Labé : Pourquoi le pétrole manque dans les station-services ?

10 août 2017 15:15:28
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Le pétrole qui a longtemps servi à l’éclairage des foyers avec les lampes-tempête et comme combustible dans les cuisines avec les réchauds à pétrole se fait de plus en plus rare dans la commune urbaine de Labé où ce produit n’est plus vendu au niveau des stations-service, a constaté sur place la rédaction régionale de Guinéenews.

En dehors du marché noir, très rares sont les stations de pompage qui proposent le pétrole à Labé, comme l’explique ici Madiou Barry, détaillant. « Si je prends l’année dernière, il y avait une seule station qui envoyait de temps à autre du pétrole ici à Labé. Mais depuis quelques mois, cette station n’envoie plus. Et je ne sais pour quelle raison », soutient-il.

Au niveau de la vente au marché noir, seules quelques rares personnes continuent d’en écouler au marché central de Labé. Très actif dans cette transaction, monsieur Ibrahima Sy, explique : « il nous arrive de rencontrer des difficultés. La fois dernière, nous sommes restés des mois sans être approvisionnés en pétrole, alors que nous vivons de la vente de cela. S’il y a au niveau des stations, nous l’achetons à 8 000 GNF pour revendre entre 8 500 et 9 000 GNF », déclare-t-il.

L’avènement des lampes chinoises alimentées à base de pile, du solaire ou du courant électrique aurait également beaucoup favorisé l’abandon des lampes-tempête et des réchauds à pétrole au profit de la nouvelle technologie. En plus de cela, la disponibilité du gaz de cuisine en est aussi pour beaucoup. Conséquence : on assiste depuis à une chute libre du chiffre d’affaires des stations-service par rapport au pétrole. « On a remarqué que la vente du pétrole a largement baissé car tu peux rester une semaine sans pour autant vendre 50 litres de pétrole. Donc, on s’est dit, au lieu d’envoyer une citerne de pétrole vaut mieux remplacer la cuve par du gasoil ou de l’essence. De nos jours pratiquement aucune station de Labé n’en dispose », a laissé entendre un gérant d’une station-service de la place qui a requis l’anonymat.

Pourtant, selon Mamadou Alpha Baldé, vendeur au noir, c’est vrai que les lampes-tempête et les réchauds à pétrole ont presque disparu mais la clientèle du pétrole est toujours intacte. « Si vous prenez les bijoutiers, les menuisiers, les peintres, les tôliers, … voilà des ouvriers qui ont vraiment besoin de pétrole. Sans le pétrole, ceux-ci travaillent difficilement et voilà que les stations-service de Labé n’importent plus. Il va falloir qu’on corrige cette situation. Les stations doivent en disposer régulièrement », estime-t-il.

À la question de savoir comment il se procure actuellement cet hydrocarbure, monsieur Baldé répond : « on importe des fûts à partir de Conakry ou des pays voisins. Mais laissez-moi vous dire que quand le stock arrive, on ne le vend pas trois jours. Les gens viennent s’approvisionner rapidement », poursuit-il.

L’autre cause de la rareté du pétrole et de la disparition des lampes-tempête et des réchauds à pétrole dans la région c’est aussi le scandale du pétrole frelaté qui a causé des morts, des blessés et des incendies en 1998 à Labé.