Le chef de l’opposition forme son cabinet : les trois choix délicats de Dalein

10 octobre 2017 12:12:23
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Après des mois de consultation, en Guinée et à l’étranger, le chef de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, a mis en place son cabinet pour l’accompagner dans ses tâches.

En décembre 2016, l’Assemblée nationale vote la loi portant sur le statut du chef de file de l’opposition

Au premier trimestre de 2017, l’Etat libère une première tranche du budget de fonctionnement

Aussitôt, le chef de file entame des consultations pour meubler son cabinet. Il avait trois choix : recruter des personnes ressources sans aucune obédience politique, prendre uniquement des cadres de l’UFDG. Soit enfin, associer des partis de l’opposition.

Finalement, il choisit la dernière option, sachant bien que la loi est muette sur ce point. La loi dit seulement de former un cabinet. A sa discrétion, et après consultation, le chef de file forma un cabinet de cinq membres, dont un cadre de l’UFDG.

Selon sa première décision, le collège de conseillers se compose comme suit : le député Elhadj Mamadou Sylla, les anciens ministres Jean Marc Telliano, Papa Koly et Makanéra Kaké et le vice-président de l’UFDG, Elhadj Mamadou Bano Sow.

Les grands absents, les députés Aboubacar Sylla et Mouctar Diallo, anciens ministres.

Ces conseillers ont pour mission : faire des suggestions et des recommandations chaque fois que le chef de file rencontre le président de la république ou les autres institutions, accompagner ou représenter le chef de file à des conférences et réunions.

 

  • CONDÉ ABOU

    Je viens à l’instant de vous lire Cher Monsieur Bah Abdoulaye. La configuration de ce Cabinet du Chef d File de l’Opposition appelle deux observations majeures:

    (1)La vision du genre n’est pas du tout visible dans la configuration du Cabinet de travail d’El Hadj Cellou Dalen Diallo, et je n’en comprends pas les raisons.

    Comment le Président de l’Opposition Républicaine, passera sa communication sur les plateformes à l’échelle nationale et sous régionale autour des questions du genre et de la parité Homme et Femmes et qui sont aujourd’hui au coeur de la gouvernance internationale, pour tout ce qui concerne par exemple, la protection de la Femme et de l’Enfance, de l’égalité des droits entre hommes et femmes, et la représentation des femmes dans la gouvernance démocratique d’une manière générale.

    Comment le Chef de File de l’Opposition, va-t-il se passer de spécialiste de référence internationale sur ces questions et qui sont même au coeur du débat international en matière de gouvernance politique et démocratique ?

    Je trouve qu’il a nécessairement besoin d’une Femme de très haute qualification et qui sera capable d’attaque frontalement toutes ces questions liées au genre et à la protection de la femme et de l’enfance, ou à l’émancipation tout court de la femme de Guinée et d’Afrique.

    (2)Les questions de l’assainissement, de l’Hygiène publique, de la protection de l’environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique, la problématique de la micro-finance et de l’accès des pauvres aux services financiers de base dans les communautés urbaines et rurales, qu’est-ce que l’on en fait ?

    Il faudrait bien trouver une Femme de référence académique pointue pour construire la communication du Chef de File de l’Opposition et être capable de le représenter sur n’importe quelle tribune nationale, parlementaire, que ce soit à l’échelle sous régionale ou régionale.

    De mon point de vue, la disposition au sein de son Cabinet de telles reférences féminines me parait logiquement pertinente et même recommandable.

    Si vous suivez le débat politique au Sénégal, au Burkina Faso ou au Mali, vous verrez bien que dans l’Opposition ou dans les mouvances politiques au pouvoir, les Femmes portent de plus en plus d’étoffe pour faire passer leurs préoccupations aussi bien auprès des Etats qu’auprès des Institutions internationales d’aide publique au développement et des partenaires de la cooperation internationale décentralisée.

    Suivez si vous le souhaitez le débat politique du Sénégal jusqu’au Gabon, particulièrement à l’occasion des crises sociales et politiques et même post électorales, vous mesurerez l’importance de mes observations pour le sujet que vous venez de présenter. Les compétences féminines sont aujourd’hui une ressource incontournable dans tous ces pays.

    De ces dames au Sénégal, Caroline Faye, Mantoulaye Diène et dans un passé très récent Mame Madior Boye qui a été la première femme Premier Ministre du Sénégal, sous l’ère de l’Alternance avec Me Wade.

    L’avè¬ne¬ment de cette Alternance en 2000 et le principal Parti de l’Opposition de l’époque, le Parti Socialiste Sénégalais (PS), participeront à l’émergence de fortes personnalités dans l’espace politique socialiste avec, entre autres, Aminata Mbengue Ndiaye qui s’est imposée à Louga et Aïssata Tall Sall à Podor dans le Fouta.

    Il y a aussi Mata Sy Diallo dans le Saloum, Hélène Tine à Thiès, toutes deux de l’Alliance des forces de progrès (AFP), Seynabou Ndiéguène de l’Alliance pour la République (APR), ainsi que Maïmouna Dieng à Thiès pour le compte du Rewmi, pour ne citer que celles-là.

    Dans l’équipe dirigeante actuelle issue des dernières Législatives de Juillet 2017, aussi de grosses pointures se sont fait signaler. Parmi elles, on retiendra Aminata Tall à Diourbel qui, jusqu’à son départ du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) au pouvoir n’avait d’yeux que pour la Primature.

    Je ne peux pas ne pas citer Mme Aminata Touré, qui fut pendant un bon moment le Premier Ministre du Président Macky Sall et qui a été le fer de lance de la lutte contre la corruption et les biens mal acquis au Sénégal !

    En Côte D’Ivoire, qui peut oublier le background de la Maire RDR d’Odienné, Madame Diané Nassénéba Touré, ou celle de Mme Kaba Nialé.

    Madame Nialé KABA a été la toute première femme à avoir en charge le Département de l’Economie et des Finances. Depuis le 12 janvier 2016, elle est la Ministre du Plan et du Développement.

    Après un Baccalauréat série C, obtenu en 1981 au Lycée Moderne d`Abengourou, Madame Nialé KABA entre à l`Université Nationale de Côte d`Ivoire, d`où elle sortira en 1985 avec une Maîtrise en Sciences Economiques, option Economie Publique.

    En 1989, elle obtient le Diplôme d’ingénieur Statisticien Economiste et un Diplôme d`Etudes Approfondies en Economie Internationale / Economie du Développement au CESD de Paris à l`Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

    Au plan professionnel, Madame la Ministre auprès du premier Ministre chargé l’Economie et des Finances a occupé successivement de 1991 à 1996 et de 1996 à 2000, les postes de Chargé d`Etudes et de Chef de Cabinet au Cabinet du Premier Ministre.

    Elle a ensuite été Directeur de Cabinet Adjoint au Ministère de l`Economie et des Finances en 2000 avant d`occuper, de 2003 à 2005 le poste de Directeur de Cabinet du Ministre de l`Artisanat et de l`Encadrement du Secteur Informel.

    Enfin, Madame Nialé Kaba a occupé, de 2005 à 2007, le poste de Directeur Général de Côte d`Ivoire Tourisme.

    Pendant tout ce temps, Dr. Alhassane Dramane Ouattara, n’était même pas le Président de la Côte D’Ivoire, mais plutôt un Leader politique mal aimé de l’Opposition en Côte D’Ivoire.

    Vous voyez bien la qualité des interventions de toutes ces valeureuses femmes et qui démontrent chaque jour un peu plus a quel point le leadership se féminise en Afrique.

    Ce qu’il vaudrait souhaiter en Guinée, aussi bien dans le camp présidentiel que dans celui de l’Opposition, que les Femmes de très haut niveau académique et politique émergent pour défendre les couleurs du pays partout. Et c’est maintenant que le President de l’UFDG devrait commencer a travailler sur une telle approche.

    Ce n’est pas autre chose que cela et dans l’intérèt du relèvement du niveau du débat politique et du leadership dans le pays.

    Salut et bonne soirée chez vous, Cher Monsieur Bah Abdoulaye.