Lutte contre la pauvreté : Les braves femmes de Lélouma tracent leur voie

22 janvier 2018 11:11:20
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Champs de tomate, de piment, d’aubergine, d’oignon… les jardins de gombo, d’épinard, de laitue et autres vivriers. Voilà l’environnement qui s’offre à tout visiteur qui franchit la porte d’entrée de la préfecture de Lélouma. Les paysans, plus particulièrement les femmes organisées au sein des groupements, ont jeté aujourd’hui leur dévolu sur le maraichage. Ces paysannes ne jurent désormais que par les vivriers à travers les jardins potagers qui se pratiquent en toute saison.

 A Lélouma, les femmes préfèrent de plus en plus le jardinage pour, selon elles, lutter contre la vie chère et la pauvreté en milieu rurale. C’est aussi pour elles, une façon de promouvoir l’autosuffisance alimentaire. Ainsi à Lélouma actuellement, on dénombre au niveau de la commune urbaine, seize associations agricoles majoritairement composées de femmes. Elles occupent les surfaces planes, les côtes et les ravins.

Situé à environ de six kilomètre de la commune urbaine, un vaste jardin en phase préparatoire, nous accueille. Les lignes élaborées sont bien tracées sur une terre prête à recevoir la semence. Au-delà d’une zone de culture, cette création artistique d’un esthétisme rare vous frappe à première vue. Ici, on effectue la culture de tomate,  d’oignon, de la laitue, du piment, d’aubergines… C’est le jardin d’un groupement très actif sur le terrain.

«Nous sommes au nombre de 28 au sein de ce groupement. Seulement trois hommes qui nous assistent pour faire la clôture. Notre groupement évolue ici depuis près de 17 ans. C’est notre espace à nous et c’est notre façon d’aider et de participer au développement de notre localité », explique la présidente, Kadiatou Diallo.

Participer au développement de la localité bien entendu et cette ambition porte fruit. Au-delà de la solidarité entre les membres de cette entité, ils parviennent non seulement à garnir le panier de la ménagère, alléger certaines dépenses au sein de leurs propres familles, mais aussi et surtout à soutenir les cantines scolaires en appuyant le PAM, en  fournissant des produits nécessaires à l’alimentation des élèves….

«Nous en bénéficions beaucoup. Nous sommes solidaires et à travers notre activité, nous parvenons face aux dépenses de nos familles. Nous sommes aussi parvenus à aider l’école de notre village en les offrants des légumes pour la sauce. Nous appuyons le Programme Alimentaire Mondial (PAM)

Parlant d’appui et d’assistance, la présidente reconnaît n’avoir reçu d’appui que de la fédération paysanne du Fouta, seule…

Malgré cette ferveur, la détermination et la bravoure dont ces femmes font preuve, les défis à relever restent encore énormes. Le manque de matériel de travail, les difficultés liées à l’aménagement du terrain, la clôture, les fertilisants et surtout le stockage et l’acheminement des produits destinés à la vente. Voilà autant de problèmes qui les préoccupent.

«Les difficultés sont énormes. La distance qui sépare les jardins du village et du village au marché, les moyens de déplacement et la surproduction qui nous oblige à revoir en baisse les prix. Ensuite, nous n’avons pas un magasin de stockage. La clôture aussi est un autre problème…. Nous sollicitons donc de l’aide pour avoir des points d’eau pouvant nous permettre d’arroser les jardins… Une motopompe ou un motoculteur, serait la bienvenue. Avec ces machines on peut quadrupler notre production », conclu la présidente Kadiatou Diallo.

Mamadou Lamarana Diallo,  un membre du groupement en plein travail, nous explique séance tenante la méthode culturale qu’il adopte : «je fais le semi direct. Pour moi, c’est la meilleure façon d’éviter le retard. Ici, quand les plants poussent, on n’a pas besoin de les déplacer après. J’ai fait une première expérience qui m’a vraiment réjoui. »

Interrogé​​​​​​​​ sur cette activité des femmes à Lélouma, le président de la chambre préfectorale de l’agriculture n’a pas caché sa satisfaction. Car, selon lui, c’est l’un des moyens les plus efficaces pour lutter contre la pauvreté.

«Cette campagne a bien démarré à Lélouma. Actuellement les groupements viennent s’approvisionner en engrais et nous les expliquons comment les utiliser. Ces groupements sont au nombre de seize au niveau de la commune urbaine. Ils évoluent tous dans les jardins en cette période de saison sèche », se réjouit Mamadou Lamarana Para Diallo.

En ce qui concerne le retard dans l’arrivée de certaines semences, le président justifie cette réalité par le non-paiement à temps de la valeur des semences prises au niveau de la fédération par certains groupements. Et certaines de ces semences viennent d’Israël. Ils sont payés en devise.