Liberia : Le président Weah a été footballeur

22 janvier 2018 18:18:20
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Le roi Pelé disait dans son autobiographie « Ma vie et ce jeu merveilleux » que sa mère considérait le football comme un jeu de petits galopins et bandits. Beaucoup d’hommes politiques pensent comme elle mais par hypocrisie s’affichent avec les footballeurs de leur pays pour une récupération politique après une victoire sur le terrain.

Voilà enfin un footballeur, un Ballon d’Or à la présidence du Liberia. La donne va-t-telle changer ? La question reste posée dans le camp de George Weah qui a invité peu de coéquipiers à son investiture. On a entendu que Arsène Wenger, son premier coach à Monaco était invité à la cérémonie, c’est tout, on n’a pas cherché à en savoir davantage. Puisque George Weah n’a pas invité Carlos Mozer, le défenseur Brésilien. Le président du Liberia se souviendra de ce Carlos Mozer…

Certains observateurs n’ont pas trop gardé de grands souvenirs des grandes prouesses de Weah sur le terrain. Dans le PSG, il n’avait pas eu l’aura de Okocha, de Dhorasso, de Rail, de Ronaldinho et même de la brève présence de Amara Simba, l’homme à la « bicycleta ». Au Milan AC, il n’a pas été une étoile qui a brillé plus que d’autres. Mais le voilà Ballon d’or de 1995 après avoir mis une tête pour le but de la victoire du Milan AC contre le Bayern Munich. Pour tout dire, George Weah n’avait pas la notoriété de Salif Kéita, de Abédi Pelé, le choix est tombé sur lui d’être lauréat de 1995. Pour ceux qui ont encore un peu de mémoire ces propos lapidaires ne veulent rien dire.

Qu’à cela ne tienne, l’enfant du ghetto de Gibraltar, à Monrovia, orphelin, autant dire un homme sorti du néant, dont le football a été le tremplin nécessaire et suffisant pour se présenter et gagner une élection présidentielle, c’est une leçon qui sort de l’ordinaire. Un autochtone se prévaloir  au point de se présenter candidat à une élection au sommet comme à une présidentielle, il avait fallu toute l’aura du football. Peut-être aussi que la gestion des Kongos, les descendants d’esclaves, a montré toute son insuffisance et la guerre  et la gestion d’Ebola a tout mis sur la place publique.

On se poserait la question sur les malversations financières dans la gestion d’Ebola et la raison pour laquelle Ellen Johnson Sirleaf n’a pas soutenu son vice-président Joseph Bouakay. Autant de défections qui ont facilité l’élection du Ballon d’or, autant lui dire, les yeux dans les yeux, que ces détails ne devront jamais être négligés. La politique n’est pas une affaire de footballeur. Il devra apprendre les langages détournés, dire ce qu’il ne pense pas et penser ce qu’il ne dira pas. La réussite de George Weah dans ses nouvelles fonctions au sommet compte plus que ce qu’il a réussi sur un terrain de foot. Ceux qui aiment le football ne devront pas mâcher les mots vis-à-vis du nouveau président du Liberia. Il faut le canarder dans tous les sens pour ne pas qu’il se croit toujours sur un terrain de football : Héé Weah ! Tu déconnes, on te sort ! Le peuple martyr du Liberia en a trop souffert. Bonne chance.

N’oublie pas d’organiser un match des présidents : Ali Bongo est là, Pierre Nkurunziza est là, Faure Eyadema est là et n’oublie pas de mettre Alpha Condé sur la liste des réservistes…

Ce que les Guinéens ignorent, c’est que Sékou Touré, le premier des Guinéens, on était petit à l’époque, mais on se rappelle qu’il a été gardien de but dans un match de gala de « poules mouillées » gouvernement contre qui –là… on dit que depuis que Thomas Sankara s’est cassé une béquille lors d’un match de gala, les présidents en ont pris peur. Il faut relancer de tels jeux avec la participation de Trump et de Kim Jong-Un comme adversaire. S’ils tombent ensemble, il n’y aura plus de tension.