Mauritanie : Pourquoi les sénateurs acceptent de se faire autotomie?

1

La réforme constitutionnelle que s’apprête à faire la République islamique de Mauritanie, autorise à poser la question sur sa pertinence. En effet, membre du G5 Sahel et bien impliquée dans la lutte contre les djihadistes, elle a des obligations financières pour la constitution d’une armée commune de défense qui a bien des problèmes de financement.

Hormis la taxe de 0,2% sur les importations pour le financement de l’Union Africaine, hormis la contribution des 10 millions d’euros pour l’armée du G5, elle ne roule pas sur les excédents, loin s’en faut, donc n’est pas exempte des difficultés financières pour le fonctionnement interne.

Si à cela elle rajoute ce référendum pour la réforme constitutionnelle pour modifier son drapeau sur tous les documents administratifs, on ne sait pas ce que cela va coûter mais ça va faire beaucoup et ça va prendre beaucoup de temps. On pense surtout aux cartes d’identité, aux passeports et autres documents personnels. Tout peut être en ordre avant les prochaines élections présidentielles ? La question reste posée.

Le drapeau mauritanien à fond vert frappé au centre d’une lune jaune-or de deux jours au milieu de laquelle une étoile de la même couleur, seront désormais au milieu de deux bandes rouge-sang parallèles en haut et en bas. On dit que la bande rouge du haut représente le sang des héros et martyrs et celle du bas représente le sang que vont verser dans le futur les Mauritaniens pour la défense de leur patrie. L’engagement du pays dans la lutte contre le terrorisme international est donc total, la Mauritanie semble aller au-devant par derrière, les ennemis, d’où qu’ils viennent, devront faire gaffe à leurs os. Tout cela coûte beaucoup d’argent, il faut ajouter et insister que le pays est dans une conjoncture économique pas reluisante.

En dehors de cet aspect financier, il y a encore une autre curiosité : les députés et les sénateurs semblent favorables à la reforme constitutionnelle qui va supprimer le sénat ; les sénateurs seront remplacés par les conseillers régionaux ; ensuite la réforme se propose de supprimer la Haute Cour de justice, le médiateur de la République et le Haut conseil islamique.

 Une foule de questions se posent sur le mode de désignation des 56 conseillers régionaux. Quant au Haut conseil islamique et au médiateur de la République, on ne dit pas par qui et par quoi ils seront remplacés, mais en supprimant surtout le Haut conseil islamique, cela veut-il signifier que la République islamique de Mauritanie veut, soit sortir du cadre d’une République islamique soit renforcer davantage le régime théocratique du pays.

Les Mauritaniens sont-ils assez au courant des subtilités de ce changement ?