La grève du SLECG, largement suivie à Conakry : Deux proviseurs chargent Soumah

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La grève déclenchée par le syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), version Aboubacar Soumah, a été largement suivie ce lundi 12 février à Conakry.

Dans plusieurs établissements privés et publics, les élèves n’ont pas étudié ce lundi. Au groupe scolaire Sannou, situé au quartier C.B.A, les élèves ont été renvoyés à la maison, par risque d’envahissement des élèves des établissements publics où il n’y aurait pas cours.

Au lycée Léopold Sédar Senghor et du collège Yaguine et Fodé de Matoto, il n’y a pas eu cours malgré la présence de certains enseignants.

Selon le proviseur du lycée Léopold Sédar Senghor, Balla Diarra, sur un effectif de 1940 élèves, il n’y avait ce matin que 422. Du côté du corps professoral, il n’y avait que 8 sur 23 enseignants. Les cours avaient bien débuté avant d’être perturbés par le bruit d’une branche qui s’est détachée du tronc de l’arbre se trouvant dans la cour de l’école.

« Nous avons reçu 422 élèves sur un effectif de 1940. Cela m’a beaucoup inquiété parce que l’élève doit attendre l’enseignant en classe. Je ne sais pas pourquoi les autres ne sont pas venus. Mais ceux qui sont venus n’avaient pas l’intention d’étudier car j’ai reçu huit professeurs sur 23. Subitement, il y a eu une branche d’un arbre qui est tombée et cela a créé un peu de panique chez les enfants. Ceux qui n’avaient pas de professeurs sont sortis, puis ceux qui suivaient les cours aussi sont sortis. J’ai voulu les retenir dans les classes mais j’ai compris qu’ils ne voulaient pas étudier », a expliqué M. Balla Diarra, avant d’ajouter qu’un professeur a été menacé par les élèves : « Les élèves d’une classe de 11ème année ont même menacé leur professeur d’anglais déjà présent. Ils lui ont dit que s’il vient demain qu’il va le regretter. Le professeur me l’a rapporté. Ça veut dire que les enfants sont manipulés. Sinon, des candidats au baccalauréat devraient être soucieux de leur examen et recevoir les quelque enseignants qui viennent. »

Se prononçant sur la grève déclenchée par Aboubacar Soumah et ses collègues, le proviseur du lycée LSS soutient que M. Soumah n’a fait que créer de la confusion dans le pays : « A ce jour, Aboubacar Soumah n’appartient à aucun syndicat. Il a été titulaire d’un décret le nommant directeur préfectoral de l’éducation (DPE) à l’intérieur du pays et il a refusé d’aller. Il est en train de créer la confusion un peu partout. Je pense que ceux qui le suivent ce sont des gens qui ne veulent pas l’avenir de la nation. L’avenir d’une nation passe forcément par la formation de ses jeunes. Tous ceux qui refusent de venir enseigner, moi je pense qu’ils sont en train de massacrer cette génération qui va un jour nous remplacer. »

Au lycée Coléah, aux environs de 13h, la cour de l’école était fermée. Des élèves étaient en train de suivre les cours. A la même heure, au lycée Donka, dans la commune de Dixinn, il n’y avait aucun élève. Selon la proviseure dudit lycée, Mme Sangaré Mamadya Camara, il y avait 14 enseignants sur 16. Mais il n’y avait pas assez d’élèves, car seulement 110 sur les 770 étaient présents le matin. Pour elle, cette absence est due à la psychose. « Cela est dû peut-être pas la psychose répandue par certains médias, je vous mets en cause. Vous devez sensibiliser les élèves, mettre les parents en confiance pour que les enfants viennent à l’école. On peut bien faire une revendication mais ne pas bouder les classes. Je n’apprécie pas cela », dit-elle.

Mme Mamadya Camara ne qualifie pas le mot d’ordre de grève comme tel. Elle y voit une volonté d’Abouabcar Soumah et compagnie de perturber les cours. « Je n’appelle même pas ça grève. C’est une forme de perturbation des cours liée à une incompréhension née au sein d’une même structure. Ils n’ont pas pu gérer cette crise et voilà maintenant qu’elle éclabousse tout le monde », regrette-t-elle.