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Lutte contre la traite des êtres humains : L’OIM renforce les capacités des magistrats à Labé

Sur la cinquième session de formation des acteurs de la chaîne pénale, organisée par l’OIM (organisation internationale de la migration) sous le financement du gouvernement Américain à travers le projet intitulé J-TIP « appui aux efforts du gouvernement Guinéen dans la lutte contre la traite des êtres et pratiques assimilées ». Ce thème a mobilisé du 09 au 10 août 2021 une vingtaine de magistrats (juges et procureurs) à Labé sous la supervision de l’OIM en collaboration avec le CNLTPPA et le ministère de la justice.

Accueillant ses paires dans sa juridiction ; Patrice Koma Koivogui, le procureur de la république près le tribunal de première instance de Labé a souhaité la cordiale bienvenue à ses illustres hôtes : « permettez moi au nom du ministre de la justice garde des sceaux et celui du personnel du TPI (tribunal de première instance) de Labé de vous souhaiter la bienvenue et un agréable séjour de travail dans notre ressort juridictionnel. Après les juridictions de Boké et Faranah, c’est aujourd’hui le tour des magistrats des tribunaux de première instance de Labé, Pita ; des justices de paix de Dalaba, Lélouma, Koubia, Mali et de Tougué de bénéficier de cette formation. Notre pays, à l’instar de bon nombre de nations qui ont fait du respect des droits humains un principe démocratique a ratifié la plupart des instruments juridiques qui interdisent l’exploitation des êtres humains sous toutes ses formes » rappelle le procureur de Labé.

Ousmane Sané, avocat général près la cour d’appel de Kankan pense que le thème choisi par l’OIM colle à la triste réalité de notre pays : « le choix de ce thème n’est ni hasardeux, ni fortuit. Cela colle hélas, à la triste réalité dans notre pays. En effet, force est de constater à travers la presse internationale et tous les autres moyens de communication modernes que parmi les candidats à la migration irrégulière, nos compatriotes constituent l’un des lots le plus important de la sous-région ouest-africaine ; ce qui ne nous honore pas. Face à ce fléau, les autorités du pays ne sont pas restées indifférentes. C’est pourquoi, la création d’un comité national de lutte contre la traite des personnes à été crée par un décret du président de la république. Face à ce fléau toujours, la protection des citoyens contre toutes les formes de traite des êtres humains est une préoccupation majeure du gouvernement Guinéen ainsi que le respect du droit de tous les citoyens dans le monde. Depuis 2005, l’OIM est la principale organisation travaillant avec le gouvernement guinéen dans la lutte contre ce fléau » soutient-il.

A son tour la chef de mission et chargée de projet à l’OIM, Madame Touré Kadiatou s’est fortement réjouit de la participation des juges et procureurs à cet atelier : « je voudrais saluer les efforts du ministère de la justice garde des sceaux pour avoir rendu possible la participation des magistrats aujourd’hui à cet atelier. Je me réjouis d’ailleurs de la présence de ces nombreux magistrats venus des différentes préfectures de la région administrative de Labé et de Mamou malgré cette période de vacance judiciaire. Votre présence démontre du grand intérêt que le gouvernement Guinéen accorde à la question qui nous rassemble tous ce jour, la traite des êtres humains. La traite des êtres humains, est devenue un sujet d’inquiétude grandissante dans la région et particulièrement dans notre pays la Guinée » estime-t-elle.

Et de poursuivre : « l’organisation de cette formation répond donc à un double impératif. C’est d’abord celui de renforcer les compétences des cadres chargé de l’application de la loi et ensuite de favoriser la coopération entre les organismes en charge de lutte contre la traite des personnes en République de Guinée. Vous conviendrez certainement avec moi que le travail des acteurs de la chaine pénale est essentiel pour lutter efficacement contre la traite des êtres humains. Pas seulement pour démanteler les réseaux criminels internationaux ou nationaux mais aussi pour identifier et orienter les victimes. Savoir identifier une victime est particulièrement crucial au regard de l’emprise qui empêche les victimes de se considérer comme des victimes » ajoute Madame Touré Kadiatou.

La chargée de projet à l’OIM a fini par souhaiter plein succès aux travaux : « je profite de l’occasion pour remercier très chaleureusement le gouvernement Américain pour le financement de ce projet, aussi réitérer nos remerciement au gouvernement Guinéen à travers monsieur le gouverneur de la région administrative de Labé pour sa disponibilité à travailler avec l’OIM dans le cadre de la mise en œuvre de ses politiques et programmes en faveur des couches vulnérables. Je terminerai mon allocution en exprimant le souhait de voir des délivrances qui vous serrez amené à faire, être couronné de succès et de vos travaux que puisse surgir des idées novatrices qui contribueront à renforcer l’efficacité des actions en faveur de lutte contre la traite des personnes et la protection des victimes » a-t-elle souhaité.

En président de séance, El hadj Madifing Diané le gouverneur de la région administrative de Labé à vivement saluer l’initiative de l’OIM : « la qualité des participants après audition des différentes interventions, il est évident que nous n’aurons rien à vous apporter si non que vous féliciter et vous encourager. La seule chose que je peux ajouter, c’est que dans ce pays, cette activité est toujours croissante. Il est temps que nous en prenions connaissance et que nous nous engagions pour mettre un frein à ce développement. J’ai vu dans ce pays, des paysans vendre leur bœufs de labour avec l’espoir de faire sortir un enfant dans le cadre de la migration à l’étranger et surtout avec espoir que cet enfant une fois de l’autre côté, cela mettra fin à leur misère. C’est de l’illusion. Mais j’en ai vu beaucoup. J’en ai vu même qui ont vendu leur maison pour faire voyager les enfants. Je les ai vus dans leur détresse porter plainte contre ces escrocs qui les ont amenés dans cette situation, qui sont présents devant les juridictions. C’est une situation qui est réelle en tout cas qui a été vécue par toutes les juridictions dans ce pays », explique-t-il.

En ces deux jours d’intenses travaux, les magistrats ont été formés en matière de lutte contre la traite des êtres humains et pratiques assimilées, conformément au code pénal Guinéen.

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