Les ministres en campagne pour les communales: la cinglante répartie d’Alpha à ses opposants

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  • « L’opposition guinéenne a une maladie infantile congénitale »

En marge des travaux du 30ème sommet de l’Union Africaine qui s’est tenu du 28 au 29 janvier à Addis-Ababa, en Ethiopie, le président sortant de l’institution a reçu une équipe multimédia constituée de journalistes Guinéens, Marocains et Français à son luxueux hôtel de Sheraton Addis pour une interview à bâtons rompus. Une entrevue à la faveur de laquelle le locataire du palais Sékhoutoureya a eu à s’exprimer sur plusieurs sujets d’intérêt national et panafricain notamment les prochaines élections locales fixées pour le 4 février et dont la campagne bat actuellement son plein à travers tout le pays, non sans dénonciations de l’opposition par rapport à la participation des membres du gouvernement.

Sur la question, le président Condé est, on ne peut plus clair, catégorique et surtout n’entend recevoir des leçons de démocratie de la part de ses opposants qui, pour lui, ont d’abord été, lorsqu’ils étaient aux affaires, les premiers promoteurs de cette pratique en Guinée. Sa réaction à leur dénonciation, est vitulente et sans équivoque. Si le président Alpha Condé reste très admiratif à l’endroit de ses anciens compagnons pendant leur lutte d’opposants au régime Conté, il ne mâche pas cependant ses mots vis-à-vis de ses opposants actuels qu’il taxe de fabrications d’un pouvoir après leur limogeage et qui souffriraient, dit-il, d’une pathologie infantile congénitale. Lisez plutôt l’extrait concernant sa réaction sur la participation des ministres à la campagne des élections locales du 4 février :

 La piqure de rappel d’Alpha à Cellou et Cie

«Je pose une question, est-ce que les membres du gouvernement sont citoyens ou pas ? Est-ce que la Constitution interdit à un ministre de participer à une campagne ? Est-ce que vous voyez mon portrait quelque part… ?

Mais ces opposants qui critiquent… je prends Cellou, lui ne faisait-il pas campagne au Fouta ? N’a-t-il pas été combattre Siradiou en disant que jamais l’opposition ne gagnera à Labé. A l’époque, eux, ils étaient ministres et Premier ministre. Ils étaient tous dans les campagnes et mieux, ils menaçaient les fonctionnaires de leurs ministères en les obligeant à battre campagne. Moi, je n’ai obligé personne à aller en campagne. C’est pourquoi, ces opposants sont mal placés pour me critiquer par rapport à la participation des ministres à la campagne électorale. » 

Le véritable opposant, selon Alpha Condé 

« L’opposition guinéenne a une maladie infantile congénitale. Ce n’est pas une opposition… Ce sont des gens qui ont été nommés par Conté comme ministres et après avoir quitté le gouvernement, ils forment des partis politiques. Un véritable opposant, c’est celui qui se bat avec un programme de société pour accéder au pouvoir. Mais vous êtes au pouvoir parce que vous êtes nommé ministre ou Premier ministre par un président et lorsque vous êtes débarqué du gouvernement, vous devenez automatiquement politicien. Mais vous avez votre gestion, comment ils ont géré ? Parce qu’ils qu’il y en a qui ont géré pendant 20 ans et Cellou a été, lui, ministre et Premier ministre pendant 11 ans. Il a été ministre de la Pêche, des Transports, ministre des Travaux publics avant d’être nommé finalement Premier ministre. Demandez-lui son bilan. C’est facile de d’accuser les ministres d’être en campagne alors qu’eux-mêmes étaient à la tête des campagnes du PUP. Je pense que tout le monde se rappelle de la campagne qu’il a menée contre le Fouta. Quand on a dit de ne pas humilier Siradiou dans son fief à Labé, on sait ce qu’il a répondu.

La jeune génération a quand même besoin de savoir qui a fait quoi dans ce pays pour ne pas se laisser manipuler par ceux qui ont mis ce pays à terre. Dès qu’il ya des coupures pendant une ou deux heures, on fait sortir les enfants dans la rue pour dire qu’il n’y a pas de courant.  Mais, je me rappelle qu’on restait trois mois sans courant et dès que le courant revenait, les enfants sortaient dans la rue pour célébrer l’arrivée de la lumière dans leur foyer. Un jour, il y a eu coupure à Bamako, les gens sont sortis avec des pancartes sur lesquels ils écrivaient ‘’Bamako n’est pas Conakry’’ et personne ne se demande quels sont ceux qui étaient à l’époque aux affaires ici en Guinée. Aujourd’hui, ce sont eux qui mettent les enfants dans la rue  pour dire qu’il n’y a pas de courant…

Lorsque je venais au pouvoir, il n’y avait même pas 100 mégawatts aujourd’hui, le barrage Kaleta fait, à lui seul, 240MW, Souapiti avec 450MW va finir avant 2020, Amarya 300MW, il y aura aussi Koutoutamba…  Donc d’ici 2020, on arrivera à 1000 mégawatts. C’est-à-dire qu’en dix, on aura fait en Guinée dix fois plus que depuis la période coloniale. Mais ce sont les mêmes qui critiquent aujourd’hui qui géraient cependant le pays. »

Les hommages d’Alpha à Siradiou, Bâ Mamadou et Jean-Marie

 « Une opposition qui se bat avec un programme pour être au pouvoir, oui je la respecte. C’est pourquoi je respecte Siradiou, Bâ Mamadou, Jean-Marie Doré. Parce que c’étaient des gens qui se sont battus pour être opposants, pas des fabrications d’un pouvoir. (Rire)»    

D’Addis-Ababa depuis le 30ème sommet de l’UA, Camara Moro Amara pour Guinéenews