le centre africain de développement minier est un centre de recherche qui pourra nous apporter de l’expertise pour le développement du secteur. Ensuite, ce sera l’occasion pour créer du travail, des emplois pour les Guinéens et ça permettra d’avoir l’attention du monde minier sur la Guinée », a-t-il déclaré.

Quatre pays se battent pour abriter ledit centre. Le Dr Bangoura fait savoir que la Guinée a des chances d’être choisie. « Nous avons une chance d’être choisis pour abriter ce centre. C’est notre expertise dans le domaine minier, la politique minière que nous sommes en train de développer, le rôle que la Guinée a joué et est en train de jouer au niveau de l’Union africaine », égrène-t-il.

Le chef de la mission, Frank Dixon Mugyenyi, est sur la même longueur d’ondes que son prédécesseur. « Il y a trois raisons qui font que la Guinée a de fortes chances d’abriter le centre africain. D’abord, la Guinée est un pays minier d’exploitation par excellence. Ensuite, elle est entourée de six pays qui font de l’exploitation minière ; donc, c’est un pays qui peut être un très bon incubateur du fait qu’il est très bien intégré au niveau de la sous-région. La deuxième chose est que la Guinée a changé son code minier. C’est une bonne chose pour le bon fonctionnement du secteur. Et la troisième est que la Guinée est un membre fondateur de l’Union africaine avec l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) à l’époque et que le président actuel en exercice de l’UA assume parfaitement son rôle », espère-t-il.

Le pays qui devra abriter le siège de l’AMDC sera connu lors du sommet de l’Union africaine prévue en fin janvier à Addis-Abeba en Ethiopie, au siège de l’institution.

  • CONDÉ ABOU

    “Mention Très Bien” pour le pays même si l’on ne se trouve pour le moment, qu’au niveau projet pour que la Guinée abrite un si grand Centre de recherche du niveau continental comme le Centre Africain du Développement Minier.

    Quelles chances pour la Guinee ? La probabilité de gagner dans cette bagarre politique existe, et Dieu merci, elle est même très forte au moment où vous écrivez ce beau papier.

    Si ce formidable projet aboutissait, ce papier confirmerait exactement ce que j’avais dit en toute humilité le 4 Décembre dernier sur cette même tribune de Guineenews, à propos de la fin du mandat d’Alpha Condé à la tête de l’Union Africaine et de son bilan, et à l’occasion du passage de témoin qui s’organisera fin Janvier prochain entre lui et son homologue du Rwanda Mr. Paul Kagame.

    Voyons. De 1963 à 2018, autrement dit en 55 annnées, en dépit de tous les engagements historiques, politiques et diplomatiques de la Guinée pour la libération du continent et pour la création de la matrice de l’organisation continentale, l’OUA, et ensuite pour la création en 2002 à Durban, de l’Union Africaine, notre pays n’ a pu abriter, aucune structure de l’organisation continentale !

    Pas même une seule structure de l’organisation Sous régionale la CEDEAO en Guinée, c’est le comble !

    Et dire qu’un tout petit Etat comme la Gambie abrite depuis 1989, le siège de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. C’est sans aucun commentaire possible du paradoxe Guinéen sur l’échiquier politique sous régional et continental depuis 1963 !

    Initialement, c’est bien Dakar, la métropole Sénégalaise, qui avait été choisie pour devenir capitale africaine des droits de l’homme. Mais, à coups d’arguments et de supplications, le Président Gambien de l’époque, Mr. Daouda Diawara (1966-1994), était parvenu à convaincre le Président Abdou Diouf de retirer Dakar au profit de Banjul. Ce qui fut fait, et les 22 années de la dictature de Mr. Yaya Diamé n’y ont rien changé en fin de compte.

    À côté de nous, la Côte D’Ivoire s’est battue pour accueillir le siège de la Banque Africaine de Développement, la BAD, et l’a obtenue depuis 1964 ! Même après la création de l’OUA, l’Egypte a jalousement gardé le siège de la CAF, la structure faitière du football continental !

    Franchement parlant, ce ne serait que justice et juste récompense historique si la Guinée, pouvait abriter ce siège du Centre du Développement Minier Africain (CDMA). Et dire que les pays miners par excellence sur le continent, comme l’Afrique du Sud, le Congo Kinshasa, le Mozambique, la Mauritanie dans une bonne mesure, le Botswana et autres ne sont même pas dans la compétition en cours.

    La Zambie, oui c’est possible, elle pourrait bien inquieter la Guinée. Mais pas le Soudan et le Kenya.

    Le Kenya qui dispose de puissants réseaux diplomatiques, est un pays de services par excellence, mais pas vraiment un pays minier. Comment la Guinée pourra-t-elle se laisser battre par le Kenya dans la compétition actuelle pour abriter le Siège de cette toute nouvelle structure de l’Union Africaine, et en plus, après un si brillant mandat du Président de la République à la tête de l’organisation continentale ?

    Très franchement, dans les Églises comme dans les Mosquées, il faudrait prier ensemble pour que notre champion national actuel en matière de panafricanisme, le Président Alpha Condé puisse décrocher pour le pays et pour la postérité, cette belle structure continentale.

    Ce serait un crédit politique, diplomatique et économique immense et inestimable pour la Guinée sur tous les plans. Un peu comme la BAD en Côte D’Ivoire si je pouvais illustrer davantage, mon point de vue par cette comparaison autour de ce Centre de recherche.

    Plaise à Dieu le Très Haut, pour que cette structure continentale en gestation n’échappe pas du tout à la Guinée. Amen.