Mali : le retour d’ATT sans les autres?

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Amadou Toumani Touré (ATT) est un homme qui a eu  deux occasions de se jouer de l’histoire. Quand il chassa Moussa Traoré, qui avait chassé auparavant Modibo Kéita, les règles du jeu politique avaient changé pour interdire formellement aux militaires de prendre le pouvoir.

Il dira certainement qu’il a fait la passe de bon cœur et sans arrière-pensée à Alpha Oumar Konaré, en dépit de l’immense aura qu’il a bénéficié des populations maliennes assoiffées de changement. ATT s’est vu alors projeté sur un nuage qui le transforma en négociateur et médiateur dans certaines affaires. On ne cesse de le dire, l’attrait de l’abîme est souvent irrésistible, il reviendra au pouvoir par les urnes et y restera pendant presque deux mandat, il sera chassé à son tour à un mois de la fin de son second mandat entaché de toutes sortes de travers : corruption, trafic de drogues, réceptacle de voitures volées  en Europe et dans les pays de la sous-région et un laxisme inexplicable dans la lutte contre le grand banditisme au nord du pays.

La goutte qui a débordé le vase est quand la lutte contre la drogue fut engagée, un massacre digne de nom des douaniers, policiers et militaires eut lieu à Aguelhok. On dit que les bérets verts envoyés au front étaient de loin sous-équipés par rapport aux terroristes. Le général Ahmadou Aya Sanogo, qui pensait que ses troupes étaient envoyées à la boucherie se retourna contre ATT, qui pris ses jambes à son cou jusqu’à Dakar.

Depuis 5 ans, silence radio mais il écoutait les griefs contre lui. Une tentative de reprise du pouvoir par les bérets rouges d’ATT fut matée dans le sang, même le président de la transition  ne fut exempt d’une bastonnade  qui avait nécessité une hospitalisation de plusieurs mois à Paris. Dans le même temps que la chute d’ATT, les populations touarègues  et les Touaregs de son gouvernement  connurent une chasse aux sorcières et furent obligées de s’exiler sans aucune assistance. Ces actions discréditèrent Sanogo qui sera démis et mis à l’ombre.

Le rappel d’ATT par IBK en ce moment est interprété de différentes manières, mais pense-t-on seulement aux populations déplacées et à la restitution de leurs biens confisqués ? En outre, ATT, qui est comme chat échaudé par le dernier fiasco politique qui ressemble à une avanie de l’histoire, va-t-il remettre le doigt dans l’engrenage ?  Si ATT doit donner de la voix, ce serait d’abord pour le retour de tous ceux qui avaient décampé en même temps que lui, certains sont en Mauritanie, notamment une ministre de son gouvernement.