Médias: après avoir fermé des radios privées, le DG de l’ARPT se justifie (Interview)

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Après la fermeture de certaines radios privées, votre quotidien Guinéenews  a approché le Directeur Général de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT), Antigou Chérif,  pour avoir sa motivation.

Dans cette interview exclusive à bâtons rompus, M. Chérif a expliqué que cette situation ne date pas d’aujourd’hui. Plus loin, il a déclaré que cette opération qui consiste à fermer les radios qui doivent à l’Etat, n’a rien à voir avec le président de la République Alpha Condé.Lisez l’interview !

Guinéenews: aujourd’hui, l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications est en train de fermer certaines radios privées. Quelles en sont les raisons?

Antigou Chérif : c’est une situation qui ne date pas d’aujourd’hui. Comme je l’ai dit tantôt, il faut qu’on commence quelque part. La motivation est que nous voulons régulariser le secteur des radios et télécommunications d’ici le début de l’année 2018. Si nous regardons la situation actuelle des radios privées, la majorité ont leurs licences expirées et il y a parmi elles, qui n’ont pas payé leurs redevances depuis 2009.

Guinéenews : toutes ces radios réunies vous doivent combien ?

 Antigou Chérif : au départ, c’était six milliards et plus comme vous l’avez suivi avec le chef de l’Etat à la télévision. Le président de l’URTELGUI, lui-même, reconnaît le montant. Dès le début de l’opération, certaines radios ont commencé à payer leurs redevances et nous allons rentrer dans la phase de régulation de leurs licences.

Guinéenews : beaucoup pensent qu’en fermant ces radios, vous mettez à exécution les menaces du chef de l’Etat Alpha Condé. Quand dites-vous ?

Antigou Chérif : cela n’a rien à voir avec le chef de l’Etat. Au niveau de l’ARPT, nous regardons deux aspects. Il y a l’aspect technique. Les propriétaires des radios savent qu’au cours de l’année, nous avons mené des audits techniques sur le terrain. Il a été question de voir est-ce que ces radios sont en conformité avec les normes internationales. Est-ce que les fréquences qui ont été assignées, sont des fréquences utilisées par ces radios. Est-ce que les émetteurs qu’ils utilisent sont des émetteurs en onde. Cet audit a été fait au cours de l’année et nous avons le rapport.

Le deuxième aspect a été de voir est-ce que les licences sont en règle.  Nous avons remarqué que 95% des radios ont leurs licences expirées. Beaucoup d’entre elles nous diront qu’elles ont fait une demande qui n’a pas été répondue. Ils n’ont pas eu de réponse parce que tout simplement, le renouvellement de licence est gratuit. Pour qu’une licence soit renouvelée, il faut que vous respectiez vos obligations techniques et financières alors que la majorité des radios ne sont pas à jour.

Les ressources qui sont mises à la disposition des radios sont rares, ces ressources sont une contrepartie qui doit être payée. Et l’ARPT a l’obligation d’aller recouvrer ces recettes et que si nous n’arrivons pas, nous mettons créance irrécouvrable. C’est en ce moment que nous l’envoyons à l’agent judicaire de l’Etat. Ce que je demande à ces radios, c’est de se rapprocher de l’ARPT pour pouvoir régulariser leur situation.

Guinéenews : la radio Sabari FM étant concernée a été fermée. Mais il se trouve que la radio Love Fm  qui est à jour, dépendait de cette radio. Du coup, cette radio aussi a été fermée alors qu’elle est à jour. Quand dites-vous ?

Antigou Chérif : lorsque nous sommes partis à la radio Sabari fm, nous avons bien demandé au patron de nous dire la situation. Il nous a dit que la radio Sabari fm et Love fm sont sur le même émetteur. C’est ce qu’on appelle dommage collatéral donc, si vous coupez Sabari fm, vous avez touché Love fm  alors qu’on ne peut pas laisser Sabari émettre. Pour l’instant, si Sabari fm se met à jour, nous allons libérer Love fm. Depuis que nous avons envoyé des lettres, beaucoup de radios privées sont venues régulariser leur situation.

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Entretien réalisé par Sékou Sanoh